19 05 2012
UNE PRIERE ET DEUX CREDO
1) Une Prière
un cantique du spiritain Lucien Deiss
Donne ton pain, Seigneur, à tous ceux qui ont faim,
donne faim de toi à ceux qui ont du pain,
car toi seul, Seigneur, peux rassasier notre désir.
Donne ta force à ceux qui sont faibles.
Donne l’humilité à ceux qui se croient forts,
car toi seul, Seigneur, es notre force.
Donne la foi à ceux qui doutent
et donne le doute à ceux qui croient te posséder,
car toi seul, Seigneur, es la vérité.
Donne confiance à ceux qui ont peur,
donne ta crainte à ceux qui ont trop confiance en eux,
car toi seul, Seigneur, soutiens notre espérance.
Donne la lumière à ceux qui te cherchent,
et garde dans ton amour ceux qui t’ont trouvé pour qu’ils te cherchent encore,
car toi seul, Seigneur, peux combler notre amour.
cantique de Lucien Deiss, cité par le pasteur Michel Jas
sur la page Facebook de l'Eglise réformée de France le 11 mai 2012
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2)
Le credo de Gabriel Vahanian et son utilisation par le pasteur Michel Jas
Le théologien Gabriel Vahanian * a placé un credo en envoi (sorte de postface) à la fin de son livre (p. 181) « Dieu anonyme » publié par Desclée de Brower en 1989 (réédité en 1992).
Il dira de son livre « Dieu anonyme » : « J'ai voulu montrer que, loin d'être réduite au statut de langue morte, la tradition biblique est encore et toujours en mesure de bouleverser pas mal d'idées reçues : celle d'un monde exténué qui brade son héritage par peur de l'avenir (comme dirait le juif) ou parce qu'il a perdu le sens de la mesure (comme dirait le Grec) ; mais aussi celles d'une Eglise si frileuse que - par conformisme intellectuel et moral - elle se sécularise dans une image d'elle-même qui la conduit à " l'éclatement ". L'Eglise a peur des mots plus que du monde. Mais dans cette peur des mots, c'est une Eglise en contradiction avec son propre fondement : avec la parole qui prend corps dans le monde pour en faire un monde nouveau.
* né à Marseille en 1927, Gabriel Vahanian a suivi des études secondaires à Grenoble, puis universitaires à l'Ecole des Hautes Etudes à Paris, à la Faculté de théologie
protestante de Paris, et au Princeton Theological Seminary dans l'Etat du New-Jersey aux Etats-Unis. Il est connu du public français, surtout par ses deux ouvrages "La Mort de
Dieu" (1962) et "La Condition de Dieu" (1970).
- Je crois en Dieu, / le Tout Proche, / plus que l’homme ne l’est de lui-même / et que le ciel ne l’est de la terre.
- Je crois en Jésus-Christ, / en qui l’homme est la condition même de Dieu, / plus que l’homme ne l’est de lui-même / et que l’absolu ne n’est du divin.
Arrhes et vertu de l’Esprit, / il est natif de l’humain.
Crucifié et mort sous Ponce Pilate, / il accepte la mort mieux que nous n’acceptons la vie, / et nous fait don de sa vie au lieu d’en mourir.
Et il vit.
Il vit là où, / événement de Dieu, l’Autre radical, / l’homme est à portée de l’homme.
Face humaine de Dieu, seule espérance des vivants et des morts, / il vient pour libérer l’homme de ses idoles / et lui rendre un visage divin.
- Je crois en l’Esprit Saint, / le Vivant, / en qui faisant corps avec nous mêmes / nous sommes agrégés au Corps du Christ.
- Je crois en l’Eglise, / prolepse (*) du Dieu qui vient et renouveau du monde ; / l’homme, / prolepse de l’homme nouveau et avent du Dieu qui règne.
(*) prolepse = figure de rhétorique par lequel on prévient une objection en la réfutant d'avance.
3)
Le pasteur Michel Jas se souvient, alors qu’il était en poste à Toulouse avec ses collègues Richard Bennahmias et Wener Burki, avoir fait réciter ce credo par les fidèles réunis au temple du Salin. Dans ce livre de G. Vahanian, il avait particulièrement apprécié le paragraphe sur « La condition humaine : Dieu tout en tous » (p.89-91) et celui intitulé « par delà l’Un et le multiple / Dieu » (p. 99-100) – confidence sur sa page personnelle de Facebook le 7 mai 2012. Depuis, il a utilisé une version courte et aménagée de ce credo lors de son ministère pastoral à Nîmes et Montpellier, et maintenant dans l’Aude, credo qu’il dit préférer au Symbole dit des Apôtres :
Je crois en Dieu, le Tout Proche, / plus que l’homme ne l’est de lui même / et que le ciel ne l’est de la terre.
Je crois en Jésus-Christ, face divine de l’homme et face humaine de Dieu, / humble, souffrante, crucifiée.
Il accepta la mort mieux que nous acceptons la vie.
Il est ressuscité.
Il vient pour libérer l’homme de ses idoles, et nous donne sa paix.
Je crois en l’Esprit-Saint, / qui nous unis au Christ dans le monde de Dieu / ici et maintenant : événement de l’Eglise, / dans la Foi, l’Espérance et l’Amour. Amen
Toujours sur sa page personnelle de Facebook, Michel Jas avance qu’une confession encore plus libérale (au sens théologique évidemment) et beaucoup plus simple serait de dire
avec Charles Wagner : « Je ne sais rien mais j'espère tout » !
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Ces textes proviennent, avec l'accord de Jean-Claude Barbier, du site de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (afcu.over-blog.org - le 11 mai 2012 )