798. Le christianisme survivra

Publié le par marike

Mon commentaire à cet article trouvé sur la toile : «N'en déplaise à Michel Onfray, le christianisme survivra !» Par Vincent Morch. Publié le 11/01/2017 à 16:18

http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2017/01/11/31004-20170111ARTFIG00218-n-en-deplaise-a-michel-onfray-le-christianisme-survivra.php

Dans Décadence, Michel Onfray annonce la fin de la civilisation judéo-chrétienne. Pour Vincent Morch, le sort de celle-ci n'est pas joué, même s'il est vrai que le christianisme, fondé sur la faiblesse et la liberté de l'homme, est intrinsèquement fragile.

1) « Le christianisme est une religion fondée sur la foi en la résurrection et en la divinité de Jésus de Nazareth ».

Commentaire : le christianisme survivra parce qu’il est l’héritier de valeurs judéo-chrétiennes qui sans cesse meurent et ressuscitent dans le cœur des hommes :
1) l’amour de Dieu (la reconnaissance de la Transcendance et de l’Esprit)
2) l’amour des hommes. 1) et 2) : deux commandements semblables (Deutéronome 6. V. 4-5 et Lévitique 19. 17-18) Matthieu 22. V. 38-39) + Luc -10. V. 25 à 27. + Marc 12. V. 28 à 31).
3) les 10 Commandements (Exode 20) auxquels s’ajoute le refus du mensonge : « le Diable est le père du mensonge » (Jean 8. 44) dit Jésus.
La résurrection en Esprit, et ce que Jésus a de divin, après Moïse, ce sont pour moi ces paroles-là.

2) « Le christianisme est né au seuil d'un tombeau. Et il y demeurera à jamais. Depuis deux mille ans il ne cesse d'osciller entre le Royaume des morts et le Royaume des cieux, entre la nuit du néant et la joie du Salut. »

Commentaire : en effet, l’être humain doit sans cesse dans sa vie quotidienne lutter contre le mal et rétablir le bien, et cela exige un grand courage, le sacrifice de soi, parfois jusqu’à la mort, à l’exemple de Jésus qui a pris le grand risque de perdre sa vie pour diffuser son message. Il a perdu la vie mais son message demeure.

3) « Annonçant un Messie crucifié, il ne joue pas le jeu habituel qui régit la vie des humains, celui de la réussite et du pouvoir. Il ne flatte pas les instincts. Il ne surfe pas sur les appétits. Il place la révélation ultime du Dieu tout-puissant entre la faiblesse d'un nouveau-né et l'effroyable spectacle d'un innocent sacrifié. Il est une religion de la faiblesse. Il est donc, en lui-même, intrinsèquement fragile. Et fragile, il l'est d'autant plus qu'il proclame que les êtres humains sont fondamentalement libres, et que c'est librement qu'ils doivent se positionner par rapport à lui. »

Commentaire : oui, la faiblesse de l’homme, sa fragilité, tient à sa liberté.
« la vérité vous rendra libre » (Jean 8. V. 31-32) (libre de l’esclavage du péché, explique ensuite Jésus). Oui "Messie" dans la parole libératrice de Jésus, et avant lui de Moïse, pour tous les hommes, Oui crucifié dans la lutte jusqu'à la mort pour son accomplissement.

4) « il faut se souvenir qu'il est apparu dans un monde où la culture gréco-romaine dominante imaginait que les hommes comme les dieux étaient soumis au pouvoir inflexible de la fatalité. C'est cette intuition religieuse fondatrice qui a donné naissance au théâtre tragique où les spectateurs voyaient se nouer des intrigues dont ils connaissaient déjà le terme. Œdipe, quoi qu'il puisse faire, finira toujours par tuer son père et épouser sa mère. C'est aussi cette intuition qui, alliée au génie intellectuel grec, a donné naissance à la science. La raison, le logos, est en effet une conceptualisation de la fatalité: une chaîne de nécessités à laquelle il est impossible de contrevenir. Si l'on a dessiné un triangle sur le sable, alors il est nécessaire que la somme de ses angles soit égale à deux angles droits. Anodin appliqué aux mathématiques, ce principe s'avère hautement problématique à mesure que l'exigence de scientificité s'élargit à des domaines qui touchent à l'existence concrète des hommes - et, en premier lieu, à la politique et l'histoire.
De fait, la conséquence la plus remarquable de la mise en retrait du christianisme dans la vie des idées est la prolifération concomitante de discours fatalistes*. De toutes parts, on cherche à nous convaincre que tout est déjà écrit: le milieu de notre naissance conditionne notre vie ; la mondialisation est inévitable ; le capitalisme est voué à l'échec ; la Grande-Bretagne restera dans l'UE. Et si l'Islam correspond à un certain «air du temps», c'est précisément en ce sens qu'il est une religion fataliste*. Il se révèle ainsi comme le surprenant pendant religieux d'une rationalité qui prétend enchaîner toute la destinée humaine dans des préceptes intangibles. Or, devant toutes ses injonctions aussi impérieuses que contradictoires, les derniers événements témoignent que les consciences se révoltent, et cette révolte - aussi absurdes et dangereuses que ses manifestations puissent revêtir - manifestent une immense aspiration à la liberté. Et cette liberté pratique objective n'est compréhensible qu'à partir d'une philosophie de la liberté, qui elle-même n'a pu naître que dans un environnement judéo-chrétien. Notre civilisation est judéo-chrétienne en ce qu'elle croit que l'être humain est un être libre, jusques et y compris dans les critiques et les reniements qu'elle a pu formuler envers ses racines.

Non, n'en déplaise à Michel Onfray, le sort de notre civilisation n'est pas joué. Et tant que des hommes voudront être libres, ils puiseront, consciemment ou pas, à ses racines judéo-chrétiennes. Aux chrétiens, quant à eux, de se montrer dignes de l'héritage qu'ils ont reçu, en témoignant de la capacité de la foi à déplacer des montagnes, à faire advenir la Nouveauté qui libère et qui sauve. »

* passages mis en gras par l'auteur du blog

Commentaire : oui, face au pouvoir inflexible de la fatalité, tel qu’il s’inscrit dans l’Islam, le judéo-christianisme ouvre la voie à la Liberté, et j’ajouterais en particulier par le pardon, la Grâce de Dieu.

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