804. Genèse. Création. Mythes : 3 erreurs fondamentales...

Publié le par marike

I -  Ne touchons pas au beau poème des origines du chapitre 1[1].
II - Gardons le chapitre 2 jusqu’au verset  17 compris
III - Effaçons ensuite quelques mythes qui ne tiennent plus face à nos connaissances :

1) , « de la côte qu’il avait prise à l’homme l’Eternel Dieu forma une femme » (Gen. 2. 22).
L’être humain est un animal. Selon la science de l’Evolution, l’homme est un lointain  cousin du singe. Le mythe ici en s’inscrivant contre la science devient mensonge pour poser une hiérarchie, inscrire la supériorité de l’homme sur la femme et pour soumettre ainsi la femme à l’homme. En réalité seule la force musculaire du mâle - celle du chimpanzé primitif ! - peut imposer une domination.

2) « la femme prit donc de son  fruit (celui de l’arbre de la connaissance) et elle en mangea ; elle en donna aussi à son mari »  (Le récit de la chute de l’homme au chapitre 3. V. 6-7; le scripteur fait retomber la désobéissance en premier sur la femme, ce qui est inexact : dans la nature observable par tous les êtres humains, l’homme et la femme sont à égalité dans l’initiative ; l’homme peut  séduire la femme comme la femme peut séduire l’homme (égalité des sexes chez l’être humain dans ce domaine) ; le désir de l’homme est aussi fort que celui de la femme. Corrigeons donc le mythe : le serpent a séduit les deux en même temps : l’homme et la femme.

3) Soyons attentifs : l’Eternel Dieu fit pousser au milieu du jardin non pas un mais deux arbres essentiels : « l’arbre de vie avec (variante Chouraqui : et) l’arbre de la connaissance du bien et du mal » (chap. 2, v. 9).
Il donne à l’homme cet ordre : « tu ne mangeras pas des fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ; car du jour où tu en mangeras tu devras mourir » (chap. 2. V. 16-17) . 
Seul le fruit de ce dernier arbre est donc interdit à l’être humain. En effet l’arbre de vie est commun à toutes les plantes et à tous les animaux.

4) Soyons attentifs là encore : « Quand au fruit de l’arbre placé au milieu du jardin, Dieu a dit : « n’en mangez point » (chap. 3, v. 3). La suite est précisée par le serpent tentateur : c’est celui de la connaissance du bien et du mal (chap. 3. V. 5-6). On ne parle plus  de l’arbre de vie… Où est-il dans le jardin, au milieu ou ailleurs ?
 

5) A) « alors les yeux de tous deux s’ouvrirent ; ils reconnurent qu’ils étaient nus »
(chap. 3. V. 7).
B) «  L’Eternel Dieu dit : voici que l’homme est devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal » (chap. 3. V. 22).
Dans ces deux citations, le scripteur ne confond-il pas ici dans son esprit l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal qui produit la pomme de la morale, et l’arbre de vie qui produit le fruit du désir sexuel ; ne rattache-t-il pas  sans le dire expressément le sexe à la morale ?
C) « Maintenant il faut l’empêcher …de prendre encore (variante Chouraqui  : aussi) du fruit de l’arbre de vie, d’en manger et de vivre éternellement. » (chap. 3. 22).  Ici le scripteur confond-il l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal : ne font-ils pas qu’un pour lui ?
Pourquoi cette confusion ?
            La peur d’être entraîné dans le désir amène-t-elle la barrière morale ? ou la jalousie et le désir de domination de la femme ? Les religions monothéistes inscrivent de forts interdits, de la culpabilité  autour du sexe, sans doute aussi dans le désir d’organiser une société stable où les enfants sont pris en charge (voir la condamnation du désir lui-même, qui est une aberration, car il est « naturel », chez Saint Matthieu ( Matthieu 5. Versets 27 à 30) !

Ainsi le scripteur se dévoile par l’invention de ses mythes mensongers : il veut soumettre la femme à l’homme dans sa création même (1) ; il la rend la première fautive du premier péché (2). Enfin, en (5), le scripteur tend à confondre la vie sexuelle et le péché : pour lui c’est le premier péché, alors que ce n’est pas en soi un péché, mais ce dernier se rattache à la tempérance dans tous les domaines : le désir, quel qu’il soit, doit être maîtrisé à partir de la raison.

IV -  La relation du mythe au temps et à la mort face à l’éternité de Dieu :
1) la Création fut faite en 7 jours.
2) « Croissez et multipliez » (1.28) : 2 impératifs qui rentrent dans le temps. Aucune limite n’est fixée.
3) la culture du sol du jardin d’Eden (2. 8 à 17) : l’homme … il le mit dans le jardin d’Eden pour le cultiver
4) L’histoire du couple homme/femme s’inscrit dans le temps (comme celle des animaux), avec leur mort : Tu es poussière et tu retourneras dans la poussière !

V - Ce qui n’est pas dit dans le mythe
L’être humain peut amener toute la Création de la vie animale à sa mort si sa gestion du jardin d’Eden est mauvaise ; il y a toujours des guerres, et trop de naissances dans les pays pauvres. Combien d’espèces animales ont déjà disparu par la faute de l’homme ? D’abord les grands animaux, avec l’invention du fusil, qui donne la supériorité à l’homme, puis, avec les pesticides, les insecticides, la disparition  des insectes, des abeilles pollinisatrices, des  hannetons, des papillons… L’équilibre écologique est rompu. Le chapitre IV avec L’histoire de Caïn et d’Abel ne montre-t-elle pas le danger de la Création pour l’homme ? 
L’homme  programme-t-il inconsciemment sa propre disparition ?

Conclusion : l’être humain semble globalement incapable de se gérer et de gérer la Création. Dans l’ensemble, il n’est pas heureux et le plaisir est sous surveillance. La Bible montre le chemin de la joie (les 10 commandements de Moïse et ses deux lois d’amour reprises et développées par le juif Jésus (Marc 12. V. 28 à 31),  mais l’être humain n’est pas à la hauteur de cette tâche : L’homme n’est pas au niveau de cette liberté que son Créateur lui a donnée.
            Le Créateur, pour pallier aux insuffisances de sa création, a institué l’amour et le pardon... pour ceux qui croient… ?

[1] La Sainte Bible. Version synodale – 7e édition – 1950.  Société Biblique de France.

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