Samedi 7 novembre 2009

07 11 09

342 - « L’Institution de la religion chrétienne » de J. Calvin. IV. 17. La sainte cène de Jésus-Christ


1. Pourquoi la cène a-t-elle été instituée par Jésus-Christ ?


Dieu a donné à son Eglise, par la main de son Fils, le second sacrement, le banquet spirituel où Jésus-Christ nous assure qu’il est le pain vivant (Jean 6. 51)


Les signes sont le pain et le vin qui représentent la nourriture spirituelle que nous communiquent le corps et le sang de Jésus-Christ. Dieu en nous régénérant par le baptême, nous incorpore à son Eglise et nous fait siens par adoption.

 

Je voudrais dès à présent faire deux remarques :

 

1) Derrière le Père, le Fils, les croyants, voir l’Esprit qui est le fondement de l’unité de l’Eglise.

 

2) le mot « sacrifice » à propos de Jésus : je rappelle qu’il n’a jamais voulu sa mort ; ce n’est donc pas un sacrifice de sa part. Ce l’est pourtant en partie parce qu’il a risqué fortement la mort, consciemment, en allant porter son message jusqu’à Jérusalem. Et toute sa vie, il l’a sacrifiée pour les hommes, ses frères, pour leur porter son message. (« le Fils de l’homme n’a pas un lieu où reposer sa tête. » (Matthieu 8. 20). C’est par amour pour les hommes et parce qu’il avait conscience de l’importance de son message pour eux (amour, pardon et foi) qu’il a risqué sa vie ; en fait, il a voulu sauver son œuvre, l’œuvre d’une vie, en la portant jusqu’à Jérusalem. S’il avait pu le faire sans risquer sa vie, croyez bien qu’il n’aurait pas hésité. Nous devons être participants à notre salut, et ne pas nous laisser porter par l’illusion que Jésus fait tout pour nous, simplement parce qu’il est mort par la volonté de Caïphe ; comme lors des sacrifices primitifs juifs anciens du bouc émissaire, l’agneau sacrifié est devenu le meurtre d’un homme… et nous ne nous nourrirons pas de ce meurtre-là.

C’est pourquoi je ne parlerai pas de tout ce qui tourne autour du sacrifice expiatoire dans ce chapitre ; je n’y crois pas ; il paraît qu’Albert Schweitzer n’y croyait pas non plus. Au sujet d’A. Schweitzer, je vous recommande le site, trouvé en lien à son nom sur wikipedia :

http://prolib.net/pierre_bailleux/histoire/204.015.as.unit.blanchard.htm

 

Cependant je garderai de la cène ce que dit Calvin et à quoi j’adhère, ou ce qui me pose encore problème.

 

Voici les références des textes de la Cène dans les Evangiles :

Matthieu 26. 26 à 29 ; Marc 14. 22 à 25 ; Luc 22. 17 à 20 ; Jean ne parle pas de la cène, mais, indirectement, de son symbole : 6. 27, 35, 38 à 40, 47 à 51. Et Calvin ajoute aux Evangélistes :
I Corinthiens 11. 23 à 27


4. La promesse de la cène


…Le corps de Jésus-Christ ne constitue pas la partie principale du sacrement, qui est plutôt d’authentifier et de confirmer la promesse faite par Jésus-Christ…


En mourant il a englouti la mort ; en ressuscitant, il a ressuscité en gloire et a rendu incorruptible la chair corruptible qu’il avait revêtue.

 

2000 ans après, Jésus-Christ vit toujours ..en Esprit, parmi nous. Son message est si important qu’il perdure…


5. Nous recevons Christ, pain de vie, dans l’Evangile et dans la cène.


Le Seigneur Jésus s’offre à nous…d’abord par l’Evangile, mais plus visiblement dans la cène, si nous le recevons avec une vraie foi. Ce pain nous certifie que tout ce que Jésus-Christ a fait  et souffert est destiné à nous vivifier et, ensuite, que cette vie est perpétuelle.


Le pain que je donnerai pour la vie du monde, c’est ma chair. (Jean 6. 51)


Christ est le pain de vie qui nourrit les croyants en vue de leur salut éternel.


Par la vraie communion que nous avons avec lui, sa vie nous est transférée et devient nôtre tout comme le pain, quand il est une nourriture, donne de la vigueur au corps.

 


Nos âmes ne sont pas moins rassasiées par sa chair que nos corps par le pain que nous mangeons.


Je ne parle pas de ceux qui considèrent la cène comme un témoignage extérieur qui manifeste notre appartenance au christianisme devant les hommes, j’ai suffisamment réfuté cette erreur en traitant des sacrements en général


[ Rappel : IV, 14. 13 : Un sacrement n’est pas un signe purement symbolique ; ce sont des signes relatifs à des choses saintes et spirituelles. La considération principale dans les sacrements est qu’ils sont au service de notre foi envers Dieu. La seconde est qu’ils servent à témoigner de notre foi devant les hommes.]


7. La communion n’est pas seulement une participation à l’esprit du Christ.

 

La communion n’est pas seulement « en esprit », précise Calvin ;


…ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment un breuvage.
(Jean 6. 53-55)


Ceci est mon corps… ceci est mon sang…(Marc 14. 22 à 24)

 

On voit bien dans tout le chapitre 6 de Jean que la « nourriture « est symbolique ; la parole importante est celle-ci :


C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. (Jean 6. 63)

 

Toutefois, tout en étant esprit, il y a mystique spirituelle : « vie », le dernier mot de cette citation.


Il est difficile d’exprimer par des paroles un mystère si grand…Je reconnais que même la compréhension est dépassée par tant de grandeur.


9. La plénitude de la vie habite même en l’humanité de Christ


L’humanité de Christ, …sujette à la mortalité, …faite immortelle, …tire sa force d’ailleurs… Elle a été remplie de la puissance de vie pour répandre sur nous ce qui est nécessaire à notre salut.


Comme le Père a la Vie en lui-même, il a aussi donné au Fils d’avoir la Vie en lui-même.
(Jean 5. 26)


La plénitude de la vie existe même dans son humanité, de telle sorte que  quiconque communiera à sa chair et à son sang bénéficiera de sa vie.


Un exemple familier rendra cela plus clair. Une fontaine suffisante pour désaltérer ceux qui boivent son eau, pour l’arrosage ou pour tels autre usages n’a pas, cependant, une telle abondance en elle-même : c’est la source qui l’alimente indéfiniment, afin qu’elle ne tarisse jamais. De la même manière, la chair de Christ est semblable à une fontaine qui est alimentée par la vie divine pour nous en faire bénéficier.

 

La source est l’Esprit.


Qui ne voit pas,maintenant, que la communion au corps et au sang de Christ est nécessaire à ceux qui aspirent à la vie céleste ? Tel est le sens des affirmations de l’apôtre : l’Eglise est le corps de Christ et sa plénitude


(Ephésiens 1. 23 ; 4. 15-16 ; I Corinthiens 6. 15).


Tout cela ne peut être accompli que s’il est entièrement lié à nous, de corps et d’esprit. « ce mystère est grand » (Ephésiens 5. 30, 32).


10. La réalité est jointe aux signes par le Saint-Esprit


Considérons à quel point la puissance secrète du Saint-Esprit surpasse en intensité nos facultés, et quelle folie ce serait de vouloir réduire à notre échelle cette puissance infinie ! Que la foi reçoive donc ce que notre compréhension ne peut pas concevoir. Dans la cène… il ne nous présente pas un signe vide et trompeur, mais il déploie la puissance de son Esprit, afin d’accomplir ce qu’il promet.


La fraction de pain n’est que l’expression matérielle d’une réalité (1)spirituelle… Le signe nous étant donné…la réalité nous est aussi accordée dans sa vérité. A moins de qualifier Dieu de menteur, on ne peut pas oser dire qu’il propose un signe vain et vide de sa réalité.


Les croyants doivent avoir pour règle que toutes les fois qu’ils voient les signes ordonnés par Dieu, ils doivent être assurés que la vérité de la réalité représentée y est conjointe et ne pas en douter.


11. La signification, la substance et l’efficacité de la cène


J’affirme donc qu’il y a deux réalités dans la sainte cène : les signes visibles, qui nous sont donnés à cause de notre faiblesse, et la vérité spirituelle qui nous est représentée et montrée par ces signes.


Il y a trois points à considérer dans les sacrements en dehors du signe extérieur : la signification (les promesses), la matière ou substance (Jésus-Christ mort et ressuscité (2)) et, enfin, la puissance ou l’effet qui résulte des deux (la rédemption, la justice(3), la sanctification, la vie éternelle et tous les bienfaits que Jésus-Christ nous apporte) (3) 


En fait je ne vois pas comment une personne pourrait être assurée d’avoir sa rédemption et sa justice dans la croix de Jésus-Christ, d’avoir la vie dans sa mort, si elle n’a pas une vraie communion avec lui (4)

_____________________________________________________________________________________________

  (1)  Equivalent philosophique de « réalité »  : « substance », par opposition au « signe ». Le signe est l’apparence extérieure, la substance est la réalité fondamentale. (Note abrégée de l’éditeur de « L’Institution »)

  (2) Je corrigerais ainsi : la vie exemplaire de Jésus-Christ et son message. Je ne veux pas rétablir ici l’idée de mérite, mais un être humain, pardonné et aimé par Celui en lequel il croit, agit en conséquence

  (3) Par Justice je comprendrais –mais peut-être que je me trompe- d’une part l’imperfection de la nature humaine qui n’a pu employer bien sa propre liberté –sa noblesse-, étant écartelée entre son devoir très courageux envers Dieu (sa croix) et son instinct vital animal, et, d’autre part, la réparation de Dieu, le Créateur, à notre égard, face à cette éternelle tentation.

  (4) En fait, suivre la vie exemplaire de Jésus et son message revient à porter sa croix, comme lui, c’est comme cela que je vois cette parole de Calvin. Tout destin humain est donc doublement tragique, par sa réalisation spirituelle le plus souvent impossible, et par sa mort inéluctable. D’où la nécessité du pardon, et de l’Esprit. Le pardon de Dieu ne passe pas par la croix comme symbole du meurtre de Jésus et d’une récompense de ce meurtre.

 

Ecrire un commentaire - Voir les commentaires

Evangiles. Arts.Société.Calvin

  • : Evangiles - Arts - Société - Jean Calvin
  • marike
  • : littérature art Société Evangiles Jean Calvin Culture
  • : ETUDE DES EVANGILES : MARC puis des compléments dans : MATHIEU, LUC ET JEAN, en résonance avec la littérature et tous les autres arts,jusqu'à l'article 166...Puis des questions religieuses, de société, de sciences, et, à partir de l'art.215, un carnet de poésie classique chronologique et par saisons alterne avec une lecture interrogeante ou critique de "L'INSTITUTION DE LA RELIGION CHRETIENNE", de Jean CALVIN.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact
  • : 25/11/2007

marike

  Le texte qui suit pourrait être, lors d'une éventuelle publication, une introduction à mon Etude de l'Evangile de Marc, avec ses compléments dans les autres Evangiles...

AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR

Pour la première fois, me semble-t-il, pour ma discipline, se présente en quelque sorte l'interdisciplinarité à propos des Evangiles ; en effet, professeur de Lettres, j'ai très souvent établi dans cette lecture le lien entre la littérature, principalement française, et les textes sacrés. Il reste aux pasteurs, au prêtres, aux prédicateurs de toutes les religions en général, à la pratiquer du haut de la chaire.

Même si nous n'en sommes plus au dix-septième siècle où le parti dévot condamnait le « Tartuffe » de Molière, il est dommage que ce décloisonnement entre les disciplines soit rare, me semble-t-il, sauf en peinture et en sculpture, en musique ; la littérature est pourtant aussi un art.

Il faudrait encore établir un pont entre les Evangiles, la théologie et la philosophie des sciences ; oui, le cloisonnement entre les disciplines est bien dommageable ; en effet, le matérialisme actuel ne peut aller de pair avec les Evangiles ; à notre sens, cette idéologie réductionniste qui se cache sous le nom de science est une thèse trop grossière, même à l'œil nu, pour pouvoir être défendue ; elle révèle une vanité, une inconscience et une profonde ignorance de l'homme, face à ses immenses limites. Elle est extrêmement dangereuse pour l'Esprit, pour toute la culture, pour la spécificité de l'homme face à l'animal et la spécificité du vivant par rapport à l'inerte...toute la chaîne dynamique de l'Evolution. Heureusement, aujourd'hui, certains scientifiques authentiques, surtout les spécialistes en physique quantique,  montrent les failles de ce matérialisme ; il reste à ne pas les « enterrer » : faire le silence sur eux en est le meilleur moyen. Je pense particulièrement à ce sujet  aux professeurs P. P. Grasset, Rosine Chandebois, embryologiste, et bien plus... 

D'autres disciplines, sans doute, auxquelles je ne pense pas dans l'instant, pourraient aussi être mises en regard des Evangiles, au plus grand bénéfice de toutes, et pour réactualiser sans cesse les Evangiles, pour montrer leur universalité et leur bien-fondé.

                    

 

 

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Rechercher

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés