06 11 09
341 - « L’Institution de la religion chrétienne » de J. Calvin. IV. 16. Le baptême des enfants.
7. Christ reçoit et bénit les petits enfants
A ce moment, on présenta à Jésus de petits enfants, afin qu’il leur imposât les mains et qu’il priât pour eux…Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez point ; car le Royaume des Cieux est pour ceux qui leur ressemblent. (Matthieu 19. 13-15)
8. 9. Le silence du Nouveau Testament
Il serait impossible de montrer, Bible en main, qu’un enfant a été baptisé par les apôtres.
Toutefois l’on a un témoignage partiel, lorsque Paul convertit Lydie :
Quand elle eut été baptisée avec sa famille…(Actes 16. 15)
Et lorsque Paul convertit le geôlier :
Et aussitôt il fut baptisé, lui et tous les siens (Actes 16. 33)
Dans l’Eglise primitive, le baptême des enfants était pratiqué, nous dit Calvin.
Rappel des sources du baptême : Dieu fait alliance avec Abraham, conclue par un signe : Institution de la circoncision : Genèse 17. 9 à 14
Tout d’abord la bonté de Dieu est attestée afin de louer et de glorifier son Nom ; ensuite elle fortifie le croyant et lui donne plus de courage pour se consacrer entièrement à Dieu.
[Les baptisés sont invités à présenter leurs enfants afin qu’ils reçoivent le signe de la grâce. En cela, ils seront fortifiés et renforcés dans leur foi en voyant, concrètement, l’alliance du Seigneur comme signée sur le corps de leurs enfants.
L’enfant, quand il en a l’âge, est encouragé concrètement à servir le Seigneur.
L’incirconcis, le mâle qui n’aura pas reçu la circoncision dans sa chair, sera retranché de son peuple, pour avoir violé mon alliance. (Genèse 17. 14)
Cela ne pourrait-il s’appliquer à l’enfant ? souligne Calvin.
10. 11. 12. 13. Arguments des anabaptistes
1° La circoncision n’est pas comparable au baptême. 2° Elle est un signe matériel. 3° Descendance charnelle puis spirituelle des enfants d’Abraham.
- La circoncision est une figure de la mortification, disent-ils ; le baptême aussi, ajoute Calvin.
- Les promesses à Abraham sont uniquement matérielles, disent les anabaptistes, ce que Calvin contredit, sans donner toutefois de citation-preuve, bien qu’il en donne
précédemment, au livre II (chapitre 10. paragraphe 19) :
Pour moi, je sais que mon Rédempteur est
vivant,
Qu’à la fin il se lèvera sur la terre,
Oui, quand cette enveloppe de mon corps sera détruite,
quand je serai dépouillé de ma chair,
je verrai Dieu ! (Job 19. 25-26)
Ainsi que :
O Eternel… Fais donc revivre tes morts ; que les cadavres des miens se relèvent ! Réveillez-vous, entonnez des cantiques de joie, habitants de la
poussière ! Car ta rosée, ô Dieu, est comme la rosée de l’aurore, et la terre fera renaître les trépassés…
(Esaïe, 26. 19-21) (Daniel 12. 1-2)
Sans doute les Juifs voient-ils le plus souvent en images matérielles leur paradis futur, la Jérusalem céleste, mais les chrétiens ne le font-ils pas aussi, qui croient à la résurrection des corps ? (Ezéchiel chapitre 37) ; l’on ne peut guère imaginer l’inimaginable…
Les enfants d’Abraham ont été dans l’Ancien Testament, sa descendance charnelle ; maintenant ce sont ceux qui le suivent dans sa foi. … Nous sommes appelés ses enfants, bien que nous n’ayons pas de parenté physique avec lui. …Il est le père de tous les croyants… Le baptême a remplacé la circoncision. .. Le salut dépend de la miséricorde de Dieu qui l’accorde à qui bon lui semble. (Romains 9. 16)
L’Eternel dit à Abraham : Toutes les familles de la terre seront bénies en toi.
(Genèse 12. 3)
Quant aux Juifs : En ce qui concerne l’élection, ils sont aimés, à cause de leurs pères. Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables.
Les enfants de cette époque qui ont été
circoncis ont seulement préfiguré les enfants spirituels, ceux qui sont régénérés par la Parole de Dieu.
15. La promesse est accomplie non allégoriquement mais littéralement
Pierre annonce aux Juifs : « la promesse est pour vous, pour vos enfants. » (Actes 2. 39)
16. 4° Différences entre la circoncision et le baptême
La circoncision n’était pas appliquée aux filles parce que la nature ne s’y prête pas.
17. 5° 6° Les enfants sont incapables de comprendre leur baptême et ne peuvent être régénérés
Si on laisse les petits enfants dans la condition adamique, on les laisse dans la mort.
« La chair et le sang ne peuvent avoir en héritage le Royaume de Dieu, ni la corruption l’incorruptibilité. » (I Corinthiens 15. 50)
Il nous faut donc être en Jésus-Christ pour échapper à l’esclavage de la mort.
18. au contraire, les enfants ont part à la sanctification du Christ
Les anabaptistes disent que la vérité ne reconnaît pas d’autre régénération que celle qui est faite par « une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu »… Mais cela ne permet pas de déduire que les petits enfants ne peuvent pas être régénérés par la puissance du Seigneur qui est, pou nous, secrète et admirable, mais qui est, pour lui, simple et facile.
19. 7° Les enfants ne peuvent pas comprendre l’Evangile (Romains 10. 17)
20. 8° Les enfants ne peuvent pas se repentir
Le baptême est un sacrement de repentance et de foi, [qui ] ne peuvent pas se trouver chez un petit enfant
Purifiez-vous en l’honneur de l’Eternel et circoncisez vos cœurs, hommes de Juda … !
(Jérémie 4. 4)
Nous disons donc : puisque Dieu a voulu que la circoncision, bien qu’elle soit un sacrement de foi et de repentance, soit administrée aux enfants, il n’y a aucun inconvénient à ce que le baptême le soit aussi, si ces calomniateurs ne veulent pas accuser dieu d’avoir décidé cela !… Les enfants sont baptisée en vue de la foi et de la repentance future.
21. Les enfants n’ont pas à être privés du signe
le baptême est une promesse de leur salut.
22. 9° Le baptême doit être administré aux petits enfants pour la rémission de leurs péchés.
Le Seigneur atteste qu’il veut faire miséricorde même à cet âge.
23. 10° La pratique du baptême est réservée aux adultes, selon les anabaptistes
Eux seuls sont capables de foi et de repentance :
Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour obtenir la rémission de ses péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. ( Actes. 2. 38)
L’eunuque dit : « Voici de l’eau ; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? Philippe dit : « Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. » (Actes 8. 36)
Mais les petits enfants engendrés par les chrétiens représentent un autre cas.
24. Aux adultes la compréhension, aux enfants l’héritage, chrétien ou juif.
Abraham ne reçoit le signe qu’après avoir la foi, et Isaac, son fils, le reçoit avant de rien comprendre [en attendant qu’il soit instruit].
25. 26. 11°, 12° La vraie régénération ne dépend pas du baptême
Si un homme ne naît d’eau et d’esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. (Jean 3. 5)
Et si un jeune enfant meurt avant d’avoir été baptisé, demande Calvin aux anabaptistes ?
27. 28. 29. L’exemple de Jésus
A chacun de se faire son idée !…après l’étude historique des textes, l’évangile de l’enfance…et pour moi Jésus homme : il est donc tout à fait naturel qu’il soit, juif, présenté au Temple et donc sans doute circoncis, puis baptisé chrétien à l’âge des convictions personnelles. Mais Calvin ne dit pas que Jésus, homme, a besoin de foi et de repentance, puisqu’il est Dieu ; voilà ce qu’il dit :
Il veut commencer à prêcher, et, par sa prédication, donner un fondement au baptême que Jean-Baptiste avait commencé d’administrer. Comme il veut fonder le baptême sur son enseignement dès le début, afin de lui donner de l’autorité, il le sanctifie d’abord dans son corps…au début de l’accomplissement de la tâche qui lui est confiée.
30. 13° Si l’on baptise les enfants, il faudrait aussi leur donner la Cène
Nous nous y refusons.
Celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même (I corinthiens 11. 29)
31. Réfutation des arguments de Michel Servet
« Celui qui est né de l’Esprit entend la voix de l’Esprit. » selon Michel Servet.
Cette idée me semble une vérité de La Palice (Jean 4. 24), et je me demande pourquoi Calvin la réfute…
Par ailleurs, l’essentiel des idées de Servet sont communes aux anabaptistes quant au baptême : il faut être parfait quand on se fait baptiser ; être conscient de ce que l’on fait.
Il y a une autre raison au baptême : il est la porte qui leur donne accès à l’Eglise.
Savoir que, dès leur naissance, le Seigneur les a reçus dans son peuple, comme membres de son Eglise, est un grand encouragement pour nous inciter à leur apprendre la vraie piété et l’obéissance que l’on doit à Dieu.
En conclusion je me range du côté de Calvin pour le baptême pour enfants, qui consacre plutôt l’entrée dans l’Eglise de l’enfant jeune, sous la responsabilité des parents pour son éducation à venir. De toutes façons la confirmation des vœux du baptême, à l’âge où l’on est conscient et instruit, est là pour réaliser en quelque sorte le véritable baptême, suivi de la première communion. Il devrait être fait à mon sens au niveau de la seconde de lycée, vers 15-16 ans.


