Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 14:29

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Historique des femmes pasteurs en France

 

- Le 23 mars 1930, pour la première fois, une femme est consacrée : c'est Berthe Bertsch, dans l'Église réformée d'Alsace et de Lorraine

 

- les premières étudiantes en théologie : La faculté de Strasbourg comptait 4 jeunes filles au début des années 1920, elle fut la première avec celle de Genève, toutes deux appartenant à des Universités d'Etat ; la Faculté libre de Paris suivit : Marguerite Thourot, est reçue bachelière en théologie (équivalent de la maîtrise) en 1933.

 

Des pionnières :

  • Elisabeth Schmidt (1908-1986) issue d'une famille agnostique, se convertira après sa rencontre avec Pierre Maury et Suzanne de Dietrich ; elle incarne la lutte pour le ministère pastoral dans l'Église Réformée de France (ERF) et sera la première femme consacrée pasteur en 1949. Fille d'un député, elle avait étudié la philosophie à la Sorbonne puis la théologie à Genève. Assistante de paroisse de 1935 à 1941 à Ste-Croix-Vallée française puis à Sète jusqu'en 1958. Ce fut sa paroisse qui demanda sa consécration.
  • Geneviève Jonte (1906-1983), fille et petite-fille de pasteur du Pays de Montbéliard. Etudes de théologie à Paris. Assistante en 1934 dans la paroisse de Montbéliard, ordonnée le 5 septembre 1937, elle fut le premier pasteur du petit temple Saint-Jean que la famille Peugeot avait fait érigé à ses frais dans un nouveau quartier ouvrier (démoli par la suite quand la Société Peugeot eut besoin du terrain).
  • Marieleine Hoffet (1905-1996), fille de pasteur, études de théologie à Strasbourg, Genève et Edimbourg. Vicaire dans l'Église réformée d'Alsace-Lorraine, elle se marie en 1931. Participe à la Résistance, accepte en 1945 un poste dont personne ne veut : l'aumônerie des camps d'internement des collaborateurs. S'oriente ensuite vers la formation biblique des femmes. Lutte pour la suppression de l'interdiction du pastorat aux femmes mariées, obtenue en 1968.
  • Jeanne Zurcher (née en 1917), père d'origine suisse et mère américaine. Vocation précoce se heurtant à l'opposition de sa famille. Etudes théologiques à Genève, complétées à Paris. Assistante de paroisse dans l'Église réformée (Paris-Etoile), à la Mission populaire en banlieue, puis dans l'Église évangélique luthérienne. Ordonnée à 58 ans (1975) à la paroisse de Suresnes.

Pasteurs à part entière

 

 

La clause du célibat est levée en 1968 dans l'ERAL, en 1970 dans l'ECAAL. Dans les deux Églises d'Alsace-Moselle, un décret du 6 avril 1970 admet les femmes « aux fonctions pastorales dans les mêmes conditions que les candidats » mais stipule qu'elles « seront affectées de préférence à des paroisses pourvues de deux ou plusieurs postes de pasteurs ». Comme on entre dans la période de baisse de fréquentation des Églises, les paroisses requérant plusieurs pasteurs se raréfient et les femmes pasteurs se trouvent le plus souvent seules en paroisse.

Bien formées dans les facultés et par des stages, les femmes prennent de l'assurance. Les problèmes viennent plus souvent des Conseils presbytéraux : les préjugés sont tenaces, les rengaines sur l'autorité réapparaissent - mais les paroissiennes applaudissent souvent. Il faudra du temps pour que les femmes soient admises comme ministres sans tenir compte de leur sexe. Comme dans tous les métiers, leur accession est plus difficile que pour un homme, et elles sont jugées plus sévèrement.

 

La fin du siècle

Elles sont la troisième génération de femmes pasteurs, ou pasteures. En 2000, on dénombre :

  • Église de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (ECAAL) - 52 femmes sur 230 pasteurs en activité (22,61 %). 38 sont mariées, dont 11 à un pasteur.
  • Église réformée d'Alsace et de Lorraine (ERAL) - 15 femmes sur 51 pasteurs en activité (29,41 %). 11 sont mariées, dont 5 à un pasteur et 2 à un professeur de théologie.
  • Église évangélique luthérienne de France (EELF) : 18 femmes sur 58 pasteurs en activité (31,03 %). 2 sont célibataires, 16 sont mariées dont 7 à un pasteur.
  • Église réformée de France (ERF) : 106 femmes sur 489 pasteurs en activité, (21,67 %). 32 sont célibataires, 74 sont mariées dont 30 à un pasteur.

Université : 

  • Facultés libres de théologie (IPT depuis 1972). Faculté de Paris, en 1960 : 84 étudiants, dont 8 femmes (9,52 %). En 2000 : 136 dont 54 femmes (39,70 %).
    Faculté de Montpellier, en 1960 : 64 étudiants, dont 5 femmes (8 %). En 2000 : 209 étudiants, dont 95 femmes (45,5 %).
  • Université Marc Bloch/Strasbourg. En 1960, 121 étudiants, dont 9 femmes (7,43 %) En 2000, 218 étudiants, dont 82 femmes (37,61 %).

 

Mesdames les pasteurs

Le plus souvent, elles sont mariées - la rencontre se faisant fréquemment à la faculté de théologie, d'où des couples de pasteurs pour lesquels les Églises peinent à trouver des postes ; elles sont mères de famille, ce qui complique leur quotidien. De là vient qu'elles participent un peu moins que leurs collègues masculins aux commissions. Elles sont admises à tous les postes : les facultés, les aumôneries (jusque dans les armées), les ministères spécialisés ; les responsabilités ecclésiales sont plus longues à venir, malgré l'exemple de Thérèse Klipfel qui, en tant que président d'Église (ERAL), reçut le pape à Strasbourg en 1982.

A noter l'exemple d'Elisabeth Parmentier, pasteur de l'ECAAL, théologienne, maître de conférence à la faculté de Strasbourg, présidente de la Communion de Leuenberg, mariée et mère de famille.

 

Ce qu'elles ont changé

Dans une chrétienté dominée depuis sa création par la masculinité, les femmes pasteurs apportent dans l'exercice de leurs ministères une sensibilité proprement féminine - qui s'accorde à une tendance actuelle de notre société. Les écrits de certaines théologiennes contribuent à modifier en ce sens les liturgies.

La présence de femmes dans le corps pastoral a hâté le phénomène de sécularisation, qui s'est accentué à la fin du siècle. Plus accessibles que les hommes pour les paroissiens, elles sont respectées pour elles-mêmes plus que pour la robe - qu'elles ne portent pas toujours - et pour la fonction.

 

 

Les autres Églises protestantes

Dans les Églises de tendance dite évangélique qui sont membres de la Fédération Protestante de France, la question du pastorat féminin est soit posée - chez les baptistes - soit reportée ou même fermement repoussée, dans les Églises de sensibilité pentecôtiste. La FEEB (Fédération des Églises Évangéliques Baptistes) est partagée : sa structure congrégationaliste permet aux Églises qui la composent (dites majeures) de reconnaître un ministère féminin ; elles en discutent, synode après synode, mais elles ne se décident pas encore, peut-être par habitude de voir l'autorité représentée par un homme. Les étudiantes, pourtant, sont nombreuses dans les facultés évangéliques.

Les Églises Réformées Évangéliques Indépendantes ont débattu de la question dans le cadre général de la consécration des pasteurs : en mars 2004, Corinne Fines était la première pasteur des EREI. Les Églises pentecôtistes (Église de Dieu, Mission Évangélique Tzigane, Église apostolique...) se réfèrent aux Écritures pour ne pas la poser.

Une exception : dans une église baptiste parisienne, il y eut de 1930 à 1952 une femme pasteur de fait dans l'église du Tabernacle (Paris 18e), Mme Madeleine Blocher-Saillens, qui poursuivit l'œuvre de son mari (Église membre de l'Alliance des Églises Évangéliques Baptistes Libres de France, qui ne font pas partie de la Fédération protestante de France).

Si, en Europe, l'accession des femmes aux ministères pastoraux est venue de Scandinavie, d'Allemagne, de Suisse avant la France, dans les Églises luthériennes et réformées, ce mouvement va certainement gagner les minorités protestantes se réclamant de la Réforme, dans l'Europe agrandie. L'avenir dira si les baptistes et les pentecôtistes se décident à suivre sur ce point l'évolution de la société.

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(de DIETRICH, Suzanne, La Fédération Universelle des Associations chrétiennes d'étudiants (1895-1945), Éditions du Semeur, Paris, 1948)

 

Une association d'étudiants immédiatement ouverte à la mixité

L'accès des jeunes filles aux plus hauts diplômes de l'Université, (la première agrégée de l'Université est en 1908 une protestante Geneviève Bianquis), leur regroupement en association les font participer aux instances de discussion.

A la Fédé, 10 ans après sa création, des jeunes filles siègent dans les comités, et cette convergence de prise de responsabilité contribue à lever les réticences encore très fortes dans les milieux les plus conservateurs, envers « la prise de parole » des femmes.

Si la direction de la Fédé fut le le plus souvent assurée par des hommes - le poste principal est celui de secrétaire général - si ce sont des rédacteurs qui sont chargés de diffuser les grandes orientations du mouvement, dans les revues Hic et Nunc et Le Semeur, de nombreuses femmes protestantes de premier plan se sont formées à la Fédé.

Suzanne de Dietrich* (1891-1981) et  Madeleine Barot** (1909-1995) ont participé l'une et l'autre à la création d'œuvres marquantes du protestantisme, dont la Cimade.

 

La dimension d'évangélisation du mouvement est dès ses débuts clairement annoncée, et dépasse le cadre des Églises traditionnelles. La Fédé se veut un lieu de débat et d'ouverture sur le monde. Elle aura en outre sur le plan théologique un rôle capital. Grâce au pasteur Pierre Maury (1890-1956) secrétaire général pendant les années de l'entre-deux guerre, l'œuvre de Karl Barth (1896-1968) le grand théologien allemand est traduite, diffusée et rencontre un immense écho. En opposition avec les courants libéraux et chrétiens-sociaux dominant pendant les années 1930, cette théologie provoque à l'intérieur du protestantisme des débats difficiles et parfois douloureux.

POUJOL, Geneviève, Un féminisme sous tutelle - les protestantes françaises 1810-1960, Max Chaleil éditeur, Paris, 2003

 

*Suzanne de Dietrich (1891 – 1981)

 

Issue d'une famille alsacienne de tradition luthéro-réformée, Suzanne de Dietrich, après avoir obtenu un diplôme d'ingénieur, se passionnera pour l'étude de la Bible qu'elle portera à un très haut niveau d'exigence et qui sera aussi pour elle une ouverture vers l'oecuménisme.


 

Des études d'ingénieur aux études bibliques

Suzanne de Dietrich est née le 29 janvier 1891 à Niederbronn (Bas-Rhin) dans une famille d'industriels enracinée dans la tradition de foi du Ban de la Roche, marquée par les pasteurs Frédéric Oberlin et Tommy Fallot.

Elle fait des études d'ingénieur à Lausanne,où elle suit les activités de l'Association Chrétienne d'Étudiants, obtient en 1913 son diplôme d'ingénieur,et participe en février 1914 au congrès de la Fédération française des associations chrétiennes d'étudiants – la Fédé.

À partir de ce moment capital pour elle, et malgré un grave handicap physique, elle s' y engage complétement.

En 1916,elle devient aussi membre des « Volontaires du Christ » mouvement créé par les étudiants principalement en théologie et dont le mot d'ordre est « l' évangélisation du monde par notre génération ».

Elle introduit à la Fédé les études bibliques en commun, ce qui pour l'époque est une pratique jugée révolutionnaire. Sous son impulsion, la Bible, de livre de méditation privée, devient objet de culture biblique, tendant à fortifier la foi, ouverte à tous et à diverses étapes de leur évolution spirituelle.

À ce moment-là elle participe aussi à la découverte de l'oeuvre de Karl Barth (1886-1968), le grand théologien allemand diffusée en France par le pasteur Pierre Maury (1890-1956) à travers la revue Foi et Vie très influente dans le milieu des jeunes théologiens.

L'engagement oecuménique et la création de la Cimade

Suzanne de Dietrich est nommée en 1929 vice-présidente de la Fédération Universelle des Étudiants Chrétiens qui est, après la guerre de 1914-1918, le fer de lance du mouvement oecuménique qui commence à s'organiser, et c'est elle qui est en 1932 à l'origine de la première réunion de théologiens catholiques, protestants et orthodoxes.

 

engagement social                                                                      

Sensible à la détresse des évacués, une théologienne d'origine alsacienne, Suzanne de Dietrich, bien connue du milieu protestant, entreprend un voyage dans ces régions du sud-ouest. Cette volonté de s'engager trouve son sens dans la prise de conscience qu'au déracinement des Alsaciens et des Lorrains s'ajoute la confrontation de deux religions, le catholicisme et le protestantisme. Alors que l'Alsace et la Lorraine sont de grands berceaux du protestantisme, les départements d'accueil sont majoritairement catholiques. Les Alsaciens et les Lorrains sont alors perçus comme des étrangers et essuient bien souvent des réactions de rejet de la part des populations d'accueil. Dès son retour du Périgord, Suzanne de Dietrich adresse un rapport au Comité inter-mouvement (CIM), instance rapidement mobilisable qui coordonne depuis peu les organisations de jeunesse protestantes. Le CIM (Comité inter-mouvements) s’appuie en l’occurrence sur la FUACE (Fédération universelle des associations chrétiennes d’étudiants/ World Student Christian Federation ), les UCJ (Unions chrétiennes de jeunes gens et jeunes filles, ou YMCA) et l’EU (Fédération des Éclaireurs et Éclaireuses unionistes).

Initialement, la vocation religieuse joue un grand rôle. La création de la Cimade résulte d'une véritable rencontre entre l'histoire (l'évacuation des populations d'Alsace et Lorraine) et la religion (le protestantisme). « Le CIM doit coordonner ses efforts, organiser un service précis qui soit un témoignage — en plus de ce que chacun peut faire localement — grâce à ses traditions, à ses maisons de vacances, à son expérience auprès des enfants. Les évacués alsaciens sont particulièrement mal accueillis dans le sud-ouest. Ils sont souvent protestants dans des villages très catholiques. Il faut être présent auprès d'eux. » Elle y décrit également les conditions de vie des évacués où « dans certains cas, la population leur fait le meilleur accueil, dans d'autres elle s'est tout juste contentée de donner les 6 kg de paille réglementaires. » À des conditions matérielles difficiles s'ajoutent l'ennui et le froid dont souffrent les évacués.

En octobre 1939, lors de la retraite de Bièvres où tous les dirigeants des mouvements de jeunesse se réunissent pour discuter de la situation des Alsaciens et des Lorrains, la CIM prend acte du rapport de Suzanne de Dietrich, décide d'une nouvelle orientation et ajoute trois lettres à son nom. Désormais elle agit « auprès des évacués ». La Cimade est née. C'est donc à cette souffrance issue de la guerre qu'ont tenté de répondre les mouvements de jeunesse en créant la Cimade. Le but du Comité, tel que publié dans le Journal officiel du 3 avril 1940 (p. 2428), est « par le moyen des différents mouvements de jeunesse d’inspiration protestante, de témoigner de l’Évangile auprès de la jeunesse française éprouvée par la guerre ».

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** Madeleine BAROT 1909-1995

Figure marquante de ce que l'on appelle la " Résistance humanitaire ", Madeleine Barot a participé activement, pendant la Seconde Guerre mondiale, à l'amélioration des conditions de vie dans les camps d'internement du Sud de la France (Gurs, Rivesaltes, Récébédou) et, à partir de 1942, au sauvetage de centaines de juifs persécutés.

Issue d'un milieu protestant, elle a d'abord été, dans l'entre-deux-guerres, une militante active de la Fédération universelle des étudiants chrétiens. Etudiante (DES en histoire à la Sorbonne puis diplôme archiviste, enfin à l'Ecole française de Rome, elle est amenée à connaître très tôt la nature du régime fasciste, côtoyant par ailleurs des membres de l'Eglise confessante allemande, protestants qui se sont opposés à partir de 1934 à l'idéologie nazie.

Au moment de la défaite de 1940, résidant toujours à Rome, Madeleine Barot est rapatriée en France ; elle devient alors Secrétaire générale de la CIMADE (Comité Inter-Mouvements Auprès des Evacués). Cet organisme a été créé en septembre 1939 par un ensemble de mouvements de jeunesse protestants pour venir en aide aux Alsaciens et aux Mosellans évacués dans les départements de la Haute-Vienne (Limoges) et de la Dordogne (Périgueux et Sarlat). Cette aide apportée par la CIMADE s'est rapidement étendue aux étrangers réfugiés en France, dont un bon nombre d'exilés allemands ou autrichiens ayant fui les persécutions antisémites de l'Allemagne nazie. En 1939, considérés comme appartenant à une nation ennemie, ils ont été internés par le gouvernement français dans des camps d'internement implantés pour l'essentiel dans le sud de la France. Regroupés dans des baraques très peu chauffées, les internés vivent dans des conditions particulièrement difficiles, l'alimentation est déficiente, la mortalité importante.

Après la défaite, c'est donc au camp d'internement de Gurs, qui doit faire face en octobre 1941 à une augmentation considérable de sa population par l'arrivée de 6500 personnes juives (hommes, femmes et enfants) expulsées des régions allemandes du Palatinat et de Bade, que Madeleine Barot organise les activités humanitaires de la CIMADE. La CIMADE étend ses activités caritatives dans d'autres camps, tels ceux de Rivesaltes et de Récébédou. Les membres de la CIMADE y développent un véritable esprit de solidarité avec les internés, partageant parfois leur vie.

Confrontée à la détresse de l'internement et aux conséquences humaines dramatiques des persécutions antisémites de Vichy et de l'occupant, Madeleine Barot prend l'initiative avec Visser't Hooft, Secrétaire général du Conseil oecuménique, de réunir en septembre 1941 et septembre 1942 des pasteurs protestants à Pomeyrol (Bouches-du-Rhône), afin d'élaborer un ensemble de textes portant sur l'engagement des chrétiens en temps de guerre. Les " thèses de Pomeyrol " rejettent ouvertement le régime de Vichy, le totalitarisme et condamnent le statut des juifs mis en place par Vichy en octobre 1940 et juin 1941.

Parallèlement, Madeleine Barot poursuit sans relâche les oeuvres caritatives au sein de la CIMADE ; l'organisme élargit ses activités et ouvre progressivement des centres d'accueil destinés aux internés. Des vieillards, des femmes et des enfants sont hébergés dans ces centres d'accueil, dont le plus célèbre s'appelle Le Coteau Fleuri, situé au village du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. D'autorisée (les anciens internés devaient rester sous surveillance policière), les actions de la CIMADE deviennent peu à peu semi-clandestines, puis complètement clandestines à partir de l'été 1942, dès lors qu'il a fallu faire face aux grandes rafles antisémites et aux déportations des camps du Sud vers Drancy. Pour soutenir financièrement ces quelques refuges et maisons d'accueil, pour la plupart situés dans les régions semi-montagneuses qui entourent la vallée du Rhône, mais aussi pour créer des filières d'évasion, Madeleine Barot multiple les voyages en Suisse. Les actions clandestines annexes se diversifient aussi : fabrication de fausses cartes d'identité et d'alimentation, aide aux résistants et aux clandestins, etc. C'est au nom de cette conception de l'aide humanitaire qu'à la Libération Madeleine Barot accepta " d'aller travailler dans les camps de "collaborateurs", à Drancy, à Mauzac, à Poitiers, à Ecrouves, à Noé, au risque d'être mal compris de nos amis de la veille. Pour qui se veut intégré à la réalité du monde et à son service, ces risques sont inévitables. " (in Les clandestins de Dieu, op. cit., p. 38)

La Cimade décide de venir en aide aux internés des camps de Vichy puis s'oppose à la politique antisémite du gouvernement de Vichy. Quand celui-ci, à la demande des Allemands, décide de déporter les Juifs de la zone sud vers la zone nord d'où depuis un camp de transit, tel Drancy, ils seront déportés vers Auschwitz, le mot d'ordre de la Cimade est de « sauver par tous les moyens ». « Tous les hommes sans exception sont frères » tel est le message du Conseil national de l'Église réformée de France aux fidèles, le 22 septembre 1942. La fabrication de fausses cartes d'identité, les démarches de Madeleine Barot auprès des autorités suisses pour qu'ils accueillent les Juifs permettent à la Cimade d'organiser des filières d'évasion vers la Suisse. De nombreux Juifs sont cachés auprès de familles françaises. Madeleine Barot recevra en 1988 le statut de « Juste » du mémorial de Yad Vashem, un statut créé pour honorer les personnes qui ont participé pendant la guerre au sauvetage des Juifs persécutés.

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