La théorie de remplacement au darwinisme du Professeur Rosine Chandebois, embryologiste, par Michel Lefeuvre (bref aperçu !) (voir "références"
en bas de page)
Darwin a proposé une théorie de l'Evolution en s'appuyant sur les modifications que les éleveurs de son temps réussissaient à produire chez les animaux de la même espèce par des croisements.
Rosine Chandebois propose un modèle très différent : elle s'appuie sur ses travaux d'embryologiste et démontre que ce sont les mêmes mécanismes qui sont au travail dans l'ontogenèse (la création de l'individu) -l'embryogenèse- et la phylogenèse (l'arbre généalogique d'une espèce).
En tant qu'embryologiste elle démontre comment les cellules travaillent en s'entraidant pour construire l'animal. Là où, à un stade donné, se trouve une population de cellules homogènes, on trouve au stade suivant deux ou plusieurs populations de cellules plus différenciées, et ainsi de suite jusqu'à la construction finale de l'individu (éclosion, naissance).
Un individu fait partie d'une espèce ; il en possède la mémoire, présent dans le cytoplasme de l'œuf fécondé. R. Chandebois démontre que les espèces évoluent selon les mêmes principes fondamentaux que l'embryon -les mêmes mécanismes- grâce à une division des tâches de plus en plus poussée. Un reptile a une organisation plus développée qu'un batracien, et un mammifère également par rapport à un reptile.
Dans l'ontogenèse ce sont les cellules qui s'entraident pour construire l'animal. Dans la phylogenèse le moteur de l'Evolution est le travail d'entraide que les cellules germinales et les cellules somatiques - le germen (cellule reproductrice d'un être vivant) et le soma (le corps d'un organisme, par opposition au germen)- se prêtent. Ce travail s'accomplit au cours de nombreuses générations jusqu'à ce que brusquement un autre équilibre s'instaure, une nouvelle espèce apparaisse, avec des pontes d'œufs différents du modèle précédent.
Cette évolution est dirigée ; elle est épigénétique, c'est à dire que toute nouvelle innovation s'appuie sur les précédentes pour aller plus loin dans le développement et dans l'organisation, ainsi pas d'organismes complets -multicellulaires- sans la transformation des cellules unicellulaires procaryotes (où le cytoplasme est mélangé au noyau) en eucaryotes (le noyau de la cellule est nettement séparé du cytoplasme), d'animaux tridermiques sans les didermiques...
Dans un œuf il y a deux pôles : un pôle animal et un pôle végétatif, nourricier, dont l'embryon a besoin pour se développer -le jaune d'œuf. Le temps de l'embryogenèse est long pour les animaux supérieurs mais court pour un oursin par exemple, où l'embryogenèse s'arrête très vite, pratiquement au stade gastrula ; Les réserves vitellines ou nourricières doivent être proportionnées à l'animal. Elles ne doivent pas être importantes au point de gêner l'embryon dans ses mouvements. La nature se donne toujours les moyens d'aller plus loin : elle a inventé le placenta chez le mammifère pour pallier à cet inconvénient : c'est désormais la mère qui devient nourricière. Telle est la transition qui s'est produite au cours de l'Evolution, lorsque les reptiles supérieurs ont fini par donner naissance aux premiers mammifères.
Que devient le hasard dans tout ce montage directionnel de l'Evolution vers toujours plus d'organisation et d'intelligence -un chat est plus intelligent qu'une grenouille-. Le hasard existe bien mais ce n'est pas lui qui est le moteur de l'Evolution, il est dû aux variations génotypiques sur un plan commun : Ainsi les anoures (ex : La grenouille) ont le même plan d'ensemble que les Urodèles (ex : les salamandres), mais les salamandres possèdent une queue et cela est dû aux variations dans le génome ; en effet, quand on sait qu'au sein d'une même espèce il y a de multiples allèles pour chaque gène, il est aisé de comprendre que les variations génotypiques peuvent avoir des effets considérables sur un même plan d'ensemble. Pour Rosine Chandebois, la variation génotypique n'est qu'un « bruit de fond révélateur des potentialités phylogénétiques »[1].
Voici donc une vue d'ensemble très sommaire ; le mieux est de recourir à ses ouvrages.
Michel Lefeuvre
Références :
1) Voir les livres du Professeur Rosine Chandebois en marge de droite du blog, à « Philosophie des sciences », à « annexes », à la fin de C8
2) Voir les livres, et la carrière de Michel Lefeuvre au site suivant :
Recherchez sur un moteur de recherche « scienceslettres », en un mot et au pluriel, et vous arrivez au site de Michel Lefeuvre (site partagé avec son épouse, littéraire).AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR
Pour la première fois, me semble-t-il, pour ma discipline, se présente en quelque sorte l'interdisciplinarité à propos des Evangiles ; en effet, professeur de Lettres, j'ai très souvent établi dans cette lecture le lien entre la littérature, principalement française, et les textes sacrés. Il reste aux pasteurs, au prêtres, aux prédicateurs de toutes les religions en général, à la pratiquer du haut de la chaire.
Même si nous n'en sommes plus au dix-septième siècle où le parti dévot condamnait le « Tartuffe » de Molière, il est dommage que ce décloisonnement entre les disciplines soit rare, me semble-t-il, sauf en peinture et en sculpture, en musique ; la littérature est pourtant aussi un art.
Il faudrait encore établir un pont entre les Evangiles, la théologie et la philosophie des sciences ; oui, le cloisonnement entre les disciplines est bien dommageable ; en effet, le matérialisme actuel ne peut aller de pair avec les Evangiles ; à notre sens, cette idéologie réductionniste qui se cache sous le nom de science est une thèse trop grossière, même à l'œil nu, pour pouvoir être défendue ; elle révèle une vanité, une inconscience et une profonde ignorance de l'homme, face à ses immenses limites. Elle est extrêmement dangereuse pour l'Esprit, pour toute la culture, pour la spécificité de l'homme face à l'animal et la spécificité du vivant par rapport à l'inerte...toute la chaîne dynamique de l'Evolution. Heureusement, aujourd'hui, certains scientifiques authentiques, surtout les spécialistes en physique quantique, montrent les failles de ce matérialisme ; il reste à ne pas les « enterrer » : faire le silence sur eux en est le meilleur moyen. Je pense particulièrement à ce sujet aux professeurs P. P. Grasset, Rosine Chandebois, embryologiste, et bien plus...
D'autres disciplines, sans doute, auxquelles je ne pense pas dans l'instant, pourraient aussi être mises en regard des Evangiles, au plus grand bénéfice de toutes, et pour réactualiser sans cesse les Evangiles, pour montrer leur universalité et leur bien-fondé.