54. Bible. Marc. 6, 53-56. Lecture suivie. Retour au pays de Gennésareth

Publié par marike

Cambrai - BM - ms. 0189 - f. 196 - Jésus enseignant à Capharnaüm - vers 1266 http://www.enluminures.culture.fr/Wave/savimage/enlumine/irht7/IRHT_105309-v.jpg Cambrai - BM - ms. 0189 - f. 196 - Jésus enseignant à Capharnaüm - vers 1266
http://www.enluminures.culture.fr/Wave/savimage/enlumine/irht7/IRHT_105309-v.jpg

Article 54. Evangile selon Saint Marc.  6, 53-56. D’un miracle  aux miracles. Lecture détaillée verset par verset, puis de ses compléments dans les autres évangiles. Article 1 à... Etude faite le 11 02 2008, complétée ensuite. Correspondance de l’extrait dans les autres évangiles :  Mt. XIV, 34-36

VI, 53
Puis ils dirigèrent leur barque vers le pays de Génésareth, où ils abordèrent.
VI, 54
Jésus fut immédiatement reconnu.

VI, 55
Alors tout le pays se mobilisa : partout où l'on apprenait sa présence on se mettait à lui apporter des malades sur des civières.
VI, 56
Et partout où il entrait, villages, bourgades ou villes, on déposait les malades sur les places publiques et on le priait de les laisser toucher seulement la frange de son vêtement ; et tous ceux qui la touchaient étaient guéris

Jésus est déjà allé au pays des  Générasiens (5, 1-20)  -voir les articles 41-42-  où il a guéri un homme d’un esprit impur. Ainsi je rappelle ce passage :
[V, 1

Ils allèrent de l'autre côté de la mer, dans le pays des Géranésiens.
Ceci est la suite du récit précédent : "Allons sur l'autre rive".
Rappel géographique : Si Capharnaüm est au NO du Lac, Gérasa (ou Gadara, aujourd'hui Jerash) est située par les cartes les plus modernes au SE du Lac, bien au Sud, dans la Décapole romaine, union de dix villes, principalement à l'Est du Jourdain. Cette union des villes se fit pour se protéger de leurs voisins juifs et nabatéens. La conquête romaine en 63 av. J.C. est donc perçue comme une libération par ces cités de culture grecque. C'est, pour les Juifs, le monde "païen".]
Il est intéressant de constater combien le malade guéri précédemment -le fou errant dans les tombeaux- converti enthousiaste et reconnaissant, a bien fait connaître Jésus dans ce pays (articles 41, 42. V, 1 à 16) : « Jésus fut immédiatement reconnu ». C'est sans doute en partie comme cela que Jésus s'est peu à peu fait connaître dans son pays et aux alentours.

Ce qui motive surtout les Génésariens, ce sont les guérisons. Mais Jésus pourra maintenant leur parler et fera connaître son enseignement, alors qu'avant on l'avait prié de quitter le pays, à la suite de la noyade des porcs. Enfin les hommes, les "proches" (si ce n'est un seul homme solitaire) sont plus importants que les porcs !

On remarque aussi que ces habitants ne lui demandent que de toucher la frange de son manteau
[(dict.) la frange : Tout israélite pieux portait aux quatre coins de son vêtement une bande de tissu sur lequel courait un fil bleu ou violet, afin de se souvenir des commandements de Dieu.] ; ils font ainsi d’abord appel à la piété, à la foi de Jésus, pas seulement à ses talents de guérisseur ; c’est en tant que Juif très croyant qu’ils croient que Jésus peut les guérir.       L’approche est différente de la précédente rencontre avec le démoniaque qui lui est hostile à cause des esprits impurs qui l‘habitent ; la seule parole de Jésus aux Esprits impurs a guéri cet homme. Et maintenant cet homme a vu  que c’était par sa foi exceptionnelle que Jésus l’avait guéri. Il a témoigné. Ils ont peut-être aussi entendu parler de Jésus autrement, par d'autres personnes guéries, par cette femme qui a touché son manteau, par exemple (article 44, V, 27). Enfin on parle de Jésus dans la région de la mer de Galilée.

Tous sont sauvés par le seul fait de toucher cette frange. C'est la foi qui sauve, et peut-être aussi la foi collective ; Jésus ne peut pas décevoir.

Pour nous, esprits modernes, qui n’avons pas assisté à ces scènes, ces récits nous interrogent, si ce n’est plus. Nos esprits aujourd’hui sont davantage plongés dans la rationalité que dans les mystères de l’Au-delà. Et pourtant, tout dépasse notre raison  dans notre existence.