75. Marc.10. 13 à 16. Lecture commentée. Jésus aime les enfants
Article 75. Bible. Lecture suivie. Evangile selon Saint Marc 10. 13 à 16, Leçon aux disciples, puis lecture des compléments dans les autres évangiles, ici : Mt. XIX, 13 à 16 ; Lc. XVIII, 15-17.
Marc. 10. 13 à 16
X, 13
Quand on lui présentait de petits enfants pour qu'il les touchât, les disciples blâmaient ceux qui les lui amenaient. - X, 14 - Jésus le vit et s'en indigna. Il leur dit : " Laissez venir à moi les petits enfants et ne les en empêchez pas, car le Royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.
On sait comment les mères - et les pères ! - se focalisent parfois sur leurs enfants ; ils veulent leur donner "le meilleur". C'est donc indirectement d'abord un hommage rendu à Jésus. Ensuite Jésus reconnaît l'importance de ces "petits d'hommes", combien de soins il leur faut pour qu'ils grandissent dignes de ce nom ! La présentation juive au Temple des enfants, qui correspond à notre baptême, montre leur importance. Toutefois l'on comprend aussi les disciples qui, voyant la queue que font les gens pour approcher Jésus, veulent privilégier les adultes qui, parfois, ont de graves problèmes. Par ailleurs Jésus parle bien des "petits" enfants", car très vite le vers peut être dans le fruit. Rappelons-nous le vers de La Fontaine à leur sujet :
Mais un fripon d'enfant, Cet âge est sans pitié (Les deux pigeons. Livre IX, 2)
Jésus reconnaît dans l'enfant ce terreau d'innocence et de pureté, de confiance et d'humilité face à l'adulte ; l'enfant est proche de Dieu. Au cours de la vie, avec les épreuves, on perd peu à peu cette beauté originelle. Il va insister sur la leçon aux disciples dans le verset qui suit :
X, 15
En vérité je vous le dis, qui ne recevra pas le Royaume de Dieu comme un petit enfant n'y entrera pas.
X, 16
Puis il les embrassa, et, leur imposant les mains, il les bénit.
La leçon alors est celle des vertus de l'enfant ; on pourrait le comparer au vase du Potier de la Bible (Jérémie, XVIII, 1 à 6), vase neuf, beau, qui n'a pas encore servi. Et Jésus se sent en accord profond avec eux ; Victor Hugo s'est fait l'écho de ce sentiment dans son beau poème : "Lorsque l'enfant paraît" (Les Feuilles d'automne"). Jésus place donc ses mains sur chaque enfant et le bénit ; Rappelons le sens du mot "bénir" (Dictionnaire du N. T. de X. L. Dufour ) : une parole de louange à l'origine, puis un acte par lequel est transmis le don divin.
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Résonance : Un mot / un poème : ENFANT :
1) Les Feuilles d'automne
Lorsque l'enfant paraît...
Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.
Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.
Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.
La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.
Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !
Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l'auréole d'or !
Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur !
Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !
Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !
Victor Hugo
La Légende des siècles
La rose de l'Infante (extrait : le début)
Elle est toute petite ; une duègne la garde.
Elle tient à la main une rose et regarde.
Quoi ? que regarde-t-elle ? Elle ne sait pas. L'eau ;
Un bassin qu'assombrit le pin et le bouleau ;
Ce qu'elle a devant elle ; un cygne aux ailes blanches,
Le bercement des flots sous la chanson des branches,
Et le profond jardin rayonnant et fleuri.
Tout ce bel ange a l'air dans la neige pétri.
On voit un grand palais comme au fond d'une gloire,
Un parc, de clairs viviers où les biches vont boire,
Et des paons étoilés sous les bois chevelus.
L'innocence est sur elle une blancheur de plus ;
Toutes ses grâces font comme un faisceau qui tremble.
Autour de cette enfant l'herbe est splendide et semble
Pleine de vrais rubis et de diamants fins ;
Un jet de saphirs sort des bouches des dauphins.
Elle se tient au bord de l'eau ; sa fleur l'occupe ;
Sa basquine est en point de Gênes ; sur sa jupe
Une arabesque, errant dans les plis du satin,
Suit les mille détours d'un fil d'or florentin.
La rose épanouie et toute grande ouverte,
Sortant du frais bouton comme d'une urne verte,
Charge la petitesse exquise de sa main ;
Quand l'enfant, allongeant ses lèvres de carmin,
Fronce, en la respirant, sa riante narine,
La magnifique fleur, royale et purpurine,
Cache plus qu'à demi ce visage charmant
Si bien que l'oeil hésite, et qu'on ne sait comment
Distinguer de la fleur ce bel enfant qui joue,
Et si l'on voit la rose ou si l'on voit la joue...
Victor Hugo
Correspondances en peinture :
Vélasquez : les portraits d'infantes ; l'Infante Marguerite Thérèse , en particulier.
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Cet article est aussi inséré dans l’ensemble plus vaste de mon école du dimanche biblique entièrement sur la toile (sans doute la première...) :
859. Marc 10. 13 à 31. Ecole du dimanche. 2. Juin 1e sem. Sagesse de Jésus (18 12 2017)
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Livres de Marike (décrits sur la toile, dans ce blog, et recensions) :
- Anthologie de la prose française. 1100-1900.
Ed. indépendante illustrée. 2005. 480 p. Prix : 26 €. Epuisée. Qui la rééditera ?
- Etude des Evangiles, suivi de : Les Evangiles et l'écologie
L'Harmattan, coll. Chrétiens autrement. 2006. 155 p. Prix : 14,50 €
- Interroger sa foi. Du calvinisme au judéo-christianisme libéral. Préface du pasteur P. J. Ruff. Editeur : Edilivre. 2013. 261 p. Prix : 20€
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Livres de Michel Lefeuvre, philosophe des sciences :
Une page sur lui et ses oeuvres : voir en marge d'un article : PAGE 4 :
http://marike.over-blog.com/
pages/4_Michel_Lefeuvre_et_ses_oeuvres_Michel_Lefeuvre