105. Marc. 14. 3 à 9. Lecture commentée. Un témoignage féminin
(Impossible de copier la belle reproduction de tableau ; voici donc les références :
Thierry Bouts. La pécheresse chez Simon.(Lc VII,36-38). l'Offrande à Jésus
https://www.wga.hu/art/b/bouts/dirk_e/1/1simon.jpg
Article 105. Bible. Evangile selon Saint Marc 14. 3 à 9. Lecture suivie et détaillée, verset par verset. L’offrande du parfum à Béthanie.
Lecture des compléments dans les autres évangiles, ici : Mt. XXVI, 6 à 13 ; Jn. XII, 1 à 8.
XIV, 3
Jésus était à Béthanie chez Simon le lépreux. Comme il était à table il vint une femme portant un flacon d’albâtre* rempli d’un très précieux parfum (de l’huile de nard pur), et, débouchant le vase d’albâtre, elle en répandit le contenu sur la tête de Jésus.
Simon est probablement un ancien lépreux qui a gardé ce surnom. Ce pur don du parfum est un acte très original dans les Evangiles, et d’autant plus exceptionnel qu’il provient d’une initiative typiquement féminine ; par le choix du don lui-même, il rappelle plutôt la veine du Cantique des Cantiques. Ce don n’est pas le moins du monde utilitaire. On pourrait même dire qu’il est poétique. Il témoigne d’une reconnaissance particulière. On a beaucoup demandé à Jésus, durant son ministère, mais lui a-t-on souvent témoigné de la reconnaissance, et par un cadeau de grand prix ? Ici, cadeau fugitif, que l’on ne retient pas, comme l’eau, mais qui offre son parfum.
Ce parfum est aussi symbolique ; le parfum des vertus du Christ, vertus qui émanent de sa personne. Il concrétise cet abstrait-là.
La femme est ici inconnue ; elle symbolise aussi les vertus inconnues, non célébrées, humbles, dans la foule des humains ; je préfère donc cet incognito, qui me semble plus authentique, à la « traduction » de Jean : c’est évidemment Marie, la sœur bien connue de Marthe, puisqu’on est à Béthanie…Le témoin qui raconte pouvait aussi ne pas connaître, reconnaître Marie dans cette femme qui reste anonyme.
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Notes :
1) Bien que le verre fût connu dès l’ancienne Egypte, Pendant longtemps l’albâtre, non le verre, a été employé, par exemple pour les verrières d’église. On en a encore un témoignage à Ravenne, par exemple à la magnifique basilique San Vitale (VIe s. ) ou au Mausolée de Galla Placida (Ve siècle).
2) L’albâtre (cette précision authentifie le texte)
( https://fr.wikipedia.org/wiki/Alb%C3%A2tre : extraits) est un matériau naturel blanc. Il existe deux formes d’albâtre : l’albâtre calcaire et l’albâtre gypseux, respectivement composés de calcite et de gypse. Leur faculté de prendre un beau poli les ont inclus dans les marbres antiques jusqu’à la chute de l'Empire romain. Puis ils perdirent progressivement de leur importance en faveur des marbres modernes.
Son nom vient du latin alabaster, venant du grec ancien αλάϐαστρος / alabastros, qui désignait un vase sans anse, l'albâtre étant utilisé pour façonner des vases à parfum sans anse.
Il présente toujours à sa surface des espèces d’ondulations d’un jaune miel plus ou moins foncé, tirant parfois sur le rouge sombre. Il est extrêmement rare de trouver de l’albâtre calcaire d’un blanc parfait.
Sa cassure est cristalline et striée, ce qui lui donne une semi-transparence, car la lumière a un accès beaucoup plus facile dans l’épaisseur de cette pierre tellement composée, que dans celle d’un marbre, par exemple, d'où son emploi avant le vitrail.
XIV, 4
Or il s’en trouva quelques uns qui, en leur for intérieur, s’indignèrent : à quoi bon perdre ainsi ce parfum ? - XIV, 5 - On aurait pu le vendre plus de trois cents deniers ou en donner le prix aux pauvres. » Ils étaient exaspérés contre cette femme.
Traduisons : ce sont les mêmes –un peu nous, un peu les autres- qui n’acceptent pas que l’on dépense pour les voyages dans l’espace, quand il y a tant de misères autour de nous, qui condamnent Louis II de Bavière et sa folie ruineuse de faire des châteaux, et qui l’enferment comme fou, qui le poussent au suicide, qui pleurent sur les ouvriers et leur misère à bâtir le château de Versailles, ou les Pyramides d’Egypte…Eh oui ! ils ont raison et ils ont tort ! et aujourd’hui même les caissiers devant l’Eternel leur donnent tort quand on voit comment les caisses des Etats se remplissent avec le tourisme ! A ce sujet, ci-dessous, en « clin d’œil » le passage de « Vol de Nuit » si célèbre, d’Antoine de Saint-Exupéry : « Il s’agit de les rendre éternels »…
XIV, 6
Mais Jésus dit : « Laissez-là ; pourquoi lui faites-vous de la peine ? c’est une bonne œuvre qu’elle a faite pour moi. – XIV, 7 - Car les pauvres, vous les avez toujours avec vous, et, quand vous le voulez, vous pouvez leur faire du bien ; tandis que moi, vous ne m’avez pas toujours. – XIV, 8 - Elle a fait ce qu’elle a pu. A l’avance elle a parfumé mon corps pour la sépulture. –XIV, 9 - en vérité, je vous le dis, partout ou sera prêché l’Evangile –dans le monde entier – on racontera aussi, en mémoire d’elle, ce qu’elle a fait. »
C’est d’abord un mouvement du cœur, de pitié, qui fait que Jésus prend le parti de cette femme inconnue, face à tous ces hommes, quelque peu misogynes, jaloux, orgueilleux, ou à courte vue, comme on l’a vu faire bien des fois auparavant pour tous les faibles, les opprimés, les malades.
Puis ensuite il réfléchit à son acte : elle l’a honoré ; en Esprit, elle devance la sépulture et embaume son corps – et Jésus, prophète, voit combien cet événement se rapproche maintenant- Pour Jésus, seul l’Esprit compte : ce n’est pas un corps embaumé qui compte, c’est la volonté de conserver le souvenir de cet homme le plus longtemps possible ;
et, peu à peu, il se rend de mieux en mieux compte de l’importance de cet acte généreux, de cet acte de pur amour : cette femme témoigne de manière originale de sa Royauté Intérieure, pour les temps à venir : Prophète, là encore, il voit les prolongements de ce geste, et nous pouvons témoigner plus de deux millénaires après, que Jésus a eu raison de parier sur la gratuité d'un geste et sur l’Esprit.
Clin d’œil ( Suite de l’article 48 ) : un article, un mot / un texte : « AU NOM DE QUOI ? »
« Vol de Nuit » d’Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) AU NOM DE QUOI ?
« …Aimer, aimer seulement, quelle impasse ! » Rivière eut l’obscur sentiment d’un devoir plus grand que celui d’aimer. Ou bien il s’agissait d’une tendresse, mais si différente des autres. Une phrase lui revint : « Il s’agit de les rendre éternels… » Il revit un temple au dieu du soleil des anciens Incas du Pérou. Ces pierres droites sur la montagne. Que resterait-il, sans elles, d’une civilisation puissante, qui pesait, du poids de ses pierres, sur l’homme d’aujourd’hui, comme un remords ? « Au nom de quelle dureté, ou de quel étrange amour, le conducteur de peuples d’autrefois, contraignant ses foules à tirer ce temple sur la montagne, leur imposa-t-il donc de dresser leur éternité ? »…
(Pléiade p. 121 - chapitre XIV, les deux derniers paragraphes.)
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Cet article est aussi inséré dans l’ensemble plus vaste de mon école du dimanche biblique entièrement sur la toile (sans doute la première...) :
868. Marc 14 à 16. Ecole du dimanche. 3. Nov. 2e sem. Pâques (05 01 2018)
http://marike.over-blog.com/2018/01/868-marc-14-a-16-ec.du-dim.3-nov-2e-sem.html
( Le premier article d’école du dimanche a le numéro 809, à l’adresse :
http://marike.over-blog.com/2017/09/809-ecole-du-dimanche-octobre-2017.html )
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Livres de Marike (décrits sur la toile, dans ce blog, et recensions) :
- Anthologie de la prose française. 1100-1900.
Ed. indépendante illustrée. 2005. 480 p. Prix : 26 €. Epuisée. Qui la rééditera ?
- Etude des Evangiles, suivi de : Les Evangiles et l'écologie
L'Harmattan, coll. Chrétiens autrement. 2006. 155 p. Prix : 14,50 €
- Interroger sa foi. Du calvinisme au judéo-christianisme libéral. Préface du pasteur P. J. Ruff. Editeur : Edilivre. 2013. 261 p. Prix : 20€
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Livres de Michel Lefeuvre, philosophe des sciences :
Une page sur lui et ses oeuvres : voir en marge d'un article : PAGE 4 :
http://marike.over-blog.com/
pages/4_Michel_Lefeuvre_et_ses_oeuvres_Michel_Lefeuvre