183 - La mort intellectuelle et spirituelle de nos enfants ?
Cet article fait suite à l’article 179 : Education - Réactions…
Un exemple pris sur le vif :
J’ai en ce moment mes petits enfants à la maison (7 et 10 ans) et je suis atterrée…
Celui de 10 ans qui va entrer en sixième l’année prochaine n’a pas encore la lecture courante… mais ce n’est pas tout…Je lui ai offert (parmi d’autres jeux, tranquillisez-vous !) le jeu éducatif en CD : « 20/20 en orthographe » et j’ai joué avec lui et avec son frère plus jeune à l’ordinateur…Ce jeu s’est révélé excellent et formateur : on ne peut avancer au jeu de l’oie qu’en passant par des épreuves d’orthographe…et l’on peut aller consulter les règles… Quel gouffre s’est révélé à mes yeux ! Pas une règle de grammaire apprise par cœur ! pas une conjugaison ! ignorance totale de ce que sont les temps de l’indicatif les plus simples ! vague notion de féminin et de masculin, de singulier et de pluriel…Kékcékça un participe ? Pas un « devoir du soir », m’a dit sa mère… le résultat est une orthographe phonétique. Ce qui ajoute au problème, c’est que père et mère travaillent à temps complet et qu’ils n’ont pas le temps de s’occuper de leurs enfants en rentrant de l’école…De plus, si ce jeu est excellent, la partie « jeu » n’est pas assez encourageante pour le niveau des joueurs, qui ne sont pas du tout au niveau programmé de leur classe : il faut des parties plus courtes et plus de « bons points » !
Alors je me suis prise à repenser à l’éducation de nos grand-mères dans les écoles privées catholiques en 1901 : en étant chargée de faire le ménage dans la bibliothèque des professeurs d’une école privée catholique, j’ai découvert quelques trésors : en particulier les livres d’école en grammaire et en orthographe, les exercices…un bourrage de crâne où tout passait à la moulinette d’un certain intégrisme : les dictées, les phrases des exercices, même la science !
Et je me dis aujourd’hui : à tout prendre, que vaut-il mieux : un « moule » fort discutable, bien sûr, mais de très haut niveau au point de vue de la langue, ou une ignorance qui augmente d’année en année .. . depuis de très nombreuses années ?
Evidemment la réponse est : ni l’un ni l’autre…
Nous ne voulons pas d’une religion de pouvoir, d’autorité, comme nous ne voulons pas d’une politique mondiale au profit de quelques uns ; nous voulons une religion authentiquement démocratique, de liberté et de savoir…
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Les dix règles à suivre, dans l’idéal, pour une formation véritable, en plus des dix commandements (adaptés en Esprit à chaque situation concrète) donnés par Dieu à Moïse pour son peuple (Bible – Exode XX) :
1- Une règle d’abord spirituelle, telle que celle-ci, qui vient d’une culture religieuse, d’une foi : La Bible : la fin d’ « I Corinthiens 12 », qui précède le texte magnifique d’ « I Corinthiens 13 » :
« Or vous êtes le corps du Christ, et chacun de vous est pour sa part l’un de ses membres…Tous sont-ils apôtres ? prophètes ? docteurs ? guérisseurs ? administrateurs ? linguistes ? …
Aspirez aux dons les plus grands, et maintenant je vais vous indiquer la meilleure voie à suivre pour cela … »
2- la loi de l’exigence et de l’effort, régulier et ininterrompu : quotidien.
3- la remise en honneur du « par cœur », en plus, à côté de la compréhension, car le « par cœur » est comme un frigidaire qui conserve les aliments. On n’a plus besoin de revenir à une leçon de grammaire comprise, assimilée et bien apprise : on l’a engrangée.
4- Le travail avec ses pairs, non par classement d’âge, mais de niveau, afin que nul ne soit retardé, ni découragé. (suppression du collège unique) ; que tous puissent se réaliser.
5- Ne pas passer à un savoir supérieur tant que le savoir précédent n’est pas acquis : redoubler s’il le faut.
6- L’obéissance au Maître, aux parents, et une discipline ; des sanctions s’il le faut afin que l’individu ne perturbe pas le groupe, jusqu’à l’exclusion si elle s’avère nécessaire.
7- Une tenue correcte et propre. Un langage correct. La politesse envers tous. Des égards pour tous…penser aux autres...
8 – Faire des retours sur soi pour se contrôler.
9- Choisir ses amis ; ne pas fréquenter ceux qui donnent le mauvais exemple
10 – Choisir ses lectures, ses films…etc.. comme on choisit ses amis ; ne pas supporter les pertes de temps de toutes sortes puisqu’il s’agit de se construire soi-même, pour tous les autres, et pour ce qui nous dépasse et nous est supérieur : l’Esprit, appelons-le ainsi. Aimer ce qui nous élève à nos propres yeux. Développer sa curiosité pour être cet « homme mêlé » de différents apports culturels et étrangers dont parle Montaigne, et non pas celui qui « vit dans un tuyau de poêle », image qu’utilisait souvent ma mère.
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Et je me suis dit : la mort spirituelle et intellectuelle de l’homme à laquelle nous assistons aujourd’hui peut être le début d’un renouvellement :
Jean Giraudoux, à la fin d’ « Electre » (1937), fait ainsi parler « La femme Narsès » :
« …Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entretuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?
Electre – Demande au mendiant. Il le sait.
Le Mendiant – Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore. »
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Je recommande :
- la lecture du « Discours de Nicolas Sarkozy au Palais du Latran » ; je l’ai relu ce matin sur le site : « Vivre, faire vivre ! » de Michel64.com, et je l’ai beaucoup apprécié.
- l’Association SOS Education : courage, qualité, dynamisme…dans la bonne direction…à soutenir…
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un très joyeux Noël à tous mes lecteurs qui fêteront cet anniversaire,
ainsi qu’une excellente année 2009 à tous !