268 - « L'Institution de la religion chrétienne ». Calvin. XV. J. C. prophète, roi, sacrificateur
22 07 09
268 - Calvin. « L'Institution ». XV. J. C. prophète, roi et sacrificateur
Que pensez-vous de cette phrase, lecteur ?
Augustin a tout à fait raison : bien que les hérétiques le prêchent, le nom de Jésus-Christ ne constitue pas un fondement commun entre eux et les croyants, et il demeure la possession de l'Eglise.
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Pour assurer nos pas, revoyons la définition de l'Eglise, avec un E majuscule ;
je choisis et recompose les définitions trouvées :
1)« Le mot Église (appeler) vient du grec ancien. Il signifie assemblée d'hommes appelés en vue d'un certain but et aussi le lieu où ils se réunissent. Elle est le contenant et le contenu. »
2)« L'ensemble des chrétiens, ceux qui croient en Dieu par Jésus, et qui sont sauvés. »
(ces définitions vous conviennent-elles ? )
Et nous avons tous été baptisés d'un même Esprit, pour former un même corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres ; et tous nous avons été abreuvés d'un même Esprit...
Or vous êtes le corps du Christ, et chacun de vous est pour sa part l'un de ses membres...
(I Corinthiens, 12.12-31)
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Aujourd'hui, je dirais donc : il n'y a plus ni chrétiens hérétiques, ni chrétiens bien-pensants, il y a uniquement ceux qui reconnaissent Jésus comme leur Seigneur, après Dieu.
Une petite remarque encore : personne ne « possède » Jésus-Christ. Ce dernier n'est l'esclave de personne.
Puis, pour la première fois dans l'ouvrage -mais ce ne sera pas la dernière !- Calvin s'en prend aux « papistes », c'est à dire aux catholiques :
Ils dépouillent Jésus-Christ de sa puissance et de sa dignité, prouvant le bien-fondé de ce que dit l'apôtre Paul :
Ils ne s'attachent pas au chef (Colossiens 2.19) et je donne la fin du verset : grâce à qui tout le corps, soutenu et fortement uni pas ses jointures et ses articulations, grandit dans la croissance qui vient de Dieu.
Il a été donné à Jésus d'être prophète, roi et sacrificateur... Ces termes sont prononcés dans la papauté, mais formellement et sans efficacité, parce qu'on en ignore l'efficacité et la valeur.
Quand le Messie sera venu, il nous annoncera tout (Jean 4.25)
Pour comprendre l'emploi de ce futur antérieur,qui indique une action passée par rapport à l'avenir, il faut se reporter au contexte : le dialogue de Jésus avec la Samaritaine, qui ignore qu'elle a devant elle le « Messie » (chrétien). Et voici la suite de la citation : (Jean 4.26) Jésus lui répondit : Je le suis, moi qui te parle.
Je l'ai établi pour être un témoin auprès des nations ( Esaïe, 55.4)
Ici, encore une extrapolation de Calvin (je vérifie maintenant ses citations !) : « l' » n'est pas mis pour Jésus, mais pour David... comment s'étonner alors si les évangiles ne nous ont pas été restitués par les scribes divers et variés, pendant 2000 ans, avec toute l'honnêteté requise ?
Il faut remarquer que le titre « Christ » (Messie) (Oint) récapitule les trois offices. Nous savons que sous l'Ancien Testament les prophètes, les sacrificateurs et les rois étaient oints d'huile que Dieu avait consacrée à cet usage.
Les onctions sacerdotales et prophétiques ont leur place et ne doivent pas être négligées.
I
L'onction prophétique : Calvin nous rappelle que, dans Luc 4.18, Jésus dans sa lecture à la synagogue, ouvre la Torah (A. T.) à la page d'Esaïe 61.1-2 :
L'esprit du Seigneur est avec moi ; c'est pourquoi il m'a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux humiliés...pour panser...pour libérer...
Jésus-Christ a été oint par le Saint Esprit.
Par la perfection de la doctrine qu'il a apportée, Jésus-Christ a mis fin à toutes les prophéties.
Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le. (Matthieu 3.17 ; 17.5)
(Calvin a rajouté : écoutez-le, qui n'est dans aucun des évangiles synoptiques.)
Un autre aspect de l'office prophétique est la connaissance acquise, la sagesse :
I Corinthiens, 1.30 ; Colossiens 2.3 ;
Je n'ai pas jugé bon de savoir autre chose...sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.
(I Corinthiens 2.2)
II
La royauté de Jésus-Christ : elle est de nature spirituelle.
Jean 18.36 : (Jésus devant Pilate) Qu'as-tu fait ? Jésus répondit : « Mon règne n'est pas de ce monde ». ...et Calvin ajoute à la citation : afin que notre espérance soit fondée dans les cieux.
L'éternité de l'église est double ...la première manière concerne tout le corps de l'Eglise, l'autre concerne particulièrement chacun de ses membres.
Au nom de ma sainteté j'en ai fait le serment : je ne mentirai pas à David, sa postérité durera éternellement. ( Psaume 89, 36-37)
Toutes les richesses : le bonheur, les facilités pratiques, les armes sont accordées au croyant par le Christ dans un sens et pour un but uniquement spirituels. (Romains 14.17 )
Le royaume de Dieu est au-dedans de vous (Luc 17.20-21)
Ephésiens 1.1-23 : Jésus-Christ a été élevé à la droite du Père pour être le chef de l'Eglise, qui est son corps. (Psaume 110.1)
Philippiens 2.11 : J. C. est le Seigneur, à la gloire de Dieu, le Père.
III
Le sacerdoce de Jésus-Christ...
...Le Sacrificateur.*
encore un glissement de sens (je ne peux les nommer tous...) Le type du sacrificateur est le prêtre Melchisedec, pour les Juifs :
Psaume 110.4 : Tu es prêtre pour toujours à la façon de Melchisédec
et pour les chrétiens qui s'y réfèrent ; or voici le texte où ce prêtre apparaît : Genèse 14.18-20 :
Melchisédec, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin...il bénit Abraham.
Or ici il n'y a nulle trace explicite de sacrifice, mais des aliments bien inoffensifs (même si les Chrétiens peuvent y voir une image de la Cène).
Tout ce que Calvin va développer ici, la logique chrétienne du sacrifice expiatoire, est connue. Je ne suis pas en accord avec cette thèse barbare et primitive :
1) nous sommes pécheurs depuis Adam
2) l'entrée du Ciel est bloquée pour nous
3) Dieu, juge impartial
4) Comment expier ?
5) En tuant JC, homme, sans péché, divin (selon la croyance en la Trinité) (voir la parabole des Vignerons où les ouvriers tuent le fils pour s'emparer de la vigne )
6) Dieu efface la dette
1) Dieu sait aussi pardonner aux croyants. Il n'a pas besoin de Jésus.
2) Ce n'est certes pas en tuant son fils préféré que Dieu peut pardonner aux hommes.
3) Jamais un sacrifice humain ne peut payer pour les péchés d'autres hommes.
4) Jésus a souffert sur la croix en homme.
5) il n'a jamais dit lui-même qu'il s'offrait en sacrifice expiatoire.
6) Il aurait bien voulu que le peuple le gracie : cela aurait été « la fête » !
Il est à la fois le sacrificateur (NON, car c'est tout à fait malgré lui ! Il aurait certainement préféré qu'on ne vienne pas le chercher au Mont des Oliviers) et l'offrande (jamais le peuple n'a eu cette idée d'offrande à Dieu quand il l'a fait ; imbécile, plutôt : comme d'habitude, il a suivi aveuglément la foule et son « chef » : ici, le grand prêtre, Caïphe)
7) c'est une immense régression face à Abraham : Dieu n'a pas voulu le fils d'Abraham en sacrifice ; il a eu pitié. C'était simplement pour l'éprouver.
8) immense régression face aux simples sacrifices d'animaux primitifs
J'ai déjà donné mes convictions à ce sujet à la fin de l'article 265
Jésus-Christ est, en conséquence, intercesseur à jamais et, parce qu'il plaide en notre faveur....tout ce que le Médiateur a consacré plaît à Dieu...
Non, Monsieur Calvin, Jésus n'est pas un « idiot utile » qui va prier pour ses bourreaux PARCE Qu'ils l'ont tué et le Médiateur ne s'est jamais consacré lui-même comme victime propitiatoire. Ce n'est dit nulle part dans les Evangiles, dont ce n'est pas la démarche.
Revoyons le film des événements : Jésus est-il une victime consentante ? « L'un d'entre vous me trahira », dit-il à la Cène ; ce disciple est alors vu comme un traître par tous ; Au Mont des Oliviers, Jésus prie pour que cela n'arrive pas ; il dit à ses disciples de ne pas manier l'épée, quand la foule de ses ennemis arrive ; il subit leur jugement et ne l'oriente pas contre sa vie à lui.
Vous voyez Jésus disant à ses disciples : je vais maintenant m'offrir en sacrifice pour tous les fils d'Adam croyant en moi afin qu'ils soient sauvés ; je vais donc joindre Caïphe afin de lui dire que je vais au Mont des Oliviers pour qu'il vienne me chercher. Judas pourra le guider. Caïphe me remerciera donc et fera un beau discours au peuple avant de me sacrifier sur l'autel pour l'informer de mon don...
Enfin, excusez-moi si je vous choque, mais voilà comment je vois les choses actuellement...
