308 – « L’Institution de la religion chrétienne » de J. Calvin. III, 22. Election et prédestination (suite)

Publié le par marike.over-blog.com

01 10 09


308 – « L’Institution de la religion chrétienne » de J. Calvin. III, 22. Election et prédestination (suite)


6- L’élection au sein même des douze tribus d’Israël (p. 861)

 

Calvin reprend l’histoire de l’élection dans l’Ancien Testament :


Dieu a écarté certains membres de la descendance d’Abraham et il en a retenu d’autres… Ismaël est retranché,

puis Esaü, …et presque toutes les dix tribus d’Israël…


Il a élu la tribu de Juda. (Psaumes 78. 67- 68)


Il n’a pas fait de même pour toutes les nations ; elles ne connaissent pas ses ordonnances (Psaumes 147. 20)


7- L’élection des personnes particulières


Paul distingue soigneusement les enfants d’Abraham selon la chair des enfants « spirituels » qui ont été appelés à l’exemple d’Isaac. (Romains 9. 7-8 ; Galates 4. 28)      


Nous disons donc, comme l’Ecriture le montre avec clarté, que Dieu a décrété une fois, en son conseil éternel et immuable, qui il voulait recevoir en son salut et qui il voulait vouer à la perdition.

 

Voilà donc la prédestination, nous dit Calvin.

Aujourd’hui beaucoup de gens ne peuvent plus tolérer cette différence entre élus et « damnés ». Toutefois, à mes yeux, la justice doit avoir ses droits. Trouveriez-vous normal  de côtoyer Hitler, ou Staline au Paradis (bien sûr, ceci est une image !) alors qu’ils ont causé des millions de morts en toute cruauté, et que Staline est mort tranquillement dans son lit ?

 

Bien sûr, nous rejetons l’image puérile et cruelle des chaudières bouillantes de l’Enfer, où l’on précipitait les « damnés », épouvantails que l’on présentait autrefois au bon peuple pour leur faire peur, les faire obéir et les garder dans le giron de « l’Eglise », comme dans « L’Ecole des femmes » (III, 2) de Molière où Arnolphe veut faire peur à Agnès :


« Et qu’il est aux enfers des chaudières bouillantes
Où l’on plonge à jamais les femmes mal vivantes…
…Et vous irez un jour, vrai partage du diable,
Bouillir dans les enfers à toute éternité :
Dont vous veuille garder sa céleste bonté ! »

 

mais enfin le chemin de Staline ou d’Hitler ne mène pas à la Vie ; il est une impasse. Ne faut-il pas le reconnaître ? Ne faut-il pas faire le ménage, quelque part, parmi les hommes, toujours et encore ? Et ne pas se contenter même d’un petit ménage superficiel ?

Je pense qu’une conséquence naturelle pour ceux qui s’égarent hors du Chemin de vie, est d’arriver à la « non-vie », ou, comme le pensent les bouddhistes, à des réincarnations successives jusqu’à ce qu’ils trouvent, de plus en plus sûrement, « la Voie ».  Voilà ce que les religions ont imaginé pour que nous puissions nous représenter l’Au-delà de la justice.


Chapitre XXII : Confirmation de l’élection éternelle par les témoignages de l’Ecriture. 


En disant que les croyants ont été élus avant la fondation du monde, Paul abolit toute idée de mérite humain… Tout ce qu’il y a de bien et de qualité dans les hommes est un fruit et un effet de l’élection (donc pas de prescience des mérites, précise Calvin).


Il a élu ceux qu’il a voulus et avant qu’ils soient nés, il leur a préparé et réservé la grâce qu’il voulait leur accorder. (p. 868)     (2 Timothée 1. 9 ; Ephésiens 1. 5-6, 9 ; Jean 15. 16)   

 

La mention qui revient sans cesse des « enfants d’adoption » : pour un unitarien,  nous sommes tous des enfants d’adoption, le Christ et nous. Je vois le Christ comme premier prophète en importance, dernier –il clôt l’Ancien Testament en ouvrant le Nouveau- et Messie.


La bonté de Dieu précède les hommes (Romains 11. 35)

 

Paul traite de l’élection juive, nous dit Calvin :


Tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas pour cela Israël … J’ai aimé Jacob et je n’ai point aimé Esaü. »(Romains 9. 6-13 ; et : Genèse 21. 8-13 ; 48. 17-20)


Seule la primogéniture aurait pu faire que l’un soit préféré à l’autre. Or même cela est négligé. Il est donné au dernier ce qui est refusé à l’aîné.

Dieu est donc au-dessus du destin qui a fait l’ordre des naissances dans le temps.


Jacob a été incorporé, avec les anges, au corps de Jésus-Christ, afin d’être héritier de la Vie.

 

C’est là que Calvin outrepasse une fois de plus ses limites chrétiennes, imposées par le Nouveau-Testament : il aurait pu dire, par exemple : Jacob a été incorporé dans l’Esprit à tous les Elus, qu’ils soient de l’Ancien, du Nouveau Testament, ou de ceux qui sont à venir.

 

Calvin cite lui-même ce verset :


Que dirons-nous donc ? Y a-t-il en Dieu de l’injustice ? Non, certes ! Car il dit à Moïse : « je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde et j’aurai pitié de qui j’aurai pitié…. »
(Romains 9. 14-15)

 

Ainsi tout le Nouveau Testament a ses racines, ses fondements dans l’Ancien Testament ; rien n’a été inventé ;  le second Testament n’a fait que développer le premier en donnant beaucoup d’ampleur à ce qui méritait d’en prendre, en corrigeant les déviances vécues de certains, comme la rigidité de l’application de la Loi, en donnant une nouvelle interprétation à l’Ancien.

Calvin fait beaucoup de redites, sans doute pour mieux nous convaincre.


Jésus-Christ est  l’Agneau « qui a été désigné d’avance, avant la fondation du monde »
(I Pierre 1. 20)

 

Le terme d’Agneau montre bien que Jésus-Christ n’a pas voulu lui-même ce sacrifice.

La notion philosophique de « temps » est étroitement imbriquée à celle de prédestination.
D’abord Dieu est défini comme « Eternel ». Ensuite, avant la naissance, au-delà de la mort, le temps n’est-il pas aboli ? Les notions de présent, passé, avenir ne deviennent-elles pas alors artificielles ? Quand le mal sera vaincu, le temps continuera-t-il d’exister ?

 

Il y a des notions stables : L’Esprit –les quatre transcendantaux ?- en est une. Il appartient à tous les temps, à tous les lieux, à toutes les religions. Ce qui découle de l’Esprit ne s’inscrit pas dans le temps.

 

Quand le potier crée le vase, il a un projet pour lui : il sera haut, grand ou petit, en telle matière…etc… Cette image peut-elle convenir à la première décision de Dieu, en son conseil secret ? Le potier, bien sûr, ne sait pas ce que deviendra le vase : sera-t-il réussi ? correspondra-t-il à ses vœux ? la liberté du vase est confiée d’abord au hasard du Destin. Ensuite, à la naissance, l’homme endosse sa propre liberté.  Et Dieu dans tout cela ? « avant la fondation du monde… » Selon notre logique la décision de Dieu peut-elle être livrée au hasard ?  N’a-t-il pas choisi certains éléments, comme le marbre au lieu de la terre, par exemple, pour fonder sa décision ?  Ainsi Dieu a un projet, en créant l’homme ; il choisit en son conseil secret certains éléments qui nous sont inconnus ; puis comme l’armateur lance le bateau à la mer, il va tester ce navire, le capitaine, qui se dirigera au port, selon sa foi, ou non.

Qu’en dites-vous, lecteur ?

 

En fait, si la logique de Calvin veut comprendre, et pousse les arguments jusqu’au bout, son lecteur peut aussi vouloir comprendre, et pousser les arguments jusqu’au bout.

 

Mais il n’en reste pas moins que tout ceci est voilé à nos yeux : le mystère est total. Telle est la condition humaine.


Le Seigneur connaît les siens. (II Timothée 2. 19)


7. L’enseignement du Christ dans l’évangile de Jean

 

Calvin choisit les citations qui montrent une hiérarchie soudée et sans faille entre Dieu le Père et son Fils. (Jean 6. 37, 39, 44, 45, 65 ; 13. 18 ; 17. 9 ;

 

Jésus parle en sont temps, pour, à, un peuple donné, mais la question se pose de l’élection dans l’ancien testament, en dehors de lui. C’est l’Esprit de Jésus qui est important, non lui-même.

 

En 8. Calvin aborde la question de la justice de Dieu.


Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; c’est moi qui vous ai choisis. ( Jean 15. 16)

Dieu peut choisir dès le commencement car il représente la Norme, et, du fait qu’il choisit, il choisit parfaitement.


Ce que dit Augustin …demeure donc vrai : la grâce de Dieu ne trouve personne à élire, mais elle rend les hommes propres à être élus.


10. La vocation universelle ne contredit-elle pas l’élection particulière ?


Actes 16. 6-10


Ceux qui veulent que la doctrine du salut profite à tous sans exception se trompent lourdement…le caractère général de cet appel n’empêche pas que le don de la foi ne soit bien rare. (Esaïe 8. 13 à 17 ; 53. 1 ; Matthieu 13. 5,7)

 

La foi est la clé : Jean 6. 39-40 ; 10. 4-5 ; 26-27 ; Psaumes 40. 7

 

Calvin conclut ainsi le chapitre : ne pas chercher de cause (de notre élection) en dehors de sa volonté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article