21. Marc. Lecture suivie. 2, 5 à 7. Après une guérison, la révolte des Scribes

Publié le par Marike

Article 21. Bible : Jésus guérit moralement. Lecture commentée de l’Evangile selon saint Marc, verset par verset, puis de ses compléments dans les autres évangiles.
Correspondances de l’extrait :  Mt. IX, 1 à 8 ; Lc V, 17 à 26


2. 5 
Jésus, voyant leur foi, dit à cet impotent : « mon enfant, tes péchés te sont pardonnés. 


Ici, il semble y avoir une cause à la guérison (la foi) et une conséquence (le pardon, du grec aphiémi : libérer) ; en effet, le paralytique et son groupe semblent avoir une très grande foi pour avoir fait ce qu’ils ont fait : au risque de mécontenter Jésus et ses amis –car en réalité Jésus n’est que l'hôte de ces derniers- ils détruisent une partie du toit et font quelque peu scandale en interrompant le prêche d’un « prophète » et en passant devant et avant tout le monde, parce qu’ils sont sûrs de la guérison. Quel aplomb, pourrait-on dire !

Cette foi en la guérison ne tient pas seulement au pouvoir du seul guérisseur dans la personnalité de Jésus, car bien souvent on est plein de foi en allant voir un médecin, un guérisseur, et on en revient très déçu ; cette foi tient aussi à ce qu’il dit, à la Parole révolutionnaire du Jésus « maître à penser », à son charisme, au « profil » de Messie spirituel qui se dessine en lui, et qui se perçoit plus ou moins consciemment chez ceux qui l’écoutent et le voient. Le personnage de Jésus a une envergure extrêmement rare…et ceux-ci l’ont capté : ils ont foi en lui.

C’est alors que nous sommes surpris : non, la conséquence première n’est pas la guérison physique, mais bien la guérison morale. Une fois de plus, cette guérison est psychosomatique, et, pour Jésus, c’est l’esprit qui mène totalement le corps. Cet homme s’est puni de ses fautes en se rendant lui-même très malade. Jésus a senti que ces maux n’étaient pas 
d'origine physique ; une fois de plus encore, il ne regarde pas la Loi, « selon la lettre », « écrite », mais la Loi du cœur ; il innove ; il pardonne ; et voyez ce terme affectif employé : « mon enfant » ; la pitié est toujours et encore là, la relation de père à enfant, de frères entre eux. C’est parce que les hommes sont frères en douleur et en erreurs qu’ils peuvent se comprendre et  mutuellement se pardonner, comme on le verra par la suite dans la prière du « Notre Père ».

2. 6
Des Scribes, assis dans les lieux, furent révoltés en entendant ces paroles ; ils se firent intérieurement ces réflexions : 
2. 7 - « Comment cet homme peut-il parler ainsi ? Il blasphème ! Il n’y a que Dieu qui peut pardonner les péchés ! »


Nous pensons au fameux  Scribe accroupi, égyptien, du Musée du Louvre, assis en tailleur, dans cet environnement assez fruste où tous se pressent.  

 La révolte des Scribes marque un tournant : nous passons subitement avec Jésus du monde
judéo-chrétien en train de naître (la Loi d’amour de l’autre) au monde juif ancien (la Loi des Dix Commandements de Moïse) mais une Loi  en partie pervertie parce qu’elle est ici prise littéralement, hypocritement.

Dès les origines bibliques, dès Le Premier (ou Ancien) Testament, Dieu est un Dieu de pardon : « Mais toi, tu es un Dieu de pardon, clément et compatissant, patient et grand par la fidélité… » (Néhémie IX, 17) ;   dans le Premier Testament  Joseph pardonne à ses frères (Genèse 45). En tous cas, entre époux, entre frères et sœurs, par exemple, le pardon entre les hommes est une loi naturelle, qui s’est, de tout temps, sans doute, appris en vivant.

Si le pardon de Dieu aux  hommes, et des hommes entre eux est donc bien juif, il est particulièrement souligné dans le christianisme : le Juif Jésus, dans le « Notre Père »,  montre que, les hommes se pardonnant entre eux, ils sont pardonnés par Dieu. Les deux lois d’amour
de Moïse (Deut. 5. 4-5 et Lévit. 19. 17-18) reprises en les mettant en relief par Jésus (dans les trois synoptiques. Marc. 12, 29 à 31) comprennent implicitement le pardon.
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Réf. de liIllustration :
"Jésus interrogé par les Juifs - 15e s. - Paris - Bibl. Mazarine - ms. 0976 - f. 070." 
 http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/LISTES/sujet_00.htm
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Voir l’insertion de cet article dans l’ensemble plus vaste de mon école du dimanche sur la toile :
839. Marc 2. 1 à 12. Ecole du dimanche. 2. Janv. 3e sem. (13 11 17)
http://marike.over-blog.com/2017/11/839.marc-2.1-a-12.ec.du-dim.2.janv.3e-sem.html
(Elle  commence à l'article 809, à l’adresse : http://marike.over-blog.com/2017/09/809-ecole-du-dimanche-octobre-2017.html )

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Livres de Marike (décrits sur la toile, dans ce blog, et recensions) :
Anthologie de la prose française. 1100-1900. Ed. indépendante illustrée. 2005. 480 p. Prix : 26 € (Qui la rééditera ?)
Etude des Evangiles, suivi de : Les Evangiles et l'écologie  - L'Harmattan, coll. Chrétiens autrement. 2006. 155 p. Prix : 14,50 €
Interroger sa foi. Du calvinisme au judéo-christianisme libéral. Préface du pasteur P. J. Ruff. Editeur : Edilivre. 2013. 261 p. Prix : 20€
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Livres de Michel Lefeuvre, philosophe des sciences : 
Une page sur lui et ses oeuvres : voir en marge d'un article : PAGE 4 : 

http://marike.over-blog.com/
pages/4_Michel_Lefeuvre_et_ses_oeuvres_Michel_Lefeuvre
 

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