87. Marc. 12, 1 à 5. Lecture commentée. La parabole des ouvriers criminels

Publié le par Marike

Article 87. Bible. Lecture suivie. Evangile selon Saint Marc 12. 1 à 5. Le vigneron propriétaire,  patient, trahi par ses gérants locataires, puis lecture des compléments dans les autres évangiles, ici : Mt. XXI, 33 à 36 ; Lc. XX, 9 à 13.

XII, 1
Puis il se mit à leur parler en paraboles : « Un homme avait planté une vigne ; après l’avoir entourée d’une haie, y avoir creusé une cuve et construit une tour1, il la loua à des vignerons puis il s’en alla en voyage.


Note 1 : La cuve sert à rassembler le raisin pour le presser ensuite (pressoir). La tour était une tour de garde d'où l'on pouvait découvrir  les maraudeurs.

L’homme a bien fait son travail de propriétaire avant de partir : haie, cuve, tour de garde. Et là on voit une fois de plus que Jésus est familier de ces travaux de la terre. Il s’adresse à des gens qui les connaissent aussi.
L’on s’aperçoit par ce verset que les maraudeurs pouvaient être nombreux ; ce ne sont pas des vignes de plaine, à l'étendue limitée,  où l’on aperçoit tout d’un seul regard ; elles sont sans doute étendues, gagnées sur la colline et sur ses nombreuses irrégularités de terrain, pour qu’il y faille une tour de garde.
Ce propriétaire confie la gestion de la vigne à des vignerons. On pourrait se dire que la terre est à ceux qui la travaillent : tant d’ouvriers agricoles aujourd’hui de par le monde n’ont pas un salaire suffisant pour le travail effectué. Mais ici évidemment le maître a tout bien fait, puisque c’est Dieu, le Père de tous les hommes ; on peut lui faire pleinement confiance ; il a loué la terre, et certainement à un très juste prix.


XII, 2
La saison venue, il envoya un serviteur aux vignerons pour recueillir, de leurs mains, une partie du produit de sa vigne.


La saison est donc dans nos régions l’automne, après la fin des vendanges, après la mise en tonneaux ou en outres du vin. On constate ici une hiérarchie : le Maître de la vigne ne vient pas lui-même : il envoie ses serviteurs. Voici donc le contrat de location fait avec plusieurs  gérants vignerons pour une seule terre : le Maître, pour se payer, se verra remettre, par ces vignerons, une partie de la récolte, sous forme de produit fini, de vin. Et voici une allusion à la Cène.
Si l’on transpose : l’exemple de Jésus et son message au monde, voilà ce qui pourrait être le produit de la vigne, mais ce message global sera-t-il reçu à « Jérusalem », au « Temple », par les responsables ?


XII, 3
Or ceux-ci s’emparèrent de lui, le battirent et le renvoyèrent les mains vides.
– XII, 4 - Le maître, alors, leur envoya un autre serviteur. Celui-là, ils le blessèrent à la tête et le traitèrent avec mépris.  – XII, 5 – Il en envoya un autre : celui-là ils le tuèrent ;  plusieurs autres : il battirent ceux-ci et tuèrent ceux-là.

On  note à la fois la patience du Maître, qui ne se lasse pas d’envoyer des serviteurs les uns après les autres, sa ferme volonté, et la progression dans la violence des gérants de la vigne ; c’est  parce que le Maître ne se laisse pas dépouiller sans rien dire par les voleurs que la violence augmente par étapes. Il est en effet facile de recevoir, mais plus difficile de payer sa dette…ensuite. On en voit de multiples exemples, du plus léger larcin au plus grave, dans le monde des hommes. Ici, du vol, on passe à l’agression et aux meurtres. Et ce ne sont pas n’importe quels meurtres, ce sont ceux des serviteurs honnêtes et courageux du Maître. Là on note deux sortes de serviteurs pour la vigne : ceux qui sont payés pour faire le travail : les vignerons (ici malhonnêtes ; on pense au grand-prêtre Caïphe, aux scribes et aux pharisiens des Evangiles…), et ceux qui sont les serviteurs directs du Maître, non vignerons, qui viendront demander le dû du Maître (ici honnêtes). Et ce n’est pas n’importe quel Maître : en lui réside la destinée des mondes…


Limite entre le sacré et le profane.
Je ne peux continuer mon article 48 car il dépasse la longueur autorisée. Les textes seront donc placés à la suite de chaque article.  

 


Un mot / un clin d'oeil :          VIGNERONS

GARGANTUA : La guerre picrocholine  (chapitre XXV et suivants)     

de François Rabelais (vers 1494 – 1553)

 « En ce temps-là, qui fut la saison des vendanges au commencement d’automne, les bergers de la contrée1 étaient à garder les vignes, et empêcher que les étourneaux ne mangeassent les raisins. Auquel temps les fouaciers2 de Lerné passaient le grand carroi3 menant dix ou douze charges de fouaces à la ville.  Les dits bergers les requirent courtoisement leur en bailler pour leur argent, au prix du marché. Car notez que c’est viande céleste manger à déjeuner raisins avec fouace fraîche, mêmement des pineaux, des fiers, des muscadaux, de la bicane4.

A leur requête ne furent aucunement enclinés les fouaciers, mais, qui pis est, les outragèrent grandement, les appelant trop d’iteux, brèche-dents, …fainéants… rustres… malotrus…et autres tels épithètes diffamatoires, ajoutant que point à eux n’appartenait manger de ces belles fouaces, mais qu’ils se devaient contenter de gros pain ballé et de tourte5

Notes : 1 – Rappel : la contrée de Rabelais, celle des vins de Loire, c’est à dire à 10 km environ au Sud Est de Chinon, où se situent sa maison : La Devinière, et les bourgades et abbaye dont il parle, qu’il transpose dans sa « guerre » : Lerné, Seuilly, à l’Ouest du « grand carroi » et « La Roche-Clermault, à l’Est, tout cela sur une distance d’environ 5 kilomètres.

2 – Les fouaciers, ou marchands de galettes

3 – carroi : chemin

4 – variétés de raisins

5 – en somme, du pain complet et du pain de seigle

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« ..Grandgousier6 :


- Le temps n’est plus d’ainsi conquêter les royaumes, avec dommage de son prochain frère chrétien. Cette imitation des anciens Hercules, Alexandres…Césars et autres tels est contraire à la profession de l’Evangile, par lequel nous est commandé garder, sauver, régir et administrer chacun ses pays et terres, non hostilement envahir les autres…Mieux eût-il  fait soi contenir  en sa maison, royalement la gouvernant, qu’insulter en la mienne, hostilement la pillant, car par bien gouverner l’eût augmentée, par me piller sera détruit. » (chapitre 46)

Note 6 : Rappel : Le père de Gargantua (ils ont tous grand gosier et grande gorge, pour boire le vin, symboliquement la Vérité, ici chrétienne, Rabelais étant un ancien moine).

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Cet article (87) est aussi inséré dans l'ensemble plus vaste (862) de mon école du dimanche biblique entièrement sur la toile (sans doute la première...) :
862. Marc 11. 27 à 12. 17. Ecole du dimanche. 3. Oct. 2e sem. Les Pharisiens ennemis

http://marike.over-blog.com/2017/12/862.marc-11.27-a-12.17.ecole-du-dimanche.2.juin-4e-sem.les-pharisiens-ennemis.html

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