167 - Annexe I - Thèses de Spong et essai de réponses

Publié le par marike.over-blog.com


Ce dernier article pour mon « Etude des Evangiles à partir de Marc, avec des compléments des trois autres, et leurs résonances dans les arts »

Je cherche maintenant à l'éditer et vais le relire pour l'adapter à cet effet. Je vous tiendrai au courant de ma recherche dans cet article.

Un très grand merci à tous ceux qui m'ont encouragée, et d'abord à mes abonnés.

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Appendice : Annexe I -


12 thèses de l'évêque anglican Spong pour réformer le christianisme (1996)

essai personnel  de réponses


1 - La conception théiste de Dieu est périmée. Le langage théologique qu'elle induit perd aujourd'hui tout sens. Il faut élaborer une nouvelle façon de parler de Dieu. Il est le terreau dans lequel toute vie s'enracine ; il est source d'amour ; il n'est pas un Etre surnaturel tout-puissant qui répond de temps en temps aux prières. Dieu n'est pas responsable. Dieu n'est pas un être : il est l'Etre même, c'est à dire la réalité en laquelle toute vie puise son existence.


Peut-être... il y aura sans doute des points négatifs et des points positifs ... on ne peut évidemment pas imaginer Dieu qui est partout, en nous et hors de nous...mais c'est si merveilleux, ce dialogue de l'homme avec son Dieu !. L'amour de Dieu pour l'homme, sa créature, est important et les conceptions spirituelles et mystiques ne sont pas toujours rationnelles et « scientifiques ».


2 - La compréhension de la personne de Jésus comme incarnation de la divinité théiste doit être également abandonnée. La christologie traditionnelle n'est plus crédible.


En effet, pour moi Jésus est seulement un homme, mais parmi les plus inspirés ; s'il n'est pas Fils de Dieu, il est « fils de l'Esprit », au  sens symbolique, parmi d'autres ; c'est lui, à mon sens, le premier théoricien des lois d'amour,  et il les a pleinement vécues.


3 - Le récit biblique d'une création parfaite et achevée, d'où l'humanité est déchue dans le péché, est un mythe pré-darwinien et un non-sens post-darwinien.


Darwin est largement dépassé, mais cette idéologie matérialiste grossière est bien ancrée aujourd'hui dans nos dogmes scientifiques, et chacun a tendance à croire les « scientifiques » puisqu'il ne peut aller vérifier lui-même...(voir l'œuvre de P. P. Grassé, de Rosine Chandebois, embryologiste, de Michel Lefeuvre, philosophe des sciences, sans compter les autres penseurs des sciences, et la physique quantique.)

Effectivement, le mythe est culpabilisant pour l'homme, créé fragile face à la perfection qui lui est demandée. Je verrais plutôt un Père demandant à ses fils une aventure qui les dépasse pour l'instant, mais il les encourage à la vivre pour améliorer le futur ; en réalité, oui, il leur demande de vivre un humanisme chrétien.


4 - Interpréter le dogme de la naissance virginale du Christ comme une vérité biologique, rend incompréhensible l'affirmation de sa divinité.

oui. Homme par sa mère (encore faut-il qu'on la considère comme une femme ordinaire), Dieu par son Père...cela allait au temps des mythes grecs et des demi-dieux, ou héros, mais maintenant... La réalité pour moi, c'est un homme inspiré, un génie, comme d'autres créateurs humains, plus qu'eux, au premier rang, pour une chrétienne.


5 - Dans notre mentalité post-newtonienne, on ne peut plus interpréter les miracles du Nouveau Testament comme des événements surnaturels accomplis par une divinité incarnée.


Oui, mais on ne peut les nier non plus ; ils sont le fruit de l'Esprit...Inexplicables encore aujourd'hui, comme l'infinie majorité des choses qui nous entourent...


6 - L'interprétation sacrificielle de la croix expiant les péchés du monde est une idée barbare et primitive provenant d'une compréhension de Dieu qui doit être abandonnée.


Oui. Jésus est mort par amour pour l'humanité, en allant jusqu'au bout de sa mission, à Jérusalem, alors qu'il savait y trouver la Croix. Il a fait le maximum ; il a accepté le martyre et la mort pour sa cause ; le seul sentiment que l'on puisse avoir envers lui est la reconnaissance.

Une vie sainte a sa récompense en soi. Le Paradis ou l'Enfer, la récompense ou la punition : non. Idée du salut universel, objet de mon espérance et de ma prière.


7 - La Résurrection est un acte de Dieu faisant passer Jésus dans le monde céleste. Il ne s'agit pas d'une réanimation physique prenant place dans le monde humain.


La Résurrection est en fait la prise de conscience assez rapide des croyants que Jésus n'est pas mort totalement, et qu'il continue à vivre en Esprit. Il vaudrait mieux dire : sa pérennité en Esprit.


8 - Le récit de l'Ascension, qui suppose un univers à trois niveaux, ne peut pas être transposé dans les concepts spatiaux de l'ère post-copernicienne.


C'est là encore un mythe, une vision collective des disciples, pour traduire leur prise de conscience  de la grandeur de leur maître, dont l'Esprit appartient au « ciel ».


9 - Il n'existe aucun principe éthique objectif, extérieur à nous, révélé par Dieu et formulé dans une écriture ou sur des tablettes de pierre et qui devrait régler à jamais notre conduite morale.


Oui, pour les Chrétiens, la morale est à adapter et à réinventer à chaque instant, à partir du Décalogue et des lois de Jésus, de son enseignement, d'un côté, et de notre réalité concrète vécue, de l'autre.


10 - La prière ne peut pas être une série de requêtes adressées à une divinité céleste, pour lui demander d'intervenir de l'extérieur dans notre histoire humaine. Remplacer « Prière » par méditation ou contemplation, car on ne demande rien à Dieu. Prise de conscience de notre force intérieure et  réflexion sur les besoins de notre entourage


Cela dépend comment l'on prie, ce que l'on demande ; c'est l'ultime recours de l'espoir...car l'homme est embourbé dans son impuissance face à tant de choses ... Il est certain que Dieu sait ce qu'il nous faut ; le silence est tout aussi agissant. On ne peut demander à dieu l'amour pour notre prochain et gommer celui de Dieu pour nous ; or un Dieu qui ne serait pas à l'écoute de l'homme perdrait quelque chose de sa dimension, à mon avis.


11- La résurrection ne doit pas être une récompense ou entraîner une punition. L'Église ne doit plus chercher à culpabiliser les fidèles.


Oui, peut-être, mais alors, comment concrètement les faire marcher tous droit, sans la peur du gendarme ? car les hommes ne sont pas tous des anges ; certains sont cyniques dans le mal, justement, parce qu'ils n'ont pas peur de Dieu...


12 - Tous les humains sont à l'image de Dieu, et chacun doit être respecté pour ce qu'il est. C'est pourquoi aucune discrimination n'est admissible selon des critères de race ou d'orientation sexuelle.


Oui, mais il faut aussi prendre en compte le fait que chaque groupe humain, quel qu'il soit, ayant sa propre civilisation et ses coutumes, blanc d'Amérique, ou noir du Cameroun, par exemple, pose ses propres problèmes comme ses propres réussites. Par contre, il ne faut rien généraliser.


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Toutes les religions sont respectables.


Ce qu'il faut, c'est nous dispenser de tout dogme, de toute doctrine et ne plus prétendre que nous sommes ou devrions tous être unis dans la même croyance. Nous centrer sur les valeurs que nous avons, en fait, en commun : la grâce, l'amour et la fraternité qui fondent toutes les communautés spirituelles d'hommes de bonne volonté.


Mon dernier commentaire sur ces thèses : Pour la première fois je peux comprendre les Fondamentalistes : Les mythes fondateurs -ceux des Evangiles- sont peut-être plus proches de la Vérité que les démarches de notre pauvre raison humaine, qui, si elle éclaire souvent merveilleusement la route, est en même temps parfois bien desséchante... Il nous faut peut-être donc rechercher  la juste mesure, l'équilibre, entre Mythe et Raison. Peut-être encore peut-il y avoir une Vérité du coeur, comme il peut y en avoir une de la beauté, et une de l'esprit.

***

Clin d'œil : un mot / un poème : DIEU


Dictionnaire philosophique, section VI (1764) : article DIEU              Voltaire


...Logomacos, théologal de Constantinople, alla en Scythie et s'arrêta au pied du Caucase...Le bon vieillard Dondindac était dans sa grande salle basse...tous chantaient les louanges de Dieu après un léger repas. « Que fais-tu là , idolâtre ? lui dit Logomacos. -Je ne suis pas idolâtre, dit Dondindac. - Il faut bien que tu sois idolâtre puisque tu n'es point Grec...

L : Voyons si tu sais ton catéchisme. Pourquoi pries-tu Dieu ?

D : c'est qu'il est juste d'adorer l'Être suprême de qui nous tenons tout.

L : Pas mal pour un barbare ! et que lui demandes-tu ?

D : Je le remercie des biens dont je jouis, et même des maux dans lesquels il m'éprouve ; mais je me garde bien de lui rien demander ; il sait mieux que nous ce qu'il nous faut, et je craindrais d'ailleurs de demander du beau temps quand mon voisin demanderait de la pluie.

L : Ah !je me doutais bien qu'il allait dire quelque sottise. Reprenons les choses de plus haut. Barbare, qui t'a dit qu'il y a un Dieu ?

D : La nature entière.

L : Cela ne suffit pas. Quelle idée as-tu de Dieu ?

D : L'idée de mon créateur, de mon maître, qui me récompensera si je fais bien, et qui me punira si je fais mal.

L : Bagatelles, pauvretés que cela ! Venons à l'essentiel. Dieu est-il infini secundum quid, ou selon l'essence ?

D : Je ne vous entends pas

L : Bête brute ! Dieu est-il en un lieu, ou hors de tout lieu, ou en tout lieu ?

D : Je n'en sais rien...tout comme il vous plaira...

...L : Quel lourdaud ! Allons, il faut s'abaisser, se proportionner. Dis-moi, mon ami, crois-tu que la matière puisse être éternelle ?

D : Que m'importe qu'elle existe de toute éternité, ou non ? Je n'existe pas, moi, de toute éternité. Dieu est toujours mon maître ; il m'a donné la notion de justice, je dois la suivre ; je ne veux point être philosophe, je veux être homme.

L : On a bien de la peine avec ces têtes dures. Allons pied à pied : Qu'est-ce que Dieu ?

D : Mon souverain, mon juge, mon père.

L : Ce n'est pas là ce que je demande. Quelle est sa nature ?

D : D'être puissant et bon.

L : Mais, est-il corporel ou spirituel ?

D : Comment voulez-vous que je le sache ?

L : Quoi ! tu ne sais pas ce que c'est qu'un esprit ?

D : Pas le moindre mot : à quoi cela me servirait-il ? en serais-je plus juste ? serais-je meilleur mari, meilleur père, meilleur maître, meilleur citoyen ? ...Il faut que je vous conte ...Je venais de faire bâtir un cabinet au bout de mon jardin ; j'entendis une taupe qui raisonnait avec un hanneton : « Il faut que ce soit une taupe bien puissante qui ait fait cet ouvrage. - Vous vous moquez, dit le hanneton ; c'est un hanneton tout plein de génie qui est l'architecte de ce bâtiment. » Depuis ce temps-là j'ai résolu de ne jamais disputer.


***


Et peut-être que Dieu partage notre faim

Et que tous ces vivants et ces morts sur la terre

Ne sont que des morceaux de sa grande misère…


(Jules Supervielle   Extrait de : « Soleil », dans : « Le forçat innocent » (1930)   



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