197 - Ma prière d'avenir...à Dieu : "L'Inconnaissable"
Seigneur,
Quand nous voyons la situation actuelle du monde, le terrible état des lendemains qui déchantent, veuille éclairer notre route, nous, tous les hommes.
Quand je dis « Seigneur », je nomme l'Inconnaissable. La part de nous-mêmes la plus noble Lui est parente ; elle permet de dépasser nos limites étroites de simple animal, car nous sommes plus qu'un simple animal.
Nous n'avons pas été assez conscients de la part mystérieuse qui est en nous, de la vie, de la mort, de l'Au-delà de notre mort, peut-être...Nous avons fait comme si tu n'existais pas car c'était beaucoup plus commode pour nous, et puis tant de dirigeants religieux T'utilisent avant de te servir, si bien que les religions ont été déformées, ridiculisées, au cours du temps...Les religions n'ont pas assez perçu Ton visage, si mystérieux, si grand, dans les hommes des autres religions ; ils ont fermé la porte à l'accueil de l'autre, de Toi-même, ils ont même été jusqu'à martyriser ceux qui ne leur ressemblaient pas.
Ainsi tu as abandonné les hommes, et le résultat ne s'est pas fait attendre :
Ils se sont tous dirigés vers « toujours plus » de richesses matérielles, au lieu de tourner leur regard de temps en temps vers Toi. Ainsi ils courent le risque de redevenir peu à peu les cousins du chimpanzé, ce qu'ils étaient avant que tu ne les couronnes d'Esprit. La culture n'a plus été, lentement, que l'ombre d'elle-même, alors qu'elle fut si florissante et présente.
Rappelons-nous les étapes d'un proche passé : Nous avons dit : s'il y a double salaire dans un foyer, ce sera l'avènement de la civilisation des loisirs...et tout le monde se réjouissait...Mais c'était sans compter la perversion de l'espèce humaine : les grands vautours, cachés, se sont profilés de tous les côtés. Ils ont détourné à leur profit d'immenses bénéfices, le pouvoir d'achat a diminué à mes propres yeux[1] tandis que l'appétit des gens pour le matériel ne faisait qu'augmenter, dopé par la publicité. La malhonnêteté a régné...
Nous avons ouvert grand les portes à l'émigration sans auparavant former correctement notre propre jeunesse, sans nous préoccuper du chômage futur pour tous et des dégâts que cela allait engendrer, de la vente de la drogue, de la prostitution, etc... Et se profile à la longue la baisse des salaires, vu la loi de l'offre et de la demande, au profit de quelques uns. On a allongé partout le temps de travail, plus ou moins licitement...et des mères de familles se sont trouvées débordées et stressées...c'était là la civilisation des loisirs tant espérée ?
Construisons notre avenir en revenant à une vision du monde qui n'est pas majoritairement matérialiste, celle que, malgré tout, l'on a toujours su préserver dans le passé. Mais il faut aussi profiter des leçons de l'histoire. Dans un monde qui se mondialise, seule est tolérable la tolérance. Que l'on ouvre un grand temple vide où chacun soit son propre prêtre, où chacun aille à sa manière à la rencontre du spirituel, de ses frères dans toutes les religions, acquis au principe de cette tolérance. Seule compte une porte ouverte vers la Transcendance, et la quête, qui ne se termine jamais...
Que l'on favorise une connaissance de toutes les grandes religions, telle une vaste culture pour tous...avec le meilleur de chacune d'elles.
Après cette orientation spirituelle, une première étape sans doute essentielle pour reconstruire, il faut que chacun apprenne à faire ce que j'appellerais une « cure d'amaigrissement » , à tous points de vue, pour préserver notre planète, alors que le nombre d'humains ne cesse d'augmenter... Regardons en arrière, et nous verrons comment les générations précédentes vivaient ; que nous est-il possible de faire ?
Il nous reste à suivre cette bonne vieille morale, si décriée, et ses préceptes, mais à la lumière de l'Esprit, si possible ; le commerce équitable en est un exemple, et il faut abolir partout la loi du plus fort, la remplacer par celle du droit. S'il y a des terrains où les hommes ne sont pas d'accord, c'est souvent parce que la vérité se trouve au milieu des deux camps, que ce soit dans le cas de l'avortement, du mariage homosexuel ou de l'adoption par un couple homosexuel. Ainsi ne nous précipitons pas pour légiférer ; cela ôte toujours quelque part une marge de liberté à l'individu...
Prenons-nous à rêver : si chacun obéissait à ces grands préceptes moraux, vus avec intelligence et culture, dans sa propre vie, cela ne suffirait-il pas à organiser un monde meilleur pour tous ? A-t-on besoin vraiment d'une révolution, si ce n'est en nous-mêmes ?
Que les banquiers soient honnêtes, comme les agents immobiliers, comme les industriels de la pharmacie, comme les agriculteurs, comme les intermédiaires commerciaux, comme ceux qui ont charge d'enseignement, comme les pays forts tentés par le colonialisme et le vol, comme les syndicalistes, comme les politiques, comme...le domaine est très vaste...
Et, O visage inconnu de Dieu, ou de l'Esprit, accorde-nous ta bienveillance, ta Grâce, dans ces éternels recommencements, afin que nous accédions dans l'Au-delà à ce que nous ne pouvons même pas imaginer, tant cela est beau et pérenne, à l'harmonie du monde !
[1] Je regarde mon salaire sur dix ans et le prix des denrées alimentaires.