232 - Lecture de "l'Institution de la religion chrétienne" de Jean Calvin (suite 1). L'Esprit

Publié le par marike.over-blog.com

L'Ecriture. L'Esprit Saint. Intégrisme et Libéralisme.

 

A partir de la page 31 jusqu'à la page 56 (édition Kerygma Excelsis. 2009) : Les chapitres VI à IX sont centrés sur l'Ecriture.

 

 

 

1) Calvin et très affirmatif  dans ses dires. Il exclut toute autre pensée que la sienne : ceux qui ne pensent pas comme lui ne peuvent pas être dans le droit chemin du christianisme. Il ne connaît pas la démarche œcuménique ; rappelons qu'elle date du début du XXe siècle et que la fondation du Conseil Œcuménique des églises date de 1948.

 

2) L'Ecriture est primordiale pour lui. Mais il va plus loin :

 

« Les croyants doivent considérer comme arrêté et certain qu'elles  [Les Ecritures] émanent du ciel et, qu'en les lisant, c'est  comme s'ils entendaient Dieu lui-même s'adresser à eux. » (p. 36)

 

« Si l'autorité de l'Ecriture est acceptée avec l'obéissance qui convient, si elle ne fait l'objet d'aucun doute, les raisons qui jusque là n'avaient pas réussi à nous convaincre seront alors d'un très grand secours. » (p. 43)

 

J'en ai déduit qu'ici il pouvait y avoir trace de fondamentalisme (mot protestant) ou d'intégrisme (mot catholique).

 

A ce sujet réfléchissons sur l'intégrisme, face à son contraire, le libéralisme : L'intégrisme réside dans la conservation intégrale, l'obéissance, non peut-être à Dieu, mais aux traces que la religion a laissées de Lui, de peur qu'en les changeant l'homme ne trahisse Dieu : L'homme se méfie de lui-même, mais ce qui n'avance pas recule : le fixisme est mortel dans ce domaine. Le libéralisme se fie à la parole biblique :


« Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il  va. Il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit. » (Jean III, 8)

 

 

Il est mouvant, il est changeant ;


Certes, c'est un subject merveilleusement vain, divers, et ondoyant, que l'homme. Il est malaisé d'y fonder jugement constant et uniforme. (Montaigne, Livre I)

 

 

A l'homme de savoir suivre l'Esprit, mais, dans les deux cas, sans Dieu, l'on ne peut rien faire, disent les Evangiles, et le libéral peut aussi s'égarer vers de fausses nouveautés. On peut comparer cela dans l'armée à l'obéissance passive, hiérarchisée, facilitée, de l'homme ou à sa  conscience qui agit selon son inspiration propre, celle de l'Esprit.

 

3) Mais Calvin va corriger cette impression d'intégrisme « intégral » plus loin en disant :

 

« Il est nécessaire que les raisons de croire que nous avons évoquées aient une origine plus haute que celles des hommes, que leurs opinions ou leurs suppositions ; il faut le témoignage secret du Saint-Esprit (p. 39)... Bien que Dieu soit son seul et suffisant témoin en sa Parole, celle-ci ne suscitera cependant pas la foi dans le cœur des hommes si elle n'y est scellée par le témoignage intérieur du Saint Esprit. (p. 40)...Celui qui est enseigné par le Saint-Esprit peut s'appuyer fermement sur l'Ecriture...C'est par le témoignage de l'Esprit que la vérité certaine qui est la sienne est reconnue...(p. 41)

 

En réalité, c'est donc ce mystérieux Saint Esprit -qui sait s'il est en nous ?- qui seul permet de comprendre correctement la totalité de l'Ecriture et d'y rejoindre Dieu. Nous sommes alors en plein accord avec Calvin qui fait la part au mystère dans notre lecture.

 

Il rappelle plus loin que ce n'est pas donné à tous, comme cela est indiqué dans les Evangiles.

 

4) Calvin va donc voir dans l'Ecriture ce qui dynamise l'homme, ce qui est positif pour Dieu, en occultant les éléments qui pourraient être négatifs, selon la belle parole suivante :

 

« La foi est une ferme assurance des choses que l'on espère, une démonstration de celles que l'on ne voit pas. » l'épître aux Hébreux XI,1.

 

5) Calvin est sensible « au fond majestueux du discours, qui suscite notre admiration bien plus que la qualité des paroles... Cette simplicité extrême suscite en nous plus de respect que l'éloquence des orateurs...Elles [ les Ecritures] ont une qualité particulière d'inspiration divine... » (pp. 43-44)  

 

6) Calvin prend sans cesse l'Ecriture dans sa totalité : l'Ancien et le Nouveau Testament. Ainsi les miracles sont aussi bien ceux accomplis par Moïse que par Jésus, et le peuple en est témoin. Toutefois, nous sommes plus circonspects qu'autrefois ; nous connaissons les récits épiques où, pour faire plus d'impression sur leurs auditeurs, les troubadours et les jongleurs du Moyen Age augmentaient les faits, les transformaient, comme, par exemple, dans « La Chanson de Roland » ; l'œuvre, d'historique, est devenue lentement littéraire et symbolique. De toutes manières, comme pour les prophéties de l'Ancien Testament, la conservation de la Torah, des livres saints et les Evangiles, dont Calvin parle, c'est la plupart du temps vrai symboliquement et spirituellement.

 

« L'Ecriture sainte que nous avons est de Dieu puisque, malgré toute la ruse et le pouvoir des hommes, elle a triomphé grâce à ses qualités... Le sang de tant de témoins ne constitue pas une mince approbation de l'Ecriture. »  (p. 51)

 

 

 

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