250 - Jean Calvin. « L'Institution de la religion chrétienne ». Le mal. Le libre-arbitre. Les élus
23 06 09
250 - Jean Calvin. « L'Institution... ». Le mal et le libre-arbitre. Les élus de Dieu
La théologie ? Un va-et-vient incessant entre ce que nous savons de l'homme, et Dieu. La vérité de l'homme et de Dieu cherche ainsi à s'établir. Or nous voyons assez bien ce qu'est l'homme, en regardant autour de nous, par nos lectures...Pour ma part j'en ai une assez piètre opinion dans l'ensemble -évidemment, depuis le péché originel !- mais Dieu ??? Là c'est une autre histoire...comprendre Dieu à partir des hommes...quelle tâche !
II.4
Dieu est-il pour quelque chose dans les œuvres mauvaises ?
Et Calvin de rappeler notre catéchisme éternel : Ceux, en effet, à qui le Seigneur ne fait pas la grâce de les diriger par son Esprit sont abandonnés à la conduite de Satan.
Quant à Job ? Comment pourrons-nous affirmer qu'une même action a été faite par Dieu, par le diable et par des hommes sans excuser le diable qui semble s'être associé avec Dieu, ou faire de Dieu l'auteur du mal ? ...>
Le livre de Job fait partie des livres poétiques de l'Ancien Testament ; est-ce une légende inventée pour notre édification ? En effet, quelle tragi-comédie (puisque cela finit bien) que ce grand croyant soumis à toutes les pires épreuves imaginées par Satan, avec la permission de Dieu, pour éprouver sa foi ! Mais heureusement ce « test » se termine et Job retrouve le bonheur. Conclusion : la foi est indépendante du bonheur ou du malheur....Oui, mais c'est dans l'idéal...Il est dit qu'il ne faut pas tenter Dieu...mais faut-il tenter l'homme jusqu'au bout ? Cette histoire a peut-être ses limites...
Reprenons la suite du propos de Calvin : < ...Cela sera facile, si nous considérons d'abord l'objectif et ensuite la manière de faire. L'intention de Dieu était d'exercer son serviteur à la patience dans l'adversité. Satan s'est efforcé de le désespérer... Les différences d'intention permettent de distinguer les œuvres les unes des autres...La justice de Dieu est partout irrépréhensible et la méchanceté du diable et de l'homme se voit dans les désordres qu'elle engendre.
Ah, si c'était vraiment si simple...
Par la suite...Calvin prend nombre de ses exemples dans l'Ancien Testament ; or, comme dans la religion ancienne greco-romaine, où les dieux choisissaient leur camp, troyen ou grec (voir les œuvres d'Homère), Dieu combat avec un peuple, le peuple d'Israël, contre les autres peuples s'ils lui sont hostiles (Psaume 105). Dieu est-il donc à l'image de l'homme (alliances guerrières, sang versé...) ? Ainsi dans le Deutéronome où Moïse parle ( 2. 26-37). Nous nous posons alors la question suivante : la religion n'a-t-elle pas évolué depuis ce temps-là ? Et avec le christianisme ? Les hommes ne sont-ils pas tous frères ? Dieu n'est-il pas le père de tous les hommes ? et avec l'œcuménisme, depuis Calvin ? Chaque peuple va à « Dieu » avec la lumière qui est la sienne, sachant que toutes sont encore bien insuffisantes ?
Je cite un verset (2.34) non cité par Calvin, qui ne cite que 2.30) :
Nous avons pris toutes ces villes, et nous avons voué à l'interdit toutes les villes, les hommes, les femmes et les enfants, sans laisser échapper personne.
( Et un autre : Dieu a endurci le cœur de Pharaon. Exode 10.1)
Anathème (frapper d'anathème, dévouer par l'anathème). Vouer à l'interdit, vouer à l'extermination, exterminer... (listabible.com - lexique)
Il y a ici apparemment deux sens pour un mot : il est différent de prononcer une exclusion religieuse envers qui que ce soit, ou de tuer ces personnes...bien que, par ce qui apparaît ci-dessous, on passe facilement de l'un (exclusion) à l'autre (crime).
Une dernière remarque. On peut considérer comme « barbare » cette pratique ancienne de l'anathème. Mais il est peut-être intéressant de voir comment elle se retrouve aujourd'hui dans la vie moderne. Les nouvelles divinités que l'on appelle le Marché, le Profit, l'Argent, le Pouvoir, ne demandent-elles pas qu'on se sacrifie entièrement pour elles? Ce rapprochement mériterait réflexion, ne croyez-vous pas ?
(Roland Bugnon : "A la découverte du monde biblique".
16 03 07
(Moïse, par Michel Ange)
Et j'aimerais ajouter une autre divinité, qui prend parfois des allures chrétiennes, comme autrefois le communisme : le scientisme matérialiste.
Dieu, quand il veut faire intervenir sa providence, même dans les choses terrestres, fléchit et modifie la volonté des hommes selon son plaisir ( même celle des rois, dit-il plus loin) ; aussi leur liberté de choix n'est-elle pas si grande que Dieu ne la surpasse.
Le Seigneur fait que l'oreille entende et que l'œil voie. (Proverbes (Salomon) 20.12)
Calvin fait ainsi appel à notre expérience quotidienne pour nous montrer que souvent la raison et l'intelligence nous manquent pour des choses qui sont aisées à maîtriser et que nous perdons courage face à des choses faciles à faire. A l'inverse, nous nous décidons sans difficulté en présence de choses obscures et délicates et trouvons comment nous en sortir, et nous faisons preuve d'un grand courage dans des circonstances importantes et dangereuses.
Calvin interprète des faits en disant que Dieu accorde aux hommes jour après jour une grâce spéciale.
...tout cela, Dieu le fait selon son jugement secret et, cependant, juste.
Quand on discute du libre-arbitre, on ne s'interroge pas sur le point de savoir si l'être humain peut accomplir et exécuter ce qu'il a décidé, sans aucun obstacle qui s'y oppose (1). On demande si, en quoi que ce soit, il a la liberté de choisir entre le bien et le mal, approuver l'un et rejeter l'autre...Si cela était possible, l'homme ne serait pas moins libre s'il était enfermé dans une prison que s'il était le maître de toute la terre (2).
(1) En fait, je pense à une pure scientifique qui a fait une œuvre magistrale, extrêmement dense et difficile, tout à fait méconnue car elle attente à la pensée unique actuelle. Certains de ses ouvrages ont été détruits dès leur sortie dans les coulisses de l'ombre. Elle est empêchée de parler...Cette scientifique est une petite bonne femme plus qu'ordinaire, au demeurant, bourrée de « tous les péchés du monde », et elle se demande elle-même comment cela se fait qu'elle ait bien pu réaliser cette œuvre magistrale ... Moi-même, m'attaquant à notre vénérable « Institution chrétienne », pour blâmer ou approuver, quel culot, après tout ! Quel toupet ! même si je ne réussis pas trop dans ma démarche...mais quelle soif de démocratie du savoir représente-t-elle ! quelle attente, face à la « langue de bois » !
(2) Effectivement ce que dit Calvin dans la 2e partie de cette citation, c'est que, comme l'homme est totalement imparfait, à quoi la liberté de choisir peut lui être utile ? Il va à coup sûr errer dans ses choix, alors que, si Dieu décide à sa place, par la grâce de son élection, il est certain de son coup ! (Comme Calvin, n'envisageons pas la seconde hypothèse, où l'homme ne pourrait passer par "la porte étroite", hélas !)
Page 257 (« Institution de la religion chrétienne »,édition Kerygma. Excelsis. avril 2009)
Faisons le point : La misère des hommes par le péché est très grande, et il y a apparemment peu d'élus. Mais ceux-ci, ils ont toutes les chances : Dieu, par sa grâce, peut être l'allié d'un peuple, d'un homme ou d'une oeuvre. Alors il peut se mettre à la place de ce peuple, de cet homme, de ce créateur en herbe, et prendre complètement le gouvernail. Voilà ce que nous dit Calvin. Le libre arbitre n'existe pas car c'est Dieu seul qui choisit. (A Dieu seul la gloire !)
