258 - « L'Institution ». II, 9. de Calvin, même si...toujours le même !

Publié le par marike.over-blog.com

09 07 09


258 - « L'Institution ». II, 9. de Jean Calvin : même si ... toujours le même !


1) Le Christ est toujours là, dans l'Ancien Testament, dès l'Ancien Testament.

 

Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de Justice qui porte la santé dans ses rayons ! Vous sortirez et bondirez en liberté, comme les veaux sortant d'une étable...(Malachie 3. 20)

 

Pour les fidèles, la fonction de la Loi était de les maintenir dans l'attente de Christ, dont la venue était proche...

 

Pour ma part, je dirais, « pour nous, chrétiens » avant d'affirmer ce que Calvin affirme ici, car pour les Juifs, dont le livre est l'Ancien Testament,  avant d'être le livre des chrétiens, il n'en est rien.

Ici Calvin va quand même atténuer son propos quand il dit, à propos d'Abraham, à partir de

 

Jean 1. 18 : Abraham votre père a tressailli d'allégresse à la pensée de voir mon jour

 


 

Bien que la vue de ce qui était encore lointain ait été des plus obscures, rien ne lui a manqué pour avoir une espérance certaine, d'où procède la joie qui a toujours accompagné ce saint patriarche jusqu'à sa mort. 

 

Et à propos des morts :


Les mystères qu'ils ont contemplé de loin, comme dans un miroir, sont visibles à l'œil nu pour nous. 

 

2) Enfin revenons à ce ton de Calvin, que l'on peut comprendre davantage à son époque et dans son difficile combat : ainsi il nous parle de la tentation satanique de Servet

 

Il est grotesque de prétendre que nous jouissons déjà des biens qu'il nous a acquis, comme si Paul se trompait en affirmant que

 

c'est en espérance que nous avons été sauvés. (Romains 8. 24 ; Colossiens 3. 3)

 

Le Saint Esprit nous commande, cependant, de nous reposer sur les promesses. Son autorité doit rabattre le caquet de ce « chien mâtin ».

 

Je ne suis pas une spécialiste de l'œuvre de Michel Servet, mais je sais que Dieu, l'Esprit, l'âme des Elus sont d'éternité. Satan et la mort, le temps, seront vaincus. Servet installe donc les Elus dès leur présent dans l'Eternité. Nous pouvons lire l'Eternité dans le présent. Il en est de même pour moi de la notion de prédestination, inscrite dans le temps. Donc cette pensée de Michel Servet devrait pouvoir être approfondie et mieux éclairée, et aujourd'hui à la lumière de nos connaissances actuelles en philosophie, en physique et en mathématiques sur le temps.

 

***

 

Ce ton de Calvin doit nous faire réfléchir sur le fanatisme des religions ; aujourd'hui encore, et plus que jamais, c'est un danger avec la mondialisation. Les peuples se mélangent et se rapprochent, les gens émigrent et bougent. Nous savons qu'à l'heure présente, des gens tuent et s'entretuent à cause de leur religion partout dans le monde, faisant fi de « Tu ne tueras point », commandement de la Loi qui, comme nous le montre avec profit Calvin, va loin..Aimer, c'est connaître, c'est comprendre, c'est aider à vivre, ...c'est le contraire de tuer.

 

Tant que l'on n'aura pas admis :

1) que personne ne sait rien sur l'Au-delà, ...ou peut-être autant que la fourmi qui regarde une planète éloignée.

2) que les religions ne sont que des approches spirituelles pour essayer de mieux le cerner, de faire le pont entre l'homme et l'Au-delà.

3) qu'aucune n'est, de loin, infaillible.

4) que chaque essai pour cerner cet au-delà a ses écueils et ses atouts

5) que les religions, à la base des civilisations, si elles se concurrencent, s'enrichissent l'une l'autre et enrichissent l'homme.

6) que l'on ne peut prétendre à aucune supériorité pour notre propre religion, ou formation spirituelle, car nous avons été enseignés le plus souvent dans une même voie dès notre enfance et que ces racines culturelles et affectives sont très puissantes, beaucoup plus puissantes que la raison.

 

Ce raisonnement devrait être la base de notre tolérance envers l'autre,  et pourtant rien n'est jamais gagné, si bien que certains aujourd'hui préfèrent ne pas avoir de religion, plutôt que de rentrer dans ce cycle infernal du fanatisme toujours possible. Mais à ce compte l'appauvrissement culturel est très grand, car l'homme ne peut se passer de spirituel ; à mon sens il redevient animal. Donc nous sommes dans le nœud gordien d'un choix épique.

 

Cultivons donc la tolérance, plante éminemment difficile à cultiver, en tous les cas pour moi, fragile, mais totalement nécessaire. Il faut bien avouer que, même si cet ouvrage, L'Institution de la religion chrétienne, extrêmement novateur pour son temps, est encore très riche et « nourrissant » pour nous, réformés protestants qui l'avons toujours comme catéchisme de base, ce n'est pas là, au XXIe siècle, à l'heure de l'œcuménisme, que nous trouverons des leçons de tolérance.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article