260 – « L’Institution de la religion chrétienne » . II,10. – L’A.T. et le N. T. – Ressemblances…

Publié le par marike.over-blog.com

11 07 09


260 – « L’Institution » de J. Calvin. II,10 – L’Ancien et le Nouveau Testament – Ressemblances…


Il n’est pas possible aujourd’hui d’avoir comme socle de  foi un tel livre dans sa totalité ; on doit en extraire de bons morceaux choisis, fruits d’une grande culture, et d’une bonne réflexion, mais on doit « oublier » des propos  fanatiques, confus, contradictoires et non suffisamment étayés.


Je prends comme exemple « négatif » ce passage p. 366 :


L’erreur de ce monstre de Servet et de certains anabaptistes, qui n’ont pas plus d’estime pour le peuple d’Israël que s’il était un troupeau de pourceaux, puisqu’ils pensent que le Seigneur a limité sa vie à la terre et ne lui a accordé aucune espérance en ce qui concerne la vie éternelle.


Calvin, emporté par sa passion, fait parler Michel Servet et les anabaptistes comme il l’entend, profitant bien de ce qu’ils ne peuvent lui répondre dans ce livre.

Pour moi, je répondrai à Calvin à partir de ma maigre science : Tout le monde instruit de son époque connaissait sans doute les croyances juives, que je vais rappeler ici, à partir des articles de Wikipedia sur ces questions, que je résume :
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Les Juifs croient à une vie des âmes après la mort, mais se divisent à propos de la résurrection des morts et du treizième article de foi de Maïmonide, que voici :

13 - Je crois d'une foi entière que la résurrection des morts se produira au moment voulu par le Créateur, que Son Nom soit béni, et que Son souvenir soit exalté pour toujours, à jamais.

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Nous avons déjà vu que Calvin extrapole en faisant vivre Jésus-Christ partout dans l’Ancien Testament, alors qu’on n’y parle jamais que d’un « Messie » dont on ignore tout par ailleurs, sauf qu’il sauvera le peuple juif. Par lui les chrétiens s’approprient donc l’Ancien Testament, qui n’appartient qu’aux Juifs. Toutefois toute interprétation, toute hypothèse est permise, mais à condition de dire que c’est une interprétation, une hypothèse, ici chrétienne. Cela me semble une simple honnêteté. Je passerai donc rapidement sur ce chapitre, pour ne retenir que ce qui convient à notre vérité aujourd’hui.

 

Ainsi Calvin joue sur le mot Parole, avec un P majuscule, et entretient la confusion (p. 371) Les Juifs n’ont que faire de la Trinité, et je suis tentée de dire : moi avec eux !


Comme Abraham, Isaac, Noé, Abel, Adam et les autres patriarches ont adhéré à Dieu par l’illumination de sa Parole…

 

Une petite once de franchise pourtant ( !) :


Si cela semble un peu obscur, voyons en quoi consiste la substance même de l’Alliance… (p. 372)

 

Ensuite nous retrouvons le Calvin que nous aimons, qui connaît parfaitement sa Bible et qui peut être honnête pour nous encore aujourd’hui ; c’est ainsi qu’il va nous donner une suite de citations de l’Ancien Testament prouvant la grandeur de l’âme juive, à l’écoute de son Dieu tout au long de son histoire (pp. 372 à 380).

 

P. 381, il recommence à prendre ses désirs pour des réalités :


David, en se moquant des fous, qui se complaisent dans leurs désirs mondains et provisoires, montrent que les sages doivent chercher une autre satisfaction, c’est à dire, évidemment, le mystère de la résurrection…

 

Or nous avons vu que les Juifs eux-mêmes ont toujours été très divisés au sujet de la résurrection…

 

A la page 382, Calvin nous présente une citation aussi belle que connue (aussi bien de Servet que des anabaptistes !), ne serait-ce que par le livret du Messie de Haendel :


Pour moi, je sais que mon Rédempteur est vivant,
Qu’à la fin il se lèvera sur la terre.

Oui, quand cette enveloppe de mon corps sera détruite,
Quand je serai dépouillé de ma chair,
Je verrai Dieu !
( A. T. Job 19. 25-27)

 

Cette citation confirme la croyance des Juifs en l’immortalité de l’âme, non en la résurrection.

Calvin appuie sa thèse que les Juifs croyaient en la résurrection sur Ezéchiel 37.4, mais il faut lire tout le passage pour voir que la promesse, logiquement symbolique, est pour tout le peuple d’Israël, alors déporté à Babylone (37. 21-23) ; en effet, au verset 21, rien ne dit que ce sont des morts dont il parle. C’est une grande promesse, une grande espérance pour l’avenir, mais on ne peut la limiter littéralement.

 

Calvin nous cite aussi ce passage d’Esaïe 26.19-21, dans le Cantique des rachetés :

(et je cite un passage précédent non relevé par Calvin : 26.13-14) :


O Eternel, notre Dieu, d’autres maîtres que toi ont dominé sur nous ; c’est grâce à toi seul que nous pouvons invoquer ton nom. Morts, ils ne revivront pas ;entrés au séjour des trépassés, ils ne se relèveront pas ; tu les as châtiés et détruits ; tu as anéanti jusqu’à leur souvenir.

…Fais donc revivre tes morts ; que les cadavres des miens se relèvent…car ta rosée, ô Dieu, est comme la rosée de l’aurore, et la terre fera renaître les trépassés.

 

 

Ainsi, comme le dit la définition de la foi des Juifs, l’idée de la résurrection est contestée, mais toutefois présente dans certains textes, soit symboliquement, soit réellement.

 

En effet, il ne faut pas confondre la pérennité de l’âme après la mort, de l’âme du juste, surtout, et la résurrection des corps. Est-ce ce que fait Calvin, quand il cite Daniel 12. 1-2 ?
Pour moi, ce qui m’importe, c’est l’âme, donc ces visions, ces images sont symboliques.


Nous conclurons donc que l’Ancien Testament ou l’alliance que Dieu a faite avec le peuple d’Israël ne concernait pas que les réalités terrestres. Elle comportait aussi de sûres promesses concernant la vie spirituelle et éternelle…

 

Puis Calvin cite Matthieu 8.11 et Actes 3.25 pour marquer l’extension chrétienne de la promesse au monde, et la place privilégiée des Juifs dans l’héritage chrétien.

 

Enfin Calvin, comme l’ont fait tant de chrétiens jusqu’à nos jours, cantonne malhonnêtement les Juifs dans une espérance uniquement terrestre, ce qui est faux, comme nous l'avons vu :


L’ignorance que nous observons, aujourd’hui, dans le peuple juif, qui attend un royaume terrestre du Messie…(II Corinthiens 3.14-15. Lire tout le passage du voile )

 

En effet, les chrétiens représentent la Synagogue avec les yeux bandés car elle ne reconnaît pas Jésus-Christ comme Messie.

 

Calvin dans ce même chapitre semble donc se contredire parfois du tout au tout. A la fin, il parle du peuple juif comme il parlerait des Saducéens, qui ne croyaient ni à la résurrection ni à l'immortlité des âmes, mais ils ne sont qu'une partie du peuple juif :

 

Enfin,  Monsieur Calvin, les Juifs dans leur ensemble, et non les seuls Saduccéens, ont-ils une espérance uniquement terrestre, ou spirituelle ?

 

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