48. Un mot biblique d'un article / un poème correspondant : clin d'oeil. RI-CO-CHET

Publié le par Marike

Article 48. Clin d’oeil de la littérature aux Evangiles

RI-CO-CHET

J'écris un texte,
Je le lance,

comme un caillou plat à la surface de l'eau
fait jaillir des ondes,

des poèmes jaillissent de ma mémoire,
surviennent
d'un mystérieux ailleurs.

un poème ou une citation...

* thèmes par ordre alphabétique, suivi chacun de l'article correspondant
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AMOUR - PAIN - article 52

Les feuilles d'automne Victor Hugo

CE SIECLE AVAIT DEUX ANS.


Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang breton et lorrain à la fois
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,
C'est moi. -

Je vous dirai peut-être quelque jour
Quel lait pur, que de soins, que de vœux, que d'amour,
Prodigués pour ma vie en naissant condamnée,
M'ont fait deux fois l'enfant de ma mère obstinée,
Ange qui sur trois fils attachés à ses pas
Épandait son amour et ne mesurait pas !
Ô l'amour d'une mère ! amour que nul n'oublie !

Pain merveilleux qu'un dieu partage et multiplie !
Table toujours servie au paternel foyer !
Chacun en a sa part et tous l'ont tout entier !

Je pourrai dire un jour, lorsque la nuit douteuse
Fera parler les soirs ma vieillesse conteuse,
Comment ce haut destin de gloire et de terreur
Qui remuait le monde aux pas de l'empereur,
Dans son souffle orageux m'emportant sans défense,
A tous les vents de l'air fit flotter mon enfance.
Car, lorsque l'aquilon bat ses flots palpitants,
L'océan convulsif tourmente en même temps
Le navire à trois ponts qui tonne avec l'orage,
Et la feuille échappée aux arbres du rivage !

Maintenant, jeune encore et souvent éprouvé,
J'ai plus d'un souvenir profondément gravé,
Et l'on peut distinguer bien des choses passées
Dans ces plis de mon front que creusent mes pensées.
Certes, plus d'un vieillard sans flamme et sans cheveux,
Tombé de lassitude au bout de tous ses vœux,
Pâlirait s'il voyait, comme un gouffre dans l'onde,
Mon âme où ma pensée habite, comme un monde,
Tout ce que j'ai souffert, tout ce que j'ai tenté,
Tout ce qui m'a menti comme un fruit avorté,
Mon plus beau temps passé sans espoir qu'il renaisse,
Les amours, les travaux, les deuils de ma jeunesse,
Et quoiqu'encore à l'âge où l'avenir sourit,
Le livre de mon cœur à toute page écrit !

Si parfois de mon sein s'envolent mes pensées,
Mes chansons par le monde en lambeaux dispersées ;
S'il me plaît de cacher l'amour et la douleur
Dans le coin d'un roman ironique et railleur ;
Si j'ébranle la scène avec ma fantaisie,
Si j'entre-choque aux yeux d'une foule choisie
D'autres hommes comme eux, vivant tous à la fois
De mon souffle et parlant au peuple avec ma voix ;
Si ma tête, fournaise où mon esprit s'allume,
Jette le vers d'airain qui bouillonne et qui fume
Dans le rythme profond, moule mystérieux
D'où sort la strophe ouvrant ses ailes dans les cieux ;
C'est que l'amour, la tombe, et la gloire, et la vie,
L'onde qui fuit, par l'onde incessamment suivie,
Tout souffle, tout rayon, ou propice ou fatal,
Fait reluire et vibrer mon âme de cristal,
Mon âme aux mille voix, que le Dieu que j'adore
Mit au centre de tout comme un écho sonore !

D'ailleurs j'ai purement passé les jours mauvais,
Et je sais d'où je viens, si j'ignore où je vais.
L'orage des partis avec son vent de flamme
Sans en altérer l'onde a remué mon âme.
Rien d'immonde en mon cœur, pas de limon impur
Qui n'attendît qu'un vent pour en troubler l'azur !

Après avoir chanté, j'écoute et je contemple,
A l'empereur tombé dressant dans l'ombre un temple,
Aimant la liberté pour ses fruits, pour ses fleurs,
Le trône pour son droit, le roi pour ses malheurs ;
Fidèle enfin au sang qu'ont versé dans ma veine
Mon père vieux soldat, ma mère vendéenne !

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BAPTEME DE CONVERSION - article 4

POLYEUCTE - Acte IV, Scène 2 - Les Stances


Avant son martyre, le chrétien Polyeucte jette un regard vers son passé, vers Pauline, celle qu'il aime, fille du sénateur romain Félix, gouverneur d'Arménie, sous l'autorité de l'empereur Décie.

Source délicieuse, en misères féconde,
Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés ?
Honteux attachements de la chair et du monde,
Que ne me quittez-vous, quand je vous ai quittés ?
Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre :
Toute votre félicité,
Sujette à l’instabilité,
En moins de rien tombe par terre,
Et comme elle a l’éclat du verre,
Elle en a la fragilité.

Ainsi n’espérez pas qu’après vous je soupire.
Vous étalez en vain vos charmes impuissants ;
Vous me montrez en vain, par tout ce vaste empire,
Les ennemis de Dieu pompeux et florissants.
Il étale à son tour des revers équitables
Par qui les grands sont confondus ;
Et les glaives qu’il tient pendus
Sur les plus fortunés coupables
Sont d’autant plus inévitables,
Que leurs coups sont moins attendus.

Tigre altéré de sang, Décie impitoyable,
Ce Dieu t’a trop longtemps abandonné les siens ;
De ton heureux destin vois la suite effroyable :
Le Scythe va venger la Perse et les Chrétiens ;
core un peu plus outre, et ton heure est venue ;
Rien ne t’en saurait garantir ;
Et la foudre qui va partir,
Toute prête à crever la nue,
Ne peut plus être retenue
Par l’attente du repentir.

Que cependant Félix m’immole à ta colère ;
Qu’un rival plus puissant éblouisse ses yeux ;
Qu’aux dépens de ma vie il s’en fasse beau-père,
Et qu’à titre d’esclave il commande en ces lieux :
Je consens, ou plutôt j’aspire à ma ruine.
Monde, pour moi tu n’as plus rien :
Je porte en un cœur tout chrétien
Une flamme toute divine ;
Et je ne regarde Pauline
Que comme un obstacle à mon bien.

Saintes douceurs du ciel, adorables idées,
Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir :
De vos sacrés attraits les âmes possédées
Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir.
Vous promettez beaucoup, et donnez davantage :
Vos biens ne sont point inconstants,
Et l’heureux trépas que j’attends
Ne vous sert que d’un doux passage
Pour nous introduire au partage
Qui nous rend à jamais contents.
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CHEMIN - Article 3

Francis Jammes

PRIERE POUR ALLER AU PARADIS AVEC LES ANES


Lorsqu'il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir
un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j'irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai : " Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d'un brusque mouvement d'oreille,
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles."
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête
doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits pieds
d'une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles,
suivi de ceux qui portent au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l'on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s'y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu'avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel.
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COLOMBE - Article 7

CHARMES Paul Valéry


LE CIMETIERE MARIN (les deux premières strophes)

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
tre les pins palpite, entre les tombes ;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée !
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux !

Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir !
Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir...
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ENFANT1 - article 76 -

Voir le second poème (ENFANT 2)
à l'article 76

FEUILLES D'AUTOMNE

"Lorsque l'enfant paraît..." Victor Hugo


Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.

La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.

Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l'auréole d'or !

Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur !

Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !

Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !

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EPI - article 28

EVE 1913 Charles Péguy


Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés !

Réf. sur la toile : extrait : "Les épis mûrs" www.gers.pref.gouv.fr/acvg/documents/epis.htm

(les guerres sont aussi spirituelles...)
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ESTHER - II, 7 - article 74 Racine

"ASSUERUS
Croyez-moi chère Esther, ce sceptre, cet empire,
et ces profonds respects que la terreur inspire,
A leur pompeux éclat mêlent peu de douceur,
Et fatiguent souvent leur triste possesseur.
Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grâce
Qui me charme toujours et jamais ne me lasse.
De l'aimable vertu doux et puissants attraits !
Tout respire en Esther l'innocence et la paix.
Du chagrin le plus noir elle écarte les ombres,
Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres..."

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LAMPE - Article 37 -

(voir aussi à cet article 37 une citation des "Pensées" de Pascal pour le mot "lampe".)

Edmond Rostand

"L'Hymne au Soleil" CHANTECLER


Je t'adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
Se divise et demeure entière
Ainsi que l
'amour maternel !

Je te chante, et tu peux m'accepter pour ton prêtre,
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
L'humble vitre d'une fenêtre
Pour lancer ton dernier adieu !

Tu fais tourner les tournesols du presbytère,
Luire le frère d'or que j'ai sur le clocher,
Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,
Tu fais bouger des ronds par terre
Si beaux qu'on n'ose plus marcher !

Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !
Sois béni parmi l'herbe et contre les portails !
Dans les yeux des lézards et sur l'aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes
Et qui fais les petits détails!

C'est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre
Qui se couche et s'allonge au pied de ce qui luit,
De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,
A chaque objet donnant une ombre
Souvent plus charmante que lui !


Je t'adore, Soleil ! Tu mets dans l'air des roses,
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
Tu prends un arbre obscur et tu l'apothéoses !
Ô Soleil ! toi sans qui les choses
Ne seraient que ce qu'elles sont !

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MER (30, 11,24, 35, 40, 41, 53)... / TERRE (30, 31, 35, 36, 38, 39, 41, 42, 47, 53...)


LE CANTIQUE DES CREATURES - CANTICO DELLA CREATURE - François d'Assise

(texte original en ombrien suivi de la traduction française)

Altissimu onnipotente bon signore. tue so le laude la gloria e l onore et onne benedictione. Ad te solo altissimo se konfano. et nullu homo ene dignu te mentouare.
Très-haut, tout puissant, bon seigneur
à toi soient la louange, la gloire, l'honneur et toute bénédiction
à toi seul, très haut, ils conviennent
et nul homme n'est digne de te nommer.

Laudato sie mi signore cum tucte le tue creature spetialmente messor lo frate sole. lo quale iorno et allumini per loi. Et ellu e bellu e radiante cum grande splendore. de te altissimo porta significatione.
Loué sois-tu, mon seigneur, avec toutes tes créatures
spécialement messire le frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière ;
il est beau, et rayonnant d'une grande splendeur,
de toi, très haut, il est le symbole.

Laudato si mi signore per sora luna e le stelle. in celu l ai formate et pretiose et belle.
Loué sois-tu, mon seigneur, pour soeur lune et les étoiles.
Dans le ciel tu les as formées précieuses et belles.

Laudato si mi signore per frate uento et per aere et nubilo et sereno et onne tempo. per lo quale a le tue creature dai sustentamento.
Loué sois-tu, mon seigneur, pour frère vent, pour l'air ,
pour les nuages, pour le temps calme et pour tous les temps.
Grâce à eux tu maintiens en vie tes créatures.

Laudato si mi signore per sor acqua. la quale e multo utile et humile et pretiosa. et casta.
Loué sois-tu, mon seigneur pour soeur eau, qui est très utile , humble, précieuse et chaste.

Laudato si mi signore per frate focu. per lo quale ennallumini la nocte. ed ello e bello et iucundo et robusto et forte.
Loué sois-tu mon seigneur pour frère feu, par qui tu illumines la nuit. Il est beau et jeune,
robuste et fort.


Laudato si mi signore per sora nostra matre terra. la quale ne sustenta et gouerna. et produce diuersi fructi con coloriti fiore et herba.
Loué sois-tu, mon seigneur, pour notre soeur la terre mère,
qui nous nourrit , qui nous gouverne,
et qui produit des fruits divers,
avec des fleurs colorées et des herbes.

Laudato si mi signore per quelli ke perdonano per lo tue amore. et sostengo infirmitate et tribulatione. beati quelli ke l sosterranno in pace. ka da te altissimo sirano incoronati.
Loué sois-tu mon seigneur, pour ceux
qui nous pardonnent par ton amour,
qui supportent les infirmités et les épreuves
heureux ceux qui les suporteront en paix
car par toi, très haut, ils seront couronnés.

Laudato si mi signore per sora nostra morte corporale. da la quale nulla homo uiuente po skappare. guai a cquelli ke morrano ne le peccata mortali. beati quelli ke trouara ne le tue sanctissime uoluntati ka la morte secunda nol farra male.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre soeur la mort corporelle,
à qui nul homme vivant ne peut échapper,
malheur à ceux qui meurent en péché mortel,
heureux ceux qu'elle trouvera faisant ta volonté
car la seconde mort ne pourra leur nuire.

Laudate et benedicete mi signore et rengratiate et seruiteli cum grande humilitate.
Louez et bénissez mon seigneur, rendez-lui grâce et servez-le avec une grande humilité.
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LEPREUX - ARTICLE 18 - Paul Claudel

L'ANNONCE FAITE A MARIE

Prologue (extraits)

(L'architecte de cathédrales, Pierre de Craon, a essayé de violenter Violaine et a contracté la lèpre. Il la retrouve...Violaine aime Jacques à qui elle est promise.)
...
PIERRE DE CRAON
Jadis passant dans la forête de Fismes j'ai entendu deux beaux chênes qui parlaient entre eux,
Louant Dieu qui les avait faits inébranlables à la place où ils étaient nés.
Maintenant à la proue d'une drome, l'un fait la guerre aux Turcs sur la mer Océane,
L'autre, coupé par mes soins, au travers de la tour de Laon
Soutient Jehanne la bonne cloche dont la voix s'entend à dix lieues.
Jeune fille, dans mon métier, on n'a pas les yeux dans sa poche.
Je reconnais la bonne pierre sous les génévriers et le bon bois comme un maître-pivert :
Tout de même : les hommes et les femmes.

VIOLAINE
Mais pas les jeunes filles, maître Pierre ! Ca, c'est trop fin pour vous.
Et d'abord il n'y a rien à connaître du tout.

PIERRE DE CRAON,
à demi-voix
Vous l'aimez bien, Violaine ?

VIOLAINE,
les yeux baissés
C'est un grand mystère entre nous deux.

PIERRE DE CRAON
Bénie sois-tu dans ton chaste coeur !
La sainteté n'est pas d'aller se faire lapider chez les Turcs ou de baiser un
lépreux sur la bouche,
Mais de faire le commandement de Dieu aussitôt qu'il soit
De rester à notre place ou de monter plus haut.

VIOLAINE
Ah ! que ce monde est beau et que je suis heureuse !

PIERRE DE CRAON,
à demi-voix
Ah! que ce monde est beau et que je suis malheureux ! ...
____________________
MORT - articles 64 - 65

"L'Hirondelle et les petits oiseaux", Fable I, 8, de La Fontaine

Une Hirondelle en ses voyages
Avait beaucoup appris.
Quiconque a beaucoup vu
Peut avoir beaucoup retenu.
Celle-ci prévoyait jusqu'aux moindres orages,
Et devant qu'ils fussent éclos,
Les annonçait aux Matelots.
Il arriva qu'au temps que le chanvre se sème,
Elle vit un manant en couvrir maints sillons.
"Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux Oisillons :
Je vous plains ; car pour moi, dans ce péril extrême,
Je saurai m'éloigner, ou vivre en quelque coin.
Voyez-vous cette main qui par les airs chemine ?
Un jour viendra, qui n'est pas loin,
Que ce qu'elle répand sera votre ruine.
De là naîtront engins à vous envelopper,
Et lacets pour vous attraper,
Enfin mainte et mainte machine
Qui causera dans la saison
Votre mort ou votre prison :
Gare la cage ou le chaudron !
C'est pourquoi, leur dit l'Hirondelle,
Mangez ce grain; et croyez-moi. "
Les Oiseaux se moquèrent d'elle :
Ils trouvaient aux champs trop de quoi.
Quand la chènevière fut verte,
L'Hirondelle leur dit : "Arrachez brin à brin
Ce qu'a produit ce maudit grain,
Ou soyez sûrs de votre perte.
- Prophète de malheur, babillarde, dit-on,
Le bel emploi que tu nous donnes !
Il nous faudrait mille personnes
Pour éplucher tout ce canton. "
La chanvre étant tout à fait crue,
L'Hirondelle ajouta : "Ceci ne va pas bien;
Mauvaise graine est tôt venue.
Mais puisque jusqu'ici l'on ne m'a crue en rien,
Dès que vous verrez que la terre
Sera couverte, et qu'à leurs blés
Les gens n'étant plus occupés
Feront aux oisillons la guerre ;
Quand reginglettes et réseaux
Attraperont petits Oiseaux,
Ne volez plus de place en place,
Demeurez au logis, ou changez de climat :
Imitez le Canard, la Grue, et la Bécasse.
Mais vous n'êtes pas en état
De passer, comme nous, les déserts et les ondes,
Ni d'aller chercher d'autres mondes ;
C'est pourquoi vous n'avez qu'un parti qui soit sûr :
C'est de vous renfermer aux trous de quelque mur. "
Les Oisillons, las de l'entendre,
Se mirent à jaser aussi confusément
Que faisaient les Troyens quand la pauvre Cassandre
Ouvrait la bouche seulement.
Il en prit aux uns comme aux autres :
Maint oisillon se vit esclave retenu.
Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres,
Et ne croyons le mal que quand il est venu.

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NUIT - HERBE Article 38 - IV, 27

Lettres de mon moulin ? Alphonse Daudet

NUIT DE PROVENCE

Si vous avez jamais passé la nuit à la belle étoile, vous savez qu'à l'heure où nous dormons, un monde mystérieux s'éveille dans la solitude et le silence. Alors les sources chantent bien plus clair, les étangs allument de petites flammes. Tous les esprits de la montagne vont et viennent librement ; et il y a dans l'air des frôlements, des bruits imperceptibles, comme si l'on entendait les branches grandir, l'herbe pousser. Le jour c'est la vie des êtres ; mais la nuit, c'est la vie des choses.
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"Ô NUIT, ô ma fille la Nuit" - extrait de : "Le porche du mystère de la deuxième vertu" -     Charles Péguy

...

Ô nuit, ô ma fille la Nuit, toi qui sais te taire, ô ma fille au beau manteau.
Toi qui verses le repos et l'oubli. Toi qui verses le baume, et le silence, et l'ombre
Ô ma nuit étoilée je t'ai créée la première.
Toi qui endors, toi qui ensevelis déjà dans une Ombre éternelle
Toutes mes créatures
Les plus inquiètes, le cheval fougueux, la fourmi laborieuse,
Et l'homme, ce monstre d'inquiétude.
Nuit qui réussis à endormir l'homme
Ce puits d'inquiétude.
Comme tu endors l'eau du puits...
Ô ma fille étincelante et sombre, je te salue...

... Moi seul je ne pouvais pas ensevelir mon fils.
C'est alors, ô nuit que tu vins. Ô ma chère fille entre toutes et je le vois encore et je verrai cela dans mon éternité
C'est alors Ô Nuit que tu vins et dans un grand linceul tu ensevelis
Le Centenier et ses hommes romains,
La Vierge et les saintes femmes,
Et cette montagne, et cette vallée, sur qui le soir descendait,
Et mon peuple d'Israël et les pécheurs et ensemble celui qui mourait, qui était mort pour eux

Et les hommes de Joseph d'Arimathée qui déjà s'approchaient

Portant le linceul blanc.


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LE PHARISIEN comparé au Rat ci-dessous - article 55

Le Rat qui s'est retiré du monde Fable La Fontaine.

Les Levantins en leur légende
Disent qu'un certain Rat las des soins d'ici-bas,
Dans un fromage de Hollande
Se retira loin du tracas.
La solitude était profonde,
S'étendant partout à la ronde.
Notre ermite nouveau subsistait là-dedans.
Il fit tant de pieds et de dents
Qu'en peu de jours il eut au fond de l'ermitage
Le vivre et le couvert : que faut-il davantage ?
Il devint gros et gras ;
Dieu prodigue ses biens
A ceux qui font voeu d'être siens.

Un jour, au dévot personnage
Des députés du peuple Rat
S'en vinrent demander quelque aumône légère :
Ils allaient en terre étrangère
Chercher quelque secours contre le peuple chat ;
Ratopolis était bloquée :
On les avait contraints de partir sans argent,
Attendu l'état indigent
De la République attaquée.
Ils demandaient fort peu, certains que le secours
Serait prêt dans quatre ou cinq jours.
Mes amis, dit le Solitaire,
Les choses d'ici-bas ne me regardent plus :
En quoi peut un pauvre Reclus
Vous assister ? que peut-il faire,
Que de prier le Ciel qu'il vous aide en ceci ?
J'espère qu'il aura de vous quelque souci.
Ayant parlé de cette sorte.
Le nouveau Saint ferma sa porte.
Qui désignai-je, à votre avis,
Par ce Rat si peu secourable ?
Un Moine ? Non, mais un Dervis :
Je suppose qu'un Moine est toujours charitable.

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POUSSIERE - EAU - Article 47, VI, 11 - 40

LA TEMPETE William Shakespeare

I, 2 - Chanson d'Ariel Traduction

Full fathom five thy father lies ; A cinq brasses sous l'eau gît ton père
Of his bones are coral made Ses os sont devenus corail
Those are pearls that were his eyes Et ces perles furent ses yeux
Nothing of him that doth fade, Tout ce qui passe en lui
But doth suffer a sea-change A subi mutation marine
Into something rich and strange. En quelque chose de riche et d'étrange.
Sea-Nymphs hourly ring his Knell : Les Nymphes de la mer à chaque heure sonnent son glas
[burden : ding-dong [le bourdon : ding-dong
Hark ! now I hear them, -ding-dong, bell. Attention ! maintenant je les entends, -ding-dong, la cloche.


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PRIERE - ARTICLE 70 - IX, 29

PRIERE SIMPLE François d'Assise

Oh ! Signore, fa di me un instrumento della tua Pace :
O ! Seigneur, fais de moi un instrument de ta Paix :
Dove è odio, fa ch'io porti l'Amore. Là où il y a la haine, que je mette l’Amour.
Dove è offesa, ch'io porti il Perdono.Là où il y a l’offense, que je mette le Pardon.
Dove è discordia, ch'io porti l'Unione. Là où il y a la discorde, que je mette l’Union.
Dove è dubbio, ch'io porti la Fede. Là où il y a le doute, que je mette la Foi.
Dove è errore, ch'io porti la Verita. Là où il y a l’erreur , que je mette la Vérité.
Dove è disperazione, ch'io porti la Speranza. Là où il y a le désespoir, que je mette l’Espérance.
Dove è tristezza, ch'io porti la Gioia. Là où il y a la tristesse, que je mette la Joie.
Dove sono le tenebre, ch'io porti la Luce. Là où il y a les Ténèbres, que je mette la Lumière.
**

Oh ! Maestro, fa ch'io non cerchi tanto : 0h, Maître ! Fais que je ne cherche pas tant :
Ad essere consolato, quanto a consolare. D’être consolé, que de consoler.
Ad essere compreso, quanto a comprendere. D’être compris, que de comprendre.
Ad essere amato, quanto ad amare. D’être aimé, que d’aimer.

Poiché : Parce que :
Si è : Dando, che si riceve ; C’est en donnant, que l’on reçoit ;
Perdonando che si è perdonati ; En pardonnant, que l’on est pardonné ;
Obliando che si trova ; En s’oubliant, que l’on se trouve
Morendo, che si resuscita a Vita eterna. En mourant, que l’on ressuscite à l’Eternelle Vie
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SAUTERELLE - Article 5

EPIGRAMME FUNERAIRE José Maria de Hérédia


Ici gît, Étranger, la verte sauterelle
Que durant deux saisons nourrit la jeune Hellé,
Et dont l'aile vibrant sous le pied dentelé
Bruissait dans le pin, le cytise ou l'airelle.

Elle s'est tue, hélas ! la lyre naturelle,
La muse des guérets, des sillons et du blé ;
De peur que son léger sommeil ne soit troublé,
Ah ! passe vite, ami, ne pèse point sur elle.

C'est là. Blanche, au milieu d'une touffe de thym,
Sa pierre funéraire est fraîchement posée.
Que d'hommes n'ont pas eu ce suprême destin !

Des larmes d'un enfant sa tombe est arrosée,
Et l'Aurore pieuse y fait chaque matin
Une libation de gouttes de rosée.
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