121. Marc. 15. 42 à 47. Lecture commentée. La sépulture de Jésus

Publié le par marike.over-blog.com

Article 121. Bible. Evangile selon Saint Marc 15. 42 à 47. Lecture suivie et détaillée, verset par verset.  Juste après la mort de Jésus. lecture des compléments dans les autres évangiles, ici :  Mt. XXVII, 57 à 61 ; Lc. XXIII, 50 à 56 ; J. XIX. 38 à 42.

XV, 42
Déjà il se faisait tard1, et, comme c’était un jour de préparation, c’est à dire une veille de sabbat2, 
- XV, 43 - Joseph d’Arimathée3, membre estimé du Grand Conseil4, qui, lui aussi, attendait le Royaume de Dieu, alla hardiment se présenter à Pilate et lui demanda le corps de Jésus.

NOTES
1 - TOB : « Les Romains ne se souciaient pas de l’ensevelissement des condamnés. La loi juive, au contraire, ordonnait d’enterrer un supplicié avant le lever du soleil. »

2 - une veille de sabbat : un vendredi, où l’on peut vaquer à ses occupations, sauf le jour du repos de l’Eternel, selon le Décalogue : le samedi ou sabbat pour les Juifs, le dimanche pour les chrétiens ( Lc. XXIII, 55-56)

3 – Arimathée : ville juive d’où était sans doute natif ce Joseph

4 – Sans doute le Grand Sanhédrin, institué au 2e s. avt J. C. Il siège au Temple, à Jérusalem,  deux fois par semaine et comprend 71 membres (les petits sanhédrins, de moindre importance, se trouvent dans les autres agglomérations du pays).

Il faut du courage pour se démarquer de la sorte, puisque le seul mépris pour Jésus est à l’ordre du jour au Sanhédrin. Il faut aussi être sûr de son impact personnel, de sa popularité, car un acte comme celui-là peut suffire pour être définitivement « disgracié »…mais  lui aussi attendait le Royaume de Dieu…

XV, 44
Surpris qu’il fût mort si tôt, Pilate fit appeler le centurion et lui demanda s’il était mort depuis longtemps. – XV, 45 - Informé par le centurion, il autorisa Joseph à disposer du corps pour l’ensevelissement.

Jésus a mis six heures pour mourir…Il devait être de constitution frêle ; on a vu précédemment qu’il n’avait pu porter sa croix, ni sa partie transversale. Par ailleurs l’Esprit ici dirige le corps, plus que chez aucun autre…

XV, 46
Celui-ci descendit le corps de la croix, l’enveloppa du linceul qu’il venait d’acheter et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, puis il roula une pierre contre la porte du tombeau.

L’archéologie aujourd’hui confirme de plusieurs manières ces faits sur le tombeau de Jésus : en effet, à Jérusalem, des sépulcres datant de cette époque sont taillés dans le roc et on roule une pierre circulaire de grande taille devant leur porte ; ils peuvent contenir plusieurs sépultures. On peut trouver des reproductions de tombeaux similaires sur la toile.

On voit combien, pour un croyant comme Joseph d’Arimathée, tout cela a de l’importance : il espère ainsi avoir Jésus dans son propre tombeau ; Matthieu ajoute : « (Il) le déposa dans un sépulcre neuf, qu’il avait fait tailler pour lui-même dans le roc ; puis il roula une grande pierre… » Luc précise (XXIII, 53) : « où personne encore n’avait été mis »

XV, 47
Or Marie-Madeleine et Marie, mère de Josès, regardaient où on le mettait.

Comme il a été précisé dans le précédent article, nulle part, sauf dans l’évangile de Jean, plus tardif, on ne trouve dans ces précisions trace de « Marie, mère du Seigneur »… Pourtant sur ce sujet, dans les trois évangiles synoptiques les précisions abondent, et l’on peut encore en voir dans  le verset suivant ... Marie, mère du Seigneur, ne reparaîtra vraiment qu'aux côtés de son fils Jacques, et avec les autres frères de Jésus, dans les Actes des Apôtres (1. 14), écrit par Luc...

- Résonances : l’ensevelissement

1) Le Porche du mystère de la deuxième vertu : le quatrième cahier de la XIIIe série des Cahiers de la quinzaine.1911.
Nuit…

Or tout homme a le droit d’ensevelir son fils.
Tout homme sur terre, s’il a ce grand malheur
De ne pas être mort avant son fils. Et moi seul, moi Dieu,
Les bras liés par cette aventure,
Moi seul à cette minute père après tant de pères,
Moi seul je ne pouvais pas ensevelir mon fils.
C’est alors ô nuit que tu vins.
O ma fille chère entre toutes et je le vois encore et je
verrai cela dans mon éternité
C’est alors ô Nuit que tu vins et dans un grand linceul
Tu ensevelis
Le Centenier et ses hommes romains,
La Vierge et les saintes femmes,
Et cette montagne, et cette vallée, sur qui le soir descendait,
Et mon peuple d’Israël et les pécheurs et ensemble celui qui mourait, qui était mort pour eux
Et les hommes de Joseph d’Arimathée qui déjà s’approchaient
Portant le linceul blanc…

                                        Charles Péguy (1873 – 1914)

2) L’Iliade (XXIII) (8e – 7e s. av. J. C.)
Et Achille[1] sanglote ; il invoque son ami : « Ne sois pas fâché contre moi, Patrocle, si, au fond de l’Hadès, tu apprends que j’ai rendu le divin Hector à son père, qui m’en a offert une honorable rançon. De celle-là, à toi aussi, je te donnerai la part qui convient. »
Ainsi dit le divin Achille, et, revenant à sa baraque, il s’assied sur le siège artistement ouvré, contre le mur du fond, d’où il s’était levé, et il dit à Priam :
« Ton fils t’est rendu, vieillard, ainsi que tu le demandes. Il est étendu sur un lit. Quand luira l’aube, tu le verras, en l’emmenant. »
                             
                                                                    Homère
(traduction Paul Mazon -Belles Lettres

[1] Lors de la guerre de Troie, le prince troyen Hector a tué Patrocle, le meilleur ami d’Achille, et le roi grec, Achille « semblable aux Dieux », pour venger Patrocle, a tué Hector                                                                                                      

3) Un mot / un poème : mort

Ancien  ou Premier Testament - Job VII, 6 :
« Mes jours sont partis plus vite que le fil de la toile n’est  brûlé par le tisserand et ils se sont écoulés sans me laisser aucune espérance… »

Le Testament

…Mes jours s’en sont allés errant
Comme, dit Job, d’une touaille
Font les filets, quand tisserand
En son poing tient ardente paille.
Lors, s’il y a nul bout qui saille,
Soudainement il le ravit.
Je ne crains plus que rien m’assaille,
Car à la mort tout s’assouvit…

François Villon (1431 – 1463 ?)

Références picturales :
La Descente de croix -
R. Van der Weyden
Le Christ Mort - Holbein
(Ici, l’homme Jésus est bien mort ; il n’y a pas trace de résurrection, comme le dit quelque part un critique).
L’Ensevelissement – Rembrandt
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Cet article est aussi inséré dans l’ensemble plus vaste de mon école du dimanche biblique entièrement sur la toile (sans doute la première...) :

819. Ecole du dimanche. Mars-Avril. 6e sem. Sépulture et résurrection du Christ
http://marike.over-blog.com/2017/10/819.ecole-du-dimanche.mars-avril.6e-sem.html 

868. Marc 14 à 16.  Ecole du dimanche. 3. Nov. 2e sem. Pâques (05 01 2018)
http://marike.over-blog.com/2018/01/868-marc-14-a-16-ec.du-dim.3-nov-2e-sem.html

(  Le premier article d’école du dimanche a le numéro 809, à l’adresse :
http://marike.over-blog.com/2017/09/809-ecole-du-dimanche-octobre-2017.html
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