132 - Article 19 (suite) - Recensions - Matérialisme et Spiritualité

Publié le par marike.over-blog.com

Voir additions au premier article 19, celui-ci en étant la suite, en particulier mes coordonnées personnelles.

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RECENSION DANS LIBRESENS (Fédération protestante de France (FPF) -   N° 160 - déc 2006- de :

 

I - ANTHOLOGIE DE LA PROSE FRANCAISE . T.1 - ISBN : 2-9520809-0-9

Du Moyen Age au vingtième siècle (1100-1900)

Chez l'auteur, 11 bis rue Florian, 78120 Rambouillet, 2005, 480 p. 26 € - port compris.

 

            Il s'agit du premier volume d'une « Anthologie de la prose française du Moyen Age au vingtième siècle ». c'est la première fois, précise l'auteur, dans sa préface, qu'un tel ouvrage est publié, alors que nombreuses sont les anthologies poétiques.

 

            Professeur de Lettres, l'auteur compose un instrument de travail pous ses étudiants. Dans une préface éclairante et très détaillée, elle précise ce qu'est pour elle la prose, par opposition ou comparaison avec la poésie. Il existe aussi -et c'est difficile à définir- un style qui, tout en étant poétique, s'apparente à la prose, et inversement : on en revient à Molière : « Tout ce qui est vers... » et au Bourgeois.

 

            Un index des thèmes permet au lecteur de s'orienter dans sa recherche.

 

            L'auteur a le souci de cadrer ses textes dans leur époque : au début de chaque chapitre consacré à un siècle se trouve un repère culturel concernant l'Histoire, les Arts, les Sciences, ainsi qu'un symbole artistique : reproduction d'oeuvre d'art en couleur : tableau, statue, château. Chaque siècle est introduit par une citation qui en résume l'axe essentiel.

 

            Qui dit anthologie dit choix de textes -et ce choix est forcément subjectif. Peut-on faire grief à l'auteur d'avoir privilégié tel écrivain, d'avoir négligé tel autre, au point qu'il semble un écrivain de second ordre ? L'auteur du manuel connaît son lectorat, sans doute d'abord ses étudiants. Est-ce à eux que l'ouvrage s'adresse en premier lieu ? Cependant un large public y trouvera matière à réflexion. Le XVIIIe siècle est très riche en extraits d'auteurs qui ne sont pas mentionnés dans les manuels scolaires : par exemple Bayle, Buffon, D'Alembert, d'Holbach, Julie de Lespinasse. L'auteur présente le XVIIIe siècle  comme l'âge de la prose par excellence : c'est le siècle de la réflexion et la prose en est l'instrument idéal.

 

            Au XIXe siècle, c'est la poésie qui l'emporte, mais la prose poétique (Chateaubriand, Nerval, Baudelaire) est riche de possibilités incomparables. L'auteur semble privilégier ces deux siècles, dissemblables et complémentaires, et déjà si proches de notre actuelle vision du monde.

 

            Tel quel, cet ouvrage bien présenté, clair, permet au chercheur une réflexion sur la richesse de la prose française à travers notre littérature. Il y fera aussi sans doute bien des découvertes.

                                                                                                                            Paule Baltzinger

 

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II - ETUDE DES EVANGILES suivi de : LES EVANGILES ET L'ECOLOGIE" I

SBN-10 : 229601304X - ISBN-13 : 978-2296013049 ( L'Harmattan - coll. chrétiens autrement - sept. 2006 - 155 pages - 14,50 €)

1) Recension dans « QUELQUES NOUVELLES » (n° 197 - fév. 2007 - http://legaut.phpnet.org), par Jacques Musset, dans la revue de l'association Marcel Légaut. "Professeur de lettres, depuis toujours vivement intéressée par le christianisme, l'auteur a éprouvé le besoin au moment de sa retraite de travailler de près les Evangiles en analysant les textes selon les méthodes de lecture valables pour n'importe quelle œuvre littéraire. A travers cette entreprise menée minutieusement, l'enjeu était vital pour elle, il s'agissait de se réapproprier Jésus de Nazareth autant qu'il est possible de le faire. Jésus est en effet une éminente source d'inspiration dans la conduite de sa vie. Ce que j'ai apprécié, en lisant l'ouvrage de M.C. WEBER-LEFEUVRE*, c'est d'abord la passion de son auteur à comprendre la signification des vieux textes évangéliques écrits il y a vingt siècles dans des contextes culturels, sociaux, économiques, religieux et politiques très différents des nôtres. Ce n'est pas courant qu'une laïque se consacre à ce travail. C'est dire sa forte motivation. C'est aussi la rigueur intellectuelle avec laquelle elle a conduit son enquête : cette exigence l'a accompagnée tout au long de son étude critique qui passe en revue, en les comparant, l'essentiel des textes évangéliques. Le Jésus auquel elle parvient n'est pas, et de loin, celui des dogmes catholiques. Ce n'est pas un parti pris d'opposition mais le résultat de ses investigations, menées avec honnêteté, sans préjugés, avec comme équipement sa compétence dans l'approche des textes littéraires. On peut ne pas la suivre en tous points mais on doit lui reconnaître un réel souci d'écouter les textes évangéliques à partir des différents angles où elle se place pour entendre leur message. Sa recherche n'est pas close ! En publiant le résultat de sa recherche, M.C. WEBER-LEFEUVRE* pense que ses commentaires rencontreront des échos chez certains de ses lecteurs. Le premier service qu'elle peut leur rendre est, à mon sens, de les stimuler à se mettre eux-mêmes au travail, avec la même ardeur et les mêmes exigences. Trop peu de gens y consentent, hélas. En même temps elle leur rappellera que, s'il s'agit de ne négliger aucune approche dans les textes évangéliques, au bout du compte l'essentiel est de vivre le texte de l'intérieur, c'est à dire de le personnaliser au détriment de tout ce que les siècles y ont ajouté... tout en laissant la place au Mystère et à l'Inconnaissable."

Jacques MUSSET - 12 rue du Ballon - 44680 - Sainte-Pazanne


2) Jean-Claude Barbier -

Groupe de discussion : "Unitariens francophones" (http://fr.groups.yahoo.com/group/unitariens_francophones/) - Le 13 09 06 -

Bonjour à tous. Je viens de recevoir un livre qui m'a très sincèrement touché. C'est celui de Marie-Claire Weber-Lefeuvre " Etude des évangiles " paru dans la collection " Chrétiens autrement " de l'Harmattan (Paris) (http://www.librairieharmattan.com). L'auteur me l'a envoyé et je l'ai lu passionnément. Bien que ce livre ait commencé par une étude comparée il y a de cela plusieurs années, de la part d'une professeur des lettres experte en analyse textuelle, il va bien au-delà d'une simple analyse puisqu'il s'interroge sur le destin du christianisme, sur ses dogmes, et, surtout, c'est la connaissance sensible de Jésus et de ses contemporains qui est au cœur de sa quête et que nous pouvons avoir grâce à ces documents - à la condition bien entendu de les lire avec intelligence. Notre bulletin " Correspondance unitarienne " publiera prochainement un magnifique " credo " de l'auteur (intitulé " nouveau credo ", p. 143 de l'ouvrage), genre littéraire qui se multiplie actuellement sous un mode personnel, ce qui nous vaut de très beaux textes. Déjà nous avions reçu le " credo laïque " de Marianne Putallaz, qui fut publié en dos de couverture du n° de Théolib consacré à " Faust Socin ou la Réforme libérale " n° 27, septembre 2004. En voici donc un autre d'une aussi noble facture, s'appuyant lui aussi sur une belle expérience et une liberté de pensée exigeante. Tant qu'il y aura des chrétiens de cette trempe, le christianisme ne sera pas mort ! Connaissez-vous l'oiseau qu'on appelle Phenix ? oiseau fabuleux de la mythologie égyptienne dont la particularité était de renaître de ses cendres. Il devint le symbole de l'immortalité.

Contrairement à la chrétienté qui s'appuie sur de fortes institutions, une architecture de dogmes et un encadrement de la population, le christianisme libre que les unitariens vivent se rattache directement à Jésus, notre maître spirituel pour ceux qui s'en sentent le disciple. Or c'est un maître spirituel qui a l'avantage de traverser allègrement les siècles comme d'autres traverseraient les murs de maisons. C'est là le véritable secret du christianisme : cet attachement à la fois entier et lucide à une personne qu'on aime pour ce qu'elle a dit et fait et dont le succès ne faiblit pas à travers les siècles et les cultures. Et çà, pour reprendre une expression à la mode, c'est du développement durable ! Jean-Claude, lui aussi passionné de Jésus.


2) le « Credo » de la page 143 est repris dans « Correspondance unitarienne » de décembre 2006 - n° 62 -

 

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MATERIALISME ET SPIRITUALITE...

 

(à partir d'une discussion sur http://fr.groups.yahoo.com/group/unitariens_francophones/

Messages n° 4328 - 4334 - 4336)

 

...Font-ils bon ménage ensemble ? Sans m'y connaître, je le précise -et qui a la prétention de s'y connaître ?- je peux m'essayer à y réfléchir.

A première vue ces deux mots sont de parfaits opposés.

 

L'un tourne son regard vers la terre en essayant de rendre l'homme matériellement heureux, à l'image des animaux : « manger,  boire et dormir », comme dit Rabelais des petits enfants, sans se préoccuper de la mort, qu'on évacue de la pensée car elle nous dépasse et elle fait peur, sans regarder au-delà, regard qui est le propre de la noblesse de notre condition. Si l'homme est matériellement heureux, semble dire cette doctrine, que chercher d'autre ?

 

L'autre semble dire : nous ne sommes pas que des hommes -machines, que des animaux, tels les compagnons d'Ulysse, pris par leur désir pour le monde créé par l'enchanteresse Circé, qui voudrait les changer en porcs, et qu'Ulysse délivre à temps. ; nous souffrons affectivement, mais aussi intellectuellement et spirituellement, de notre position de prisonniers, si ce n'est de bagnards sur cette terre, sans rien savoir d'autre, comme dirait Pascal, position dont l'homme est pleinement conscient, et nous cherchons à savoir, à nous évader de ces limites fixées pour l'homme-animal, à créer un pont entre le Ciel et la Terre, à tous points de vue..

Notre vocation est justement d'être « entre Ciel et Terre », par rapport aux simples animaux... L'humanisme véritable ne viendrait-il pas de cette aspiration que seul l'homme peut réaliser jusqu'à un certain point ? Servir l'homme à tous points de vue...

Ce n'est pas moi qui ait inventé ces trois distinctions : l'âme, l'esprit et le corps. Elles remontent à la nuit des temps. Que puis-je mettre derrière ces mots pour bien les distinguer les uns des autres ?

 

Le corps, -commençons par le plus facile- c'est le pur matérialisme et les soucis qui s'y rattachent.

 

L'esprit, c'est :

A) l'intelligence pratico-pratique, (avec l'embryon d'intelligence du singe capable d'éplucher une banane pour se nourrir) èle plaisir

B) l'aspiration à la connaissance matérielle pour élargir toujours plus les conquêtes de l'homme ; ex : Les Grandes Découvertes -la croyance au Progrès- pour mieux servir l'homme sur terre. è le bonheur

Mais les explorateurs ont  aussi aspiré à une liaison entre leurs découvertes et le mieux-être spirituel, car plus on augmente ses connaissances, mieux on cerne les grands problèmes.

C) l'aspiration à la connaissance spirituelle, pour nous dégager de tous ces liens terrestres, « mondains », selon les sens des Evangiles, matériels, animaux, qui bornent notre être véritable, à terme à vocation supérieure : l'Homme...vers l'Esprit...l'Eternitéè la joie.

Tel Proust retrouvant un court instant l'Eternité par la sensation fugitive, retrouvant son être passé, libéré du  temps, et éprouvant une grande joie. Telle la quête des arts véritables, de certaines philosophies, des religions.

 

L'âme : c'est l'affectif, c'est l'amour de soi et des autres, c'est l'aspiration à durer, à éterniser notre plénitude, cet amour, à le compléter jusqu'à ce qu'il atteigne le parfait et dépasse notre condition mixte, matérielle et spirituelle ; c'est la plus haute aspiration de l'homme à quoi tend obscurément  l'intelligence -quand elle ne travaille pas de travers ...

 

Notre vocation est justement d'être « entre Ciel et Terre », par rapport aux simples animaux... pour atteindre en fin de course nos limites supérieures : le Ciel, donc l'au-delà de notre mort : c'est notre grande et belle ambition, notre seule et authentique ambition, qui nous distingue de l'animal. Le reste ....

 

Note : Comme pour tout classement, -on ne peut véritablement classer le vivant et ce qui s'y rattache- il y a des interférences entre les 3 parties : corps, esprit et âme.

 

Les précisions du philosophe :

 

Pour un marxiste, ce sont les conditions sociales qui expliquent la culture. Or les conditions sociales sont matérielles et issues de la lutte des classes ; elles sont essentiellement des rapports de force entre opprimés et oppresseurs.

 

Par exemple, les conditions sociales expliquent sous Louis XIV les grandes tragédies de Racine ; par contre au XIXe siècle, les conditions sociales ayant changé, les formes de l'art ont changé.

Ce sont des conditions, et non pas des causes.

L'âme n'est pas une substance (déjà Descartes  se fourvoie !) ce n'est pas une chose matérialisée ; c'est un processus dynamique en liaison avec le corps. Ce processus dynamique ne peut être que spirituel. Al'heure actuelle, en physique quantique, la substance et l'espace n'existent pas. C'est l'entendement qui chosifie.

 

Ma conclusion personnelle : Derrière la forme (l'élément changeant, créé entre autres par les conditions sociales) s'inscrit en filigrane le fond (dans : « le petit pan de mur jaune », de Proust) non accessible à tous,  essentiel à notre propos.

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