164. Ev. de Jean 10. 1 à 18 : Le Bon Berger et ses brebis. Lecture commentée

Publié le par marike.over-blog.com

Article 164. Bible. Lecture suivie et détaillée, verset par verset.  Evangile selon Saint Jean 10. 1 à 18. Ses brebis connaissent sa voix.
(les trois autres évangiles en complément à la lecture commentée de l'év. de Marc)

Jn. X, 1
"En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie des brebis, mais qui y entre  par une autre voie est un voleur et un brigand. - X, 2 - Celui qui entre par la porte est le berger des brebis. - X, 3 - A celui-ci le portier ouvre, et les brebis entendent sa voix. Il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent et les fait sortir.  - X, 4 - Quand il a fait sortir toutes les siennes, il marche devant elles et ses brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix.

On voit ici se dérouler une petite scène de la vie juive au temps de Jésus : Les troupeaux de brebis, ayant chacun un propriétaire, étaient regroupés dans une grande bergerie, à l'entrée de laquelle un portier  vérifiait l'identité des bergers.

Le voleur, c'est celui qui ne reconnaît pas l'autorité du portier, qui sert le berger. Les Pharisiens détournent le peuple de Jésus, Fils unique serviteur de Dieu. Les brebis toutefois reconnaissent la voix du berger authentique, et non pas celle du voleur.


Au troisième verset, on voit "l'humanité" de ce métier : chaque brebis a un nom et elle répond à l'appel du berger quand il veut faire sortir son troupeau. Ensuite il marche devant elles et c'est sa voix qu'elles suivent.
Je ne sais si cette image de la réalité est vraie, ou si elle est idéalisée pour les besoins de la parabole, mais en tout cas elle illustre parfaitement la leçon de Jésus. Evidemment, comme il est dit plus loin, les Juifs ne comprennent toujours pas la parabole de Jésus, et il est obligé de l'expliquer :

Jn. X, 7
...Je suis la porte des brebis... - X, 9 - si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé. Il entrera, il sortira, il trouvera sa pâture... - X, 11 - Le bon berger donne sa vie pour ses brebis... - X, 14 - C'est moi qui suis le bon berger. Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent,  - X, 15 - de la même façon que le Père me connaît et que, moi, je connais le Père.


Remarques : 1) Jésus ne parle que des brebis, pas des béliers, ni des moutons en général. L'image montre ainsi la docilité, la douceur, l'humilité, la dépendance.
2) Jésus est, dans l'image développée,  à la fois, tantôt la porte et le berger. On a déjà vu dans la parabole du Semeur, chez Marc, que Jésus ne se souciait pas de la logique de bout en bout de l'image ; seul le message importe et il y a superposition de points de vue dans l'image.
         Là encore on pense aux tableaux de Picasso, aux rassemblements de points de vue différents pour aller à l'unité. Il y a six éléments à l'image : 1) la bergerie, 2)  la porte, 3) le portier, 4) le berger 5) les brebis, et 6) le voleur. Si on les range selon une certaine logique on obtient :1)  pour la bergerie le Royaume ; 2) pour la porte : celle où le "Chemin" (Jésus) arrive à la Bergerie ; 3) pour le portier : Dieu ou Jésus ;4) pour le berger : Jésus ou Dieu ; 5)  pour les brebis : les croyants 6) pour les voleurs, à l'époque, les païens de la mythologie gréco-romaine ou les juifs intégristes ou Pharisiens.
3) Au verset 15, Jésus lui-même se compare à une brebis face au berger qui est son Père.
4) Le signe de reconnaissance pour les brebis, c'est la voix du berger, la Parole, son enseignement. L'ouïe est très importante dans cette parabole. Pour le berger, c'est le nom donné à sa brebis, par laquelle il l'identifie, qui est important ; elle est  unique pour lui, et l'on a déjà vu chez Marc que, quand il la perd, il laisse toutes les autres pour aller la chercher.

Jn. X, 16
J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie. Celles-là aussi il faut que je les amène. elles entendront ma voie et il y aura un seul troupeau, un seul berger. - X, 17 -
Voici pourquoi le Père m'aime : il m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre de nouveau - X, 18 - Personne ne me l'ôte, mais c'est moi qui la donne de moi-même ; j'ai le pouvoir de la donner ; j'ai le pouvoir de la reprendre, tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père.

Voici maintenant évoqué le grand nombre des appartenances chrétiennes futures, des religions chrétiennes, des "sectes" chrétiennes, comme disent ceux qui ne croient pas faire partie de l'une d'elles, et pourtant toutes les religions errent, puisqu'humaines, et laquelle erre plus qu'une autre ? vaste question...en attente du Jugement.
Mais l'essentiel, c'est d' "entendre sa voix".

Maintenant Jésus évoque sa mort et sa résurrection : C'est par amour, pour délivrer son message jusqu'au bout, dans le lieu essentiel que représente Jérusalem, la capitale, qu'il risque sa vie, qu'il se sacrifie et qu'il meurt ; il est allé chercher ses brebis jusque -là...jusque dans le précipice...de son plein gré (V. 18), mais "J'ai le pouvoir de reprendre ma vie", dit-il plus loin : ce pouvoir est-il de son fait ou de celui de son Père ? Il est de l'Esprit de vie.

Conclusion de la parabole (versets 19 à 21) : les gens n'y comprennent toujours rien ; certains lui font quand même confiance, à cause de ses guérisons, d'autres non : pour ces derniers, c'est un possédé du démon, un fou.

Clin d'oeil artistique : Un mot / un poème : BERGER. la mosaïque byzantine du Ve siècle du
Bon Pasteur au Mausolée de Galla Placida, à  Ravenne

"
La Maison du Berger" d' Alfred de Vigny - Extraits -
I - (Le poète promène Eva dans la roulotte, ou Maison du Berger, pour voir la nature et le monde des hommes.)

II - (La poésie, face à ceux qui la rejettent)

..
.Poésie, il se rit de tes graves symboles
O toi des vrais penseurs impérissable amour !

Comment se garderaient les profondes pensées
Sans rassembler leurs feux dans ton diamant pur,
Qui conserve si bien leurs splendeurs condensées ?
Ce fin miroir solide, étincelant et dur,
Reste de nations mortes, durable pierre
Qu'on trouve sous ses pieds lorsque dans la poussière
On cherche les cités sans en voir un seul mur.

Diamant sans rival, que tes feux illuminent
Les pas lents et tardifs de l'humaine raison !
Il faut, pour voir de loin les peuples qui cheminent,
Que le berger t'enchâsse au toit de sa maison.
Le jour n'est pas levé. - Nous en sommes encore
Au premier rayon blanc qui précède l'aurore
Et dessine la terre aux bords de l'horizon.

... La barbarie encore tient nos pieds dans sa gaine...

Mais notre esprit rapide en mouvements abonde ;
Ouvrons tout l'arsenal de ses puissants ressorts.
L'invisible est réel. Les âmes ont leur monde
Où sont accumulés  d'impalpables trésors.
Le Seigneur contient tout dans ses deux bras  immenses,
Son Verbe est le séjour de nos intelligences,
Comme ici-bas l'espace est celui de nos corps.

III
(suit le dialogue avec Eva, puis avec la nature insensible)

...
Vivez, froide Nature, et revivez sans cesse...
... J'aime la majesté des souffrances humaines ;
Vous ne recevrez pas un mot d'amour de moi.

Mais toi, ne veux-tu pas, voyageuse indolente,
Rêver sur mon épaule, en y posant ton front ?
Viens du paisible seuil de la maison roulante
Voir ceux qui sont passés et ceux qui passeront.
Tous les tableaux humains qu'un Esprit pur m'apporte
S'animeront pour toi quand devant notre porte
Les grands pays muets  longuement s'étendront.

Nous marcherons ainsi, ne laissant que notre ombre
Sur cette terre ingrate où les morts ont passé ;
Nous nous parlerons d'eux à l'heure où tout est sombre,
Où tu te plais à suivre un chemin effacé,
A rêver, appuyée aux branches incertaines,
Pleurant, comme Diane1 au bord de ses fontaines,
Ton amour taciturne et toujours menacé.

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note 1 : Diane, toujours vierge, aimée du berger Endymion que Jupiter plongea dans un sommeil éternel.
Le mythe a des variantes.
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Cet article est aussi inséré dans l’ensemble plus vaste de mon école du dimanche entièrement sur la toile (sans doute la première...) :

836. Ecole du dimanche. 2. Déc. 2e sem. Jean 8 à 17  (05 11 2017)
http://marike.over-blog.com/2017/11/836.ec.du-dim.2.dec.2e-sem.jean-8-a-17.html
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809. La Genèse. Chap. 1 à 3. Les 2 Grands Commandements : Marc 12. 28-31.  Commentaire. (07 09 2017)  
 
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