252 - lect. judeo-chrétienne, unitarienne, de "L"Inst. chrét." Le Rédempteur. Le Médiateur. Le Messie.

Publié le par marike.over-blog.com

28 06 09

252 - Jean Calvin. "L"Institution chrétienne". II,6. Le Rédempteur. Le Médiateur. Le Messie.

1) Le Rédempteur :


D'abord Calvin nous présente le catéchisme chrétien ordinaire : Dieu... s'est présenté comme notre Rédempteur en la personne de son Fils unique. Depuis la "chute", la foi nous propose Dieu comme père et sauveur en Jésus-Christ. Dieu nous appelle à la folie de la croix.

Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous connaissons ce que nous adorons, car le salut vient des Juifs. (Jean 4.22)

Le Rédempteur a été promis, sous la Loi, au seul peuple élu.

Jusqu'ici je suis en accord, et comme unitarienne, avec Calvin ; rien ne me heurte. Pour moi, c'est le message du Christ et son exemple qui nous mènent sur le chemin du salut ; c'est la foi en lui.

2) Le Médiateur : Jésus-Christ

Calvin nous montre que c'est à travers les rois, et leur lignée, que le peuple juif a mis son espérance, en ses chefs, la fin de la lignée se terminant par le Messie. Le "roi" est le médiateur entre Dieu et son peuple.

La mère de Samuel dit en son cantique :
Il donnera la puissance à son roi et relèvera la force de son messie. (I, Samuel, 2.10)

A partir de là je ne suis plus en accord avec Calvin, qui extrapole : pour moi, dans l'Ancien Testament, juif, on ne parle que de Messie ; on ne parle jamais expressément de Jésus-Christ, que, d'ailleurs on ne connaît pas encore. Ainsi, chaque fois que l'on parle de Messie, dans l'Ancien Testament, Calvin met à la place Jésus-Christ :

Il n'y a pas de doute que le Père céleste a voulu présenter une image de Jésus-Christ dans la  personne de David et de ses successeurs. C'est pourquoi David dit  (p. 283-284) :

Rendez hommage au Fils, de peur qu'il ne s'irrite
Et que vous ne périssiez dans la voie que vous suivez... (Psaume 2.12)

Que ce puisse être l'interprétation chrétienne, d'accord, mais que ce soit présenté comme une vérité pour tous ...! remarquons au passage le F majuscule qui fait bien correspondre le Fils au Messie attendu par les Juifs.

Celui qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père, répond Jean. (5.23)

On remarque encore que Calvin ne va citer dans ce chapitre que l'évangile de Jean, certes, très attachant, mais plus tardif et accentuant la personnalité "divine" de Jésus.

Calvin s'attache à montrer que Dieu reste fidèle à la lignée de David, tout au long de l'Ancien Testament.

Puisque Calvin remplace le mot "Messie" par le mot "Christ" dans tout l'Ancien Testament, il lui est assez aisé de conclure ainsi :

Il est donc assez clair, puisque Dieu ne peut pas être propice au genre humain sans Médiateur, qu'il a toujours manifesté Jésus-Christ sous la Loi, afin que les Pères croient en lui.

3) Le Messie / Le Christ pour Calvin

Quand Dieu promet le soulagement des souffrances...  il fait hisser la bannière de la confiance et de l'espoir en Jésus-Christ

Comme preuve il cite plusieurs textes de l'Ancien Testament, de différents prophètes (p. 285-286) qui, évidement, ne parlent que de Messie... si bien qu'il va jusqu'à titrer, en VI, 4 : Dieu a enseigné aux Juifs à toujours espérer en Christ.

Calvin, malgré les textes, assume la descendance historique réelle de David en Jésus,
mais Jésus, historiquement, dans les textes, ne descend pas de David ; cela n'a jamais été prouvé ; je m'en suis aperçue dans des recherches précédentes ; c'est une descendance mythique. Elle est le symbole de la pérennité de la fonction royale. Pourquoi a-t-on besoin de cette pérennité (comme pour la continuité ininterrompue de la succession apostolique) ? Parce que l'on confond la royauté charnelle et la royauté spirituelle, la continuité charnelle et la continuité spirituelle, ces deux "ordres" comme aurait dit Pascal.

La vraie connaissance de Dieu ne peut exister en dehors de Jésus-Christ.

Il est vrai que c'est Jésus qui a révélé aux Chrétiens l'image de Dieu, bien que l'homme ne doive pas voir Dieu, sinon il meurt...


La suite du discours de Calvin est à mes yeux plus contestable, puisque pour moi Jésus n'est qu'un homme, même si c'est le premier en importance  :

Dès le comencement du monde, il a été présenté aux élus, afin que leurs yeux se tournent vers lui et que leur confiance soit fondée ne lui.

Et pourtant je peux comprendre cette phrase dans la mesure où dans l'Eternité le temps est aboli, la mort vaincue.

Même si beaucoup d'hommes ont cherché à adorer le souverain créateur du ciel et de la terre, ils n'ont pas pu vraiment goûter la miséricorde de Dieu pour le reconnaître effectivement comme leur Père, puisqu'ils n'avaient aucun Médiateur. Comme ils n'avaient pas Christ comme Chef, il n'y a eu parmi eux qu'une connaissance de Dieu superficielle et sans aucune substance...C'est le cas aujourd'hui des Musulmans... Ils  le  remplacent (Jésus-Christ) par une idole.

Faisons le point :
- Le Christ : seule espérance des hommes ; "sans aucun doute" le Messie des Juifs, selon Calvin, qui voit partout Jésus à la place du Messie dans l'Ancien Testament comme unique vérité présentée.
- Il traverse toute l'histoire des hommes pour Calvin, dès les origines (ce que l'on dirait, à mon sens, plus justement de l'Esprit).
- Il est dans la continuité historique de la lignée royale de David, charnellement et spirituellement, non seulement pour les Juifs, mais pour Calvin aussi, bien que seulement mythiquement et spirituellement  pour moi.
-L'oecuménisme ne lui apparaît pas encore nécessaire, la tolérance, car chaque religion a ses défauts et ses qualités.






 





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