253 - Les poètes romantiques : A. de Lamartine - A. de Vigny
30 06 09
253 - Les Poètes romantiques. Alphone de Lamartine : "La Maison du berger". Alfred de Vigny : "Le Cor"
Quand je ne vois parler de Lamartine et de Victor Hugo que comme hommes politiques dans les écoles, ou dans les musées, je commence à m'inquiéter... Mais je suis rassurée de voir que nos grandes poésies sont en bonne place sur la toile...alors, si l'on trouve mon site, il me suffit de nommer mes poèmes préférés...peut-être les plus beaux...les plus grands... ?
Alphonse de Lamartine (1790 - 1869)-« Harmonies poétiques et religieuses »- Livre troisième
II. Milly ou la terre natale
(Recherchez le nom du poème, puis www.poesie.webnet.fr ; c'est plus facile ainsi !)
On trouve une photo de la maison de son enfance à Milly :
www.pagespro-orange.fr/darreau.com/.../milly.html
Et voici les extraits de sa biographie correspondant : source :
http://fr.geneawiki.com/index.php/LAMARTINE_Alphonse_de
Né à Mâcon le 21 octobre 1790, décédé le 28 février 1869 à Paris ; Alphonse de Lamartine appartient à la petite noblesse provinciale. Son grand-père avait exercé autrefois une charge dans la maison d'Orléans, et s'était ensuite retiré en province. Son père, Pierre, était un royaliste convaincu, et sa mère, Alix des Roys, issue de la bourgeoisie cultivée. Ses parents sont de fervents catholiques. La Révolution frappa sa famille comme celles qui tenaient à l'ordre ancien par leur naissance et leurs opinions. Alphonse de Lamartine allait à la maison d'arrêt visiter son père . Il est l'aîné de six enfants, rien que des sœurs ; à lui, par conséquent, tous les châteaux et toutes les terres de la famille.
Au sortir de la Terreur, et pour traverser les années encore difficiles qui suivirent, ses parents vécurent confinés dans cette terre obscure de Milly que le poète a chantée et décrite dans l'Harmonie intitulée : Milly, ou la terre natale. Il passa là avec ses soeurs une longue et innocente enfance, libre, rustique, sous les yeux d'une mère aussi distinguée par ses qualités du coeur que par l'esprit.
- 1797: La famille de Lamartine s'établit à Milly. Il va jusqu'à l'âge de onze ans à l'école de Bussières suivre l'enseignement donné par l'abbé Dumont, vicaire de la paroisse. Le poète conservera cette propriété jusqu'en 1860. Il évoquera celle ci dans plusieurs de ses œuvres et notamment "Milly ou la terre natale." et "la Vigne et la Maison".
- Entre 1803 et 1808, il est pensionnaire au collège des Pères de la Foi, à Belley.
- 1809 après le collège, il vécut à Lyon.
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Alfred de Vigny (1797 - 1863) - « Les Destinées » (le recueil des chefs d'œuvre de l'auteur)
La Maison du Berger
Ce poème est très long, et on ne le trouve le plus souvent qu'en extraits / Il se compose de 336 vers divisés en strophes de 7 vers., soit 48 strophes.
La plus belle partie est sans doute la fin du poème, mais toutes ont leur beauté, leur spécificité.
Le poème se trouve en entier à cette adresse : http://romantis.free.fr/vigny/html/lamaison.html
Je cite encore en vrac quelques poèmes que j'aime, sans doute les plus célèbres aussi : 1) dans « Les Destinées » :
La Mort du Loup ; La Bouteille à la Mer ; L'Esprit Pur...
2) dans « Les poèmes antiques et modernes » : I - Moïse ;
III - Le Cor...
J'aime le son du Cor, le soir, au fond des bois,
Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,
Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille,
Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.
Que de fois, seul, dans l'ombre à minuit demeuré,
J'ai souri de l'entendre, et plus souvent pleuré !
Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques
Qui précédaient la mort des Paladins antiques....
...
Ames des Chevaliers, revenez-vous encor?
Est-ce vous qui parlez avec la voix du Cor ?
Roncevaux ! Roncevaux ! Dans ta sombre vallée
L'ombre du grand Roland n'est donc pas consolée !
II
Tous les preux étaient morts, mais aucun n'avait fui.
Il reste seul debout, Olivier prés de lui,
L'Afrique sur les monts l'entoure et tremble encore.
"Roland, tu vas mourir, rends-toi, criait le More ;
"Tous tes Pairs sont couchés dans les eaux des torrents."
Il rugit comme un tigre, et dit : "Si je me rends,
"Africain, ce sera lorsque les Pyrénées
"Sur l'onde avec leurs corps rouleront entraînées."
....
III
Tranquilles cependant, Charlemagne et ses preux
Descendaient la montagne et se parlaient entre eux.
A l'horizon déjà, par leurs eaux signalées,
De Luz et d'Argelès se montraient les vallées...
...Roland gardait les monts ; tous passaient sans effroi.
Assis nonchalamment sur un noir palefroi
Qui marchait revêtu de housses violettes,
Turpin disait, tenant les saintes amulettes :
"Sire, on voit dans le ciel des nuages de feu ;
"Suspendez votre marche; il ne faut tenter Dieu.
"Par monsieur saint Denis, certes ce sont des âmes
"Qui passent dans les airs sur ces vapeurs de flammes.
"Deux éclairs ont relui, puis deux autres encor."
Ici l'on entendit le son lointain du Cor.
L'Empereur étonné, se jetant en arrière,
Suspend du destrier la marche aventurière.
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"Entendez-vous ! dit-il. - Oui, ce sont des pasteurs
"Rappelant les troupeaux épars sur les hauteurs,
"Répondit l'archevêque, ou la voix étouffée
"Du nain vert Obéron qui parle avec sa Fée."
Et l'Empereur poursuit ; mais son front soucieux
Est plus sombre et plus noir que l'orage des cieux.
Il craint la trahison, et, tandis qu'il y songe,
Le Cor éclate et meurt, renaît et se prolonge.
"Malheur ! c'est mon neveu ! malheur! car si Roland
"Appelle à son secours, ce doit être en mourant.
"Arrière, chevaliers, repassons la montagne !
"Tremble encor sous nos pieds, sol trompeur de l'Espagne !
IV
Sur le plus haut des monts s'arrêtent les chevaux ;
L'écume les blanchit ; sous leurs pieds, Roncevaux
Des feux mourants du jour à peine se colore.
A l'horizon lointain fuit l'étendard du More.
"Turpin, n'as-tu rien vu dans le fond du torrent ?
"J'y vois deux chevaliers : l'un mort, l'autre expirant
"Tous deux sont écrasés sous une roche noire ;
"Le plus fort, dans sa main, élève un Cor d'ivoire,
"Son âme en s'exhalant nous appela deux fois."
Dieu ! que le son du Cor est triste au fond des bois !
