274 - "L'Institution de la religion chrétienne". à partir de l'article 231. III. 1 : LA FOI (suite 2)

Publié le par marike.over-blog.com

274 – Lecture libre et critique de « L’Institution… », de Jean Calvin. A partir de l’article 231 : III. 1 : LA FOI (suite 2 )  p. 504.

 

Que celui qui est debout prenne garde de tomber ! (I Corinthiens 10. 11-12 ; Romains 11.20)

 

Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement ( Philippiens 2.12)

 

Mais moi, par ta grande bienveillance, je vais à ta maison. Dans la crainte qui t’est due, je me prosterne devant ton saint temple. (Psaume 5. 8) (Osée 3.5)

Ni laisser-aller orgueilleux, ni crainte, ou oubli de la miséricorde divine, nous dit ensuite Calvin.

 

Crainte et confiance doivent cohabiter, nous dit Calvin ; j’ajoute : comme envers nos propres parents.

 

Les demi-papistes évoquent une assurance mêlée de doute.

 

Voici une chose certaine : nous ne devons pas dissocier Jésus-Christ de nous, mais tenir avec vigueur et fermeté l’union par laquelle il nous a liés à lui. (Romains 8. 10)

La raison est que Jésus-Christ habite en nous. Il n’est pas hors de nous. …Il s’unit chaque jour de plus en plus à nous en une même substance.

 

En réalité Calvin ne parle pas ici de « la porte étroite », du « petit nombre d’élus », paroles d’Evangile. Mais l’on peut aussi rapprocher ces textes de la femme de Loth, qui, par manque de foi, regarde en arrière (Genèse 19. 26) ou même d’Orphée ayant cherché Eurydice aux Enfers… Pour réussir ce que l’on fait il faut regarder en avant, sans trop se poser de questions, il faut avoir foi en l’avenir, comme aussi Abraham qui obéit à Dieu.

 

Et là, j’arrive aux plus belles pages, jusuq'ici, celles qui concernent la foi, avec, en plus,
le témoignage de Bernard de Clairvaux, dans sa « cinquième homélie » pour la dédicace de l’Eglise,  que je résume ici :

 

Si l’homme n’est que péchés, désirs, passions, illusions, souillures (Esaïe 64. 5 ; Matthieu 6. 23) comment se fait-il que Dieu le magnifie ? Comment peut-il être rien, si Dieu tourne son coeur vers lui ?  

 

Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur (Matthieu 6. 21)


Comment sommes-nous ton trésor, si nous ne sommes rien ? les nations ne sont rien devant toi, certes, mais pas en toi. (Esaïe 6.17) elles comptent pour l’inclination de ta pitié et de ta bonté : car tu appelles les choses qui ne sont point comme si elles étaient… cela dépend, non des oeuvres, mais de celui qui appelle (Romains 9. 8)

 

Certes, les choses qui sont liées ensemble ne se détruisent pas l’une l’autre… Notre gloire sera mieux fondée qu’avant…car nous nous glorifierons en Dieu et non pas en nous (2 Corinthiens 10. 17)…Nous dirons que nous sommes quelque chose, non pas à cause de notre dignité, mais parce que Dieu nous en estime dignes par sa grâce.

 

Quiconque voudra honorer Dieu correctement s’appliquera à être envers lui comme un fils obéissant et un serviteur diligent.

            L’obéissance qui est observée comme à un père, Dieu l’appelle par son prophète « honneur ». Le service qui lui est rendu comme à un maître, il l’appelle « crainte ».  (Malachie 1. 6.) La crainte de Dieu doit être pour nous un respect fait d’honneur et de crainte.

 

La foi n’apporte certainement pas une longue vie, de grands honneurs ou une abondance de richesses dans la vie présente ; … (elle) se contente de la certitude que, si bien des conforts nous manquent en cette vie, Dieu ne nous fera jamais défaut (Romains 8. 35)…L’attente de la vie future (Psaume 23. 4).

 

La foi, en effet, cherche la vie en Dieu…dans la promesse gratuite de miséricorde de Dieu.

L’Eternel est compatissant et il fait grâce, il est lent à la colère et riche en bienveillance. Ses compassions s’étendent sur toutes ses œuvres. (Psaumes 86. 5 ; 103. 8 ; 145. 8-9)

 

Ces deux points d’importance :

- jamais la foi n’est solide et ferme tant qu’elle ne s’appuie pas sur la promesse gratuite du salut et

- par la foi, nous sommes rendus agréables à Dieu dans la mesure où elle nous unit à Christ. [note : Pour Calvin, la foi est une union mystique à Christ]

 

Si quelqu’un croit que Dieu ne commande rien que de façon juste et ne menace que lorsque cela est mérité, sera-t-il pour cela un croyant ? Tout le monde répondra par la négative. La foi n’aura aucune fermeté si elle n’est pas fondée sur la miséricorde de Dieu.

La puissance de Dieu : Esaïe 40. 25-31 ;

Les bénédictions que Dieu a accordées à chacun en particulier sont une confirmation de sa foi pour les temps à venir : Psaume 143. 5 ;77.12 ;

Les incrédules ne pensent ni ne reconnaissent que les biens qu’ils possèdent sont un don de Dieu ou, s’ils le reconnaissent, ils n’ont aucune gratitude pour sa bonté dans leur cœur.

Or il est indubitable que personne n’est aimé de Dieu en dehors de Christ, puisqu’il est le Fils bien-aimé en qui le Père a mis toute son affection. (Matthieu 3. 17 ; 17. 15)

C’est pourquoi l’apôtre Paul l’appelle « notre paix » (Ephésiens 2. 14) p. 516.

 

Conclusion partielle : Calvin insiste ici sur la miséricorde gratuite de Dieu, sur la grâce. Il fait passer au second plan la justice, la Loi, les menaces, la crainte. Ainsi il nous encourage à aller de l’avant dans la foi de l’amour de Dieu.

 

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article