276 – Jean Calvin : "L’Institution de la religion chrétienne" Lect. libre. III, 3. La repentance.

Publié le par marike.over-blog.com

11 08 09

276 – Jean Calvin : « L’Institution… ». lecture libre et critique. III, 3. La repentance.

 

C’est ainsi qu’il est écrit que le Christ devait souffrir, qu’il ressusciterait des morts le troisième jour, et qu’on prêcherait en son nom la repentance, pour la rémission des péchés…(Luc 24. 47) 

Dieu l’a élevé à sa droite comme Prince et Sauveur, afin de donner à Israël la repentance et le pardon des péchés. (Actes 5. 31)

 

1. transition

 

Si on laissait de côté ces deux sujets, tout ce que l’on pourrait prêcher sur la foi ou tout ce que l’on pourrait discuter à son sujet serait bien maigre ou amoindri, pour ne pas dire inutile.

 

L’homme est justifié par la foi seule et par la simple acceptation du pardon de ses péchés sans que la sainteté réelle de vie, comme on dit, soit séparée de cette imputation gratuite de justice.

Il est logique que les œuvres bonnes soient nécessaires, mais nous sommes considérés comme justes sans œuvres bonnes.

 

La repentance non seulement suit pas à pas la foi, mais est produite par elle.

 

Personne ne peut accueillir les grâces de l’Evangile, s’il ne renonce pas à ses égarements pour suivre le droit chemin.

 

2. La repentance est un fruit de la foi

 

Matthieu 3. 2 ; 4. 17. ; Actes 20. 21

 

Une voix crie dans le désert : ouvrez le chemin de l’Eternel (Esaïe. 40. 3)

 

…Voilà les fruits que produit un tel esprit de folie (selon Calvin, celui des Anabaptistes et de la « racaille » des Jésuites ( !) demander quelques jours de pénitence (avant le baptême et la communion) alors qu’un chrétien doit la pratiquer toute sa vie.

 

3. Ancienne définition de la repentance

 

Elle comporte deux parties : la mortification ou contrition, et la vivification :


La mortification… est une douleur et une terreur éprouvées par le cœur face au péché et au sentiment du jugement de Dieu.

 

La vivification est interprétée comme la consolation produite par la foi. ..L’homme jette un regard sur la bonté et la miséricorde de Dieu…Le désir de mourir à soi-même et de vivre pour Dieu.

 

4. La distinction entre repentance légale et repentance évangélique

 

Dans la repentance légale le pécheur reste au stade de la mortification  ; dans la repentance évangélique il accueille Jésus-Christ comme remède à sa maladie.

 

Repentance légale : Caïn, Saül, Judas (Genèse 4. 13 ;  I Samuel 15. 20, 30 ;  Matthieu, 27. 3-4 ) cette repentance, selon Calvin, mène aux portes de l’Enfer et à la colère de Dieu.

 

Dans le cas de l’exemple de « I. Samuel. 15.20,30 » Je me pose la question de ce problème à part : en effet, Saül voudrait bien se réconcilier avec Dieu, lui demander pardon, aux versets 24-25, puis 30, mais Samuel, messager de Dieu, d’abord ne le veut pas (26), puis il accepte (31)…Dieu a puni Saül en lui enlevant la royauté, mais il l’a laissé en vie, contrairement à Agag. Donc à mon avis Saül est à mettre dans les exemples de repentance « évangélique » avant les évangiles.

 

Repentance évangélique : (Ezéchias, dans II rois 20. 2 sqq ou dans Esaïe. 38. 1-3 ; Jonas 3. 5 ; II Samuel, 24. 10)

 

La repentance évangélique est, à mon avis, un terme mal choisi, il faudrait plutôt dire « envers Dieu », car l’on constate ici que tous les exemples de cette repentance sont tirés de l’Ancien Testament ; de nouveau Calvin extrapole. Toutefois, c’est le même pardon, mais les Juifs ont l’antériorité sur les chrétiens… et Dieu, à mes yeux, n’est pas Jésus ; il passe avant Jésus. Je rappelle que, pour moi, c’est par le seul exemple de Jésus, courageux jusqu’à la mort, sans violence,  par la transmission de son message jusqu’à Jérusalem, que les chrétiens peuvent être sauvés, et non par le meurtre de Jésus (le fils du vigneron, dans la parabole) accompli par les hommes de son pays, obéissant comme des moutons naïfs à l’ambition personnelle du  Grand prêtre Caïphe qui voulait s’emparer de « la vigne du Seigneur »...), non pas par ce soi-disant « sacrifice expiatoire » qui n’a pas été consenti ni voulu par Jésus ; c’est par la force qu’on le lui a imposé. . Faire mourir un animal pour se rendre agréable à Dieu, passe encore, mais faire mourir le meilleur d’entre nous, un fils de Dieu le Père, en hommage à son Père, pour s’exonérer de tous ses péchés…là, cela dépasse l’entendement…alors que Dieu, dès l’Ancien Testament, sait pardonner aux hommes, ses fils, quand ceux-ci se tournent vers lui pour le lui demander, lors de leur repentance, et quand il le veut.

 

Calvin nous donne –ensuite, à la fin- des exemples de cette repentance "évangélique" dans le Nouveau Testament :

Matthieu 26. 75 ou Luc 22. 62,  et :

Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.
            En entendant ces paroles, ils furent touchés jusqu’au fond du cœur, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : : « Frères, que ferons-nous ? » Pierre leur répondit : « Repentez-vous… » (Actes 2. 36-38)

 

5. Définition réformée de la repentance

 

Bien que la foi et la repentance ne puissent pas être séparées, il convient de les distinguer. De même pour la foi et l’espérance, nous dit Calvin.

 

En fait, la repentance est le fruit de la foi ; elle en est la conséquence, presque immédiate. Je me demande en quoi cette définition diffère de celle des autres chrétiens ...

 

6. La repentance est une vraie conversion de notre vie pour suivre Dieu.

 

La conversion : un changement, non seulement des actions, mais aussi de l’âme.


Faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau (Ezéchiel 18. 31)

 

Dieu déteste les coeurs doubles, l'hypocrisie, nous dit Calvin : Esaïe 58. 5-7  


7. La repentance procède d’une vraie crainte de Dieu, notre Juge.

8. Calvin reprend la mortification et la vivification de l’esprit.

9. La repentance est le fruit de notre participation à la mort et à la résurrection du Christ

 

Dieu nous restaure à son image de façon progressive…tout au long de notre vie…. Il demeure en l’homme régénéré des dispositions au mal…

Le péché, est-ce seulement l’acte, ou le désir de cet acte ? nous dit Calvin ; Pour Augustin, c’est seulement l’acte, pour Calvin, c’est aussi le désir. Une fois de plus, Calvin est fidèle aux textes, qui, pour lui, règlent la pensée :  voir à ce sujet Matthieu 5. 17 à 48, et en particulier les versets 27 à 30.

 

Ainsi en reconnaissant que les croyants sont sujets au désir, ils sont coupables comme des pécheurs.

 

Mais sans le désir, où serait la descendance des hommes ? Et Dieu indique à Abraham, comme une récompense, sa grande postérité (qui n’est toutefois pas tout à fait la même chose que le mot descendance ; elle peut être spirituelle).

 

Nous ne pouvons rien ou pas grand chose face au désir, qui nous arrive malgré nous, mais nous pouvons faire agir notre volonté avant l’acte. Nous sommes menés…nous menons…une question de plus en suspens…celle du Libre-Arbitre, que Calvin a déjà abordée en s'avouant perplexe… (p. 540)

 


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