280 –Lecture judeo-chrétienne, unitarienne, de « L’Institution...» de Jean Calvin. III, 4. Les œuvres et le salut

Publié le par marike.over-blog.com

15 08 09


280 – Lecture libre et critique de « L’Institution … » de Jean Calvin. III, 4. Les œuvres et le salut


28. 2° - La distinction entre péchés mortels et véniels est erronée


… Pour les premiers il faut une grande satisfaction ; les seconds peuvent être purifiés par des remèdes faciles, comme le « Notre Père », en prenant l’eau bénite ou par l’absolution de la messe. Voilà comment ils jouent et se moquent de Dieu !

Nous, au contraire, nous affirmons que, quel que soit le péché :


L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra (Ezéchiel, 18. 20)


Le salaire du péché, c’est la mort (Romains, 6. 23 ; 8. 1-2)

 

Seule sauve la miséricorde de Dieu, la grâce, nous rappelle Calvin.

 

J’ai interverti l’ordre des citations, car, curieusement, avec Calvin, sa culture biblique, ses nombreuses citations de l’Ancien Testament, et mes convictions personnelles, je prends de plus en plus conscience que le christianisme est la fille du judaïsme, et que le protestantisme est beaucoup plus proche du judaïsme que du catholicisme (le pape et la succession apostolique, le culte de la vierge et des saints, la Tradition, les 7 sacrements au lieu de 2, l’addition incessante de dogmes et de saints.) Tout l’enseignement du Christ est dans l’Ancien Testament ; il n’a fait que mettre en relief l’essentiel de son contenu : la loi d’amour, et en donner une interprétation précise.


Puisqu’on ne peut pas trouver la satisfaction par cette voie, pourquoi y persister ?

 

En effet, Calvin nous montre que les péchés se renouvellent trop vite pour que la « satisfaction » puisse suivre !


29. La peine et la culpabilité …


La culpabilité disparaît grâce à la miséricorde de Dieu…Mais… la peine reste et la justice de Dieu commande qu’elle soit payée, donc les satisfactions font partie de la rémission de la peine.


Voici l’alliance nouvelle que Dieu a faite avec nous par J. C. :


Je ne me souviendrai plus de leur péché (Jérémie 31. 31-34 ; 50. 20)

Tu as jeté derrière ton dos tous mes péchés (Esaïe 1. 18 ; 38. 17 ; 44. 22)

Heureux celui dont la transgression est enlevée, dont le péché est pardonné ! (Psaume 32. 1), et encore :
Ezéchiel 18. 24, 27 ; Michée 7. 19


L’Eternel punira : considérons, à l’inverse, ce que signifient ces expressions :


Le péché de Judas est écrit avec un burin de fer (Jérémie 17. 1) , et encore : Job, 14. 17 ; Osée 13. 12


30.  Seul le Christ satisfait à la peine requise pour nos péchés


Je  réfute ce paragraphe :

 

Il est curieux que Calvin ne voie pas qu’il est ici en pleine contradiction avec ce qu’il vient d’affirmer haut et fort ; il n’essaie même pas d’éclairer cette réelle ou apparente contradiction.

Nous avons déjà vu plusieurs fois que la satisfaction, c’est payer nos péchés pour en être délivrés, aider à la délivrance, et Calvin, à juste titre, réfute cette pratique. Donc Dieu n’a pas besoin du sacrifice du Christ pour payer une rançon et délivrer les hommes de leurs péchés ; il les oublie, tout simplement, en pardonnant ! Hélas tous les commentateurs qui suivent les Evangiles, dans le Nouveau Testament, et saint Augustin,  emboîtent le pas !
(Romains, 3. 24 ; I Corinthiens 1. 30 ; Ephésiens 1. 7 ; Colossiens 1. 14 ; I Timothée 2. 6)
,

 

ce qui me fait dire qu’il faudrait refonder le Nouveau Testament, pour notre époque, si on ajoute en plus le  Jésus homme et non Dieu des unitariens. Après tout, ces gens qui ont commenté les évangiles après eux ont été des hommes comme nous, donc il n’y a pas de raison de sacraliser leurs démarches.


Pardonne toutes nos fautes et reçois-nous favorablement ! Nous t’offrirons, au lieu de taureaux, l’hommage de nos lèvres. (Osée 14. 3)


Voilà la satisfaction qui n’est qu’une action de grâces !

 

Les papistes distinguent la punition éternelle et celles qui sont temporelles…

Calvin rappelle encore que Dieu nous fait grâce en supprimant notre culpabilité et en ôtant notre punition. (p. 592)


Ezéchiel 36. 22-29 :

Ce n’est pas à cause de vous que j’ai agi de cette façon, ô maison d’Israël, mais à cause de mon saint nom que vous avez déshonoré parmi les nations chez lesquelles vous êtes allés. Je sanctifierai mon grand nom…Je vous purifierai de toutes vos souillures…Je vous donnerai un cœur nouveau et un esprit nouveau….Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu.


31. 3° - Nos souffrances et nos afflictions ne viennent jamais en compensation de nos péchés

 

Dieu peut nous affliger comme un père punit son fils pour le remettre dans le droit chemin. (2 Samuel, 12-14), c’est ce que Calvin appelle la punition ou le jugement de correction. Mais il y a aussi la punition ou jugement de vengeance, où Dieu se montre l’ennemi de celui qu’il punit.

 

Calvin cite encore Daniel 4. 24-27 ; Proverbes 16. 6 où je peux voir là un témoignage de foi pour Dieu.

Et  l’amour couvre toutes les fautes ( Proverbes 10. 12 ; 1 Pierre, 4. 8 ; Luc 7. 47), Toutefois, selon moi, le pardon de Dieu ne peut et ne doit pas s’expliquer. Pourtant, empêchera-t-on l'homme de chercher à comprendre ?


32. Dieu afflige les impies par colère, les croyants par amour


Partout où une punition correspond à une vengeance exprimant la colère et la malédiction de Dieu, les croyants n’en sont jamais l’objet. Au contraire, la correction de Dieu est une bénédiction, un témoignage de son amour, comme le dit l’Ecriture.


(Job 5. 17 sqq ; Proverbes, 3. 11-12 ; Psaumes 118. 18 ; 119. 71 ; Hébreux 12. 5-11)

 

La colère de Dieu est celle d’un père, quand il nous châtie :  

Esaïe 12. 1 ; Habaquq 3. 2 ; Michée 7. 9

 

Dieu demeure fidèle dans son Alliance, précise Calvin, en corrigeant, s’il le faut, les croyants : (Psaumes 89. 31-34 ; II Samuel 7. 11 ; Esaïe 48. 10) Il modère les épreuves qu’il envoie à son peuple. …mais nous qui pensons au camps de concentration…Satan est encore bien à l'oeuvre ... C’est dans la perspective du Jugement que tout cela se passe, nous fait comprendre Calvin.

 

La correction de Dieu n’avait rien à voir avec un quelconque paiement offert à Dieu. Alors il faut aussi nous expliquer pourquoi il s’agit de paiement  quand nous sommes délivrés de nos péchés par la crucifixion de son Fils.

Il n’y a jamais eu d’autre rançon que le sang du Christ. (p. 599)... oui, mais n'est-ce pas une de trop ?

 

Calvin est peut-être embarrassé par tant de citations qui pourraient être interprétées parfois dans le sens de la « satisfaction » papiste : (Proverbes 16. 6 ; Hébreux 13. 16)


le pardon de la femme pècheresse ou adultère :

Luc 7. 36-50 : Ses nombreux péchés lui sont pardonnés parce qu’elle a beaucoup aimé.


Jésus ne fait pas de l’amour de cette femme la cause de la rémission des péchés mais seulement la preuve. Argument dit « des choses subséquentes » par lequel on démontre quelque chose par les conséquences qui s’en suivent… Ne trouvez-vous pas, lecteurs, que Calvin, dans ses arguments, est parfois un peu « papiste » ?


38. 4° réfutation de la satisfaction …


Là où il y a miséricorde, il n’y a plus d’interrogation, ni d’examen, ni de sévérité, ni de peine.


39. Les scolastiques pervertissent l’enseignement des Pères…


Les Père anciens ont appelé « satisfaction », non pas un paiement offert à Dieu, mais une déclaration publique par laquelle ceux qui avaient été excommuniés, quand ils revenaient dans la communion de l’Eglise, rendaient aux croyants un témoignage de leur repentir. On leur ordonnait, en effet, certains jeûnes et d’autres choses, témoignages de leur repentir, par lesquels ils effaçaient le souvenir de leur ancienne vie. Ce sont autant de serpents qui ont étouffé tout ce qui était bon dans cette forme ancienne, dont il ne reste pratiquement même pas l’ombre.

 

Cette définition me semble contenir une atteinte à la liberté de l'homme par l'Eglise ... elle ne me semble pas meilleure.

 

Ah, Monsieur Calvin, est-ce  tout à fait honnête, ce que vous faites ? Vous nous engagez pendant des pages dans une définition de la « satisfaction » qui est au détriment des papistes, mais, quand vous voyez que vous avez du mal à vous en sortir, à partir de vos nombreux exemples, tout à la fin de la question, vous changez la définition contre une autre, plus authentique… sans autre explication, et vous brouillez ainsi les pistes …Ainsi, ne prenez-vous pas la définition « qui vous arrange » ?  Eh bien, je vais essayer de rétablir la piste…

 

N’est-ce pas par la foi que le croyant se sauve ? car alors Dieu l’écoute et lui pardonne, et la foi génère les « œuvres », puisqu’alors on est ami de Dieu, que l’on marche dans ses voies.. Toutes nos "corrections", nous les lisons ainsi parce que nous sommes croyants ; L’amour d’autrui, c’est l’amour de Dieu…

Or pas une fois, à propos de la satisfaction, Calvin ne prononce le mot « foi » …étrange, tout de même ?

 

 

 

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