289 – « L’Institution de la religion chrétienne » III, 11. La justification par la foi seule
09 09 09
289 – « L’Institution de la religion chrétienne » III, 11. La justification par la foi seule
1. Le sens de la justification
En résumé, nous recevons et possédons, par la foi, Jésus-Christ tel que la bonté de Dieu nous le présente.
Ma remarque : nul ne « possède » Jésus ; nous pouvons posséder son message, et par lui aller vers le pardon de Dieu. Toutefois dans sa phrase Calvin s’exprime ainsi car il pense à la communion dans ce qui suit :
En communion avec lui nous recevons une double grâce :
- Voici la première grâce : nous sommes réconciliés avec Dieu par la justice de Christ
La communion pour le chrétien peut être le vecteur du pardon. Non, nous sommes réconciliés avec Dieu par son pardon, par son amour, car Dieu est libre, et ses actions, aucun homme ne peut les juger, même avec Christ. Dieu n’a pas besoin de Christ pour pardonner. Le chrétien a besoin de Christ pour mieux sentir, pour mieux comprendre qu’il est pardonné.
et nous avons au ciel non un Juge, mais un Père bien disposé.
Nous avons au ciel un Juge, mais aussi un Père.
La seconde : nous sommes sanctifiés par son Esprit pour vivre une vie de sainteté et de justice.
La justification… la foi n’est pas passive et sans œuvres bonnes.
La justification par la foi est l’article principal de la religion chrétienne.
2. Trois définitions fondamentales
Est donc justifié celui qui est tenu non pas pour pécheur mais pour juste…
Calvin fait ensuite la différence entre celui qui est justifié par ses œuvres (le cas de la justice ordinaire) et celui qui est justifié par la foi :
Est justifié par la foi celui qui, étant condamné par la justice des œuvres, saisit par la foi la justice de Jésus-Christ et, l’ayant revêtue, apparaît devant la face de Dieu non comme pécheur mais comme juste.
Ce n’est pas « la justice de Jésus-Christ », mais la justice de Dieu, éclairée par Jésus-Christ. Le croyant a foi en Dieu, d’abord, Jésus n’étant que le Médiateur, comme tout prophète, mais aussi comme le Messie.
Nous disons donc, en résumé, que notre justice devant Dieu est l’acceptation par laquelle il nous reçoit en sa grâce et nous tient pour justes. Par elle nos péchés nous sont remis et la justice de Jésus-Christ nous est imputée.
Ma correction : la justice de Dieu, par Jésus-Christ.
3. Le mot « justifier » dans l’Ecriture
Luc 7. 29, 35
29 – « Et tout le peuple qui l’a entendu, ainsi que les péagers, ont justifié Dieu, en se faisant baptiser du baptême de Jean. »
34 – « Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant…
35 – Mais la sagesse a été justifiée par tous ses enfants. »
Par la suite du texte on voit que ce verbe, comme en grec et en latin, ne peut pas être interprété autrement que par « être considéré juste » et ne donne pas le sens de « rendre juste ».
A mon sens, dans tout ce qui suit, Calvin donne une trop grande place à Jésus-Christ, par rapport à Dieu, et ceci est dû au fait qu’il en fait un Dieu (doctrine trinitaire). Exemples :
…Nous comptant justes en Christ, bien que nous ne le soyons pas nous-mêmes…
La justification ne provient pas des œuvres, elle est une pure grâce de Jésus-Christ, elle est reçue par la foi et, finalement, la satisfaction de Jésus-Christ est interposée puisque c’est par lui que nous obtenons un tel bien.
Le message, l’exemple de Jésus s’interpose, nous guide, dans le chemin de la foi en Dieu et de l’amour.
Dans la parabole du pharisien et du péager (Luc 18. 9 à 14) Calvin nous fait remarquer que le péager a été justifié, non par ses œuvres, mais par la foi, par le pardon.
La confession des péchés est notre vraie justification (Ambroise, commentaire du psaume 118 (119), x, 47)
4. sur le fait même de la justification
1) Voici la citation de Calvin où je suis en plein accord :
Épître aux Romains 4. 6-8, renvoyant au psaume 32. 1-2 :
C’est ainsi que David exprime le bonheur de l’homme que Dieu justifie indépendamment des œuvres : « Heureux ceux dont les iniquités sont pardonnées, et dont les péchés sont couverts ! Heureux l’homme à qui le Seigneur n’impute pas son péché ! »
2) Voici les citations de Calvin où je me trouve partiellement en accord :
Ephésiens 1. 5-6
Il nous a prédestinés, dans son amour, à devenir ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon sa volonté pleine de bienveillance, afin que soit louée la grâce magnifique qu’il nous a gratuitement accordée en son Fils bien-aimé !
Ma correction : Je supprime : « en son Fils bien-aimé » : Dieu n’est pas obligé de passer par son Fils pour donner sa grâce.
II Corinthiens 5. 18 ( j’ajoute : 17 à 19) : une trop grande importance est donnée au Christ, par rapport à Dieu ; mais il ne faut pas oublier que les chrétiens sont venus à la foi en Dieu par le Christ, donc il est très important pour eux.
3) Voici celles où je suis en désaccord :
L’apôtre ajoute, ensuite, que Christ qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait devenir péché pour nous (5. 21) exprimant ainsi le moyen de la réconciliation.
Jésus n’est qu’un « demi-dieu » (par Marie, humaine), ou il n’est qu’homme, il a donc connu le péché, ne serait-ce que par ses colères, contre « le figuier stérile », par exemple. Il n’est pas un « bouc émissaire », comme nous l’avons déjà vu ; il amène principalement, aux hommes qui croient en lui, une connaissance nouvelle : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » A eux d’en tirer profit pour favoriser la réconciliation avec Dieu (car c’est Dieu qui est à l’origine de toute décision). Personnellement je crois aussi qu’il est le Messie, un messie tout spirituel, par l’importance de son message, de sa vie exemplaire, qu’il peut même être « Médiateur » entre le peuple des croyants et Dieu : si l’on a foi en lui, en son message, en l’exemplarité de sa vie, on a foi en Dieu. Un « chemin » est une médiation. D’où sa présence mystique, donc essentiellement spirituelle, donc réelle, possible, dans l’eucharistie.
Romains 5. 19 : De même que, par la désobéissance d’un seul homme, tous les autres ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul tous les autres seront rendus justes.
Avec Adam, l’héritage du péché est automatique ; le seul échappatoire de l’homme est le pardon de Dieu, dans l’Ancien Testament.
Dans le N. T. le pardon n’est pas non plus automatique ; seul Dieu pardonne, mais le croyant peut aller plus facilement à la rencontre de Dieu ; il est mieux éclairé - par Jésus-Christ - dans sa démarche vers Dieu – qui a toujours le seul pouvoir de décision.
