290 – « L’Institution de la religion chrétienne ». III,11. La Justification par la foi (fin)

Publié le par marike.over-blog.com

10 09 09

290 – « L’Institution de la religion chrétienne ». III,11. La Justification par la foi (fin)


Osiander a introduit, en notre temps, je ne sais quelle monstrueuse justice essentielle…


Et c’est ainsi que l’on arriva au fameux « Osiander »…avec lequel Calvin bataille du paragraphe 5 au paragraphe 14…

Si vous me demandez ce que j’ai retenu de tous ces pinaillages…RIEN. Mais essayons quand même de reconnaître la pépite d’or dans la botte de foin. Il s’agit de « préciser » avec force conviction, comme d’habitude, si l’homme est de la même essence que Dieu, que Jésus,  (alors que nous ne savons rien de rien sur le sujet) et tout ce qui en découle…

 

A ce sujet Calvin distingue quelques concepts à définir :

 

- La régénération, la sanctification n’est pas la rémission des péchés, « l’acceptation gratuite » :


Dieu nous justifie non seulement en nous pardonnant nos péchés, mais aussi en nous régénérant… Ces deux réalités, la justification et la sanctification, sont inséparables puisque nous les recevons ensemble et liées en lui. Tous ceux, en effet, que Dieu reçoit par grâce sont revêtus aussi de l’Esprit d’adoption, par la puissance duquel ils sont réformés à son image. (p. 664 paragraphe 6)

 

Le fils adopté, c’est pour moi celui qui n’est pas justifié par les œuvres ; aucun homme d’ailleurs ne le peut.


L’Ecriture…nous indique l’ordre suivant à propos de la justification :
au début Dieu accueille le pécheur par sa bonté pure et gratuite…
Ensuite il suscite chez le pécheur un sentiment de sa bonté, afin que celui-ci, se défiant de lui-même, remette son salut à la miséricorde divine. Voilà l’expérience de la foi qui fait entrer l’homme en possession de son salut, quand il reconnaît, à partir du message de l’Evangile, qu’il est réconcilié avec Dieu. (p. 677)

 

Je passe l’intermédiaire Jésus-Christ qui brouille les cartes encore un peu plus, considéré comme homme et Dieu, même si l’on sait que le chrétien va à Dieu par Jésus (son message et son exemple).


Jérémie 23. 6 ou 33. 16

5 – Les jours viennent, dit l’Eternel, où je susciterai à David un descendant véritable et juste...
6 - …et voici le nom dont on l’appellera : l’Eternel notre justice.

 

En effet, Jésus est un juste (comme Job). Par son message et son exemple il est l’antithèse d’Adam. Il se relie donc à l’Eternel par le Chemin qu’il est vers Dieu et qu’il montre aux hommes. Il est notre justice car il montre par lui-même, comme homme « suscité » par Dieu, qu’il peut satisfaire Dieu, sa justice.

Comme homme, tout Messie qu’il soit, il est toutefois imparfait, et c’est « par la foi » qu’il est, lui aussi, réconcilié avec Dieu. Il est donc « notre justice », relié à l’Eternel.

 

Esaïe 53. 11

3 -  Il était méprisé,abandonné des hommes. Homme de douleurs, connaissant la souffrance, il inspirait le mépris…
4- Cependant ce sont nos maladies qu’il portait…
6 – …l’Eternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous…
8 - …frappé à cause des péchés de mon peuple…
11 - … Le Juste, mon serviteur, justifiera un grand nombre d’hommes par la connaissance qu’ils auront de lui, et lui-même se chargera de leurs iniquités.
12 – C’est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands. Il partagera le butin avec les puissants, parce qu’il s’est livré lui-même à la mort, qu’il a été mis au nombre des malfaiteurs, qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes et qu’il a intercédé pour les pécheurs.


Vous avez compris, lecteurs, voilà des textes qui m’interrogent en tant que Jésus homme.

 

 

Il est intéressant de noter que la traduction anglaise à partir de l’hébreu, sur la toile, pour « Il a porté les péchés » (dernière ligne) utilise le verbe bear qui veut dire : porter, supporter souffrir : le sens peut donc changer radicalement. D’autre part, quand a été traduit le livre d’Isaïe ? et par un disciple de Jésus ou par un juif  ? Des remaniements ont-ils été possibles ? Là encore …



http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/la_litterature_intertestamentaire.asp  


André Paul : Historien, bibliste et théologien

« Pour les livres de la Loi, la version grecque demeure assez proche du texte hébraïque, avec cependant de nombreux aménagements de sens. Il en va autrement pour les livres d'Isaïe et des Proverbes, d'autres encore comme surtout le livre de Job. Ici, la traduction est assimilable à l'acte littéraire proprement dit. On écrit ou réécrit la Bible en grec plus qu'on ne la traduit de l'hébreu. La Septante apparaît ainsi comme l'effet de deux dynamiques qui croisent et conjuguent leurs vertus : celle de l'interprétation et de la communication, et celle de la création littéraire. »

 

Le verset 6 : comme représentant de l’humanité, au même titre qu’Adam, qui a désobéi, il a droit au pardon pour tous les hommes, par son obéissance, comme Adam a eu droit au châtiment pour tous les hommes.(Romains 5. 19, cité plus loin) On pourrait dire la même chose de Job, mais le Christ est prêtre en plus : il dévoue sa vie aux autres pour leur montrer le « chemin ». Il œuvre pour tous ; il risquera le sacrifice suprême pour tous. Il ira jusqu’au bout de ce sacrifice.

S’il y a honte de l’homme avec Adam, il y a gloire de l’homme avec Jésus.

Je ne suis pas d’accord que Jésus devait être Dieu pour nous sauver : Adam n’a pas été Satan pour nous perdre. Chaque homme a sa part de bien et de mal en lui.


Nous ne nions pas que ce qui nous a été accordé clairement en Jésus-Christ procède de la grâce et de la puissance de Dieu. Nous ne contestons pas non plus que la justice que Jésus-Christ nous donne soit la justice qui vient de Dieu. (p. 673)


Philippiens 2. 13

12 - Ainsi, mes bien-aimés…travaillez à votre salut avec crainte et tremblement…
13 – Car c’est Dieu qui opère en vous et la volonté et l’exécution, par l’accomplissement de ses desseins d’amour.

Bien que sa justice jaillisse pour nous de la majesté de Dieu comme d’une source cachée, cela ne signifie pas que Jésus-Christ, qui s’est sanctifié pour nous (Jean 17. 19) dans sa chair, ne soit notre justice que selon sa divinité.

 

Voilà donc de Calvin une parole intéressante pour ce qui nous intéresse, et une autre :


La pensée du prophète est claire : Dieu a accompli son œuvre sans l’aide de personne et il n’a pas bénéficié du secours d’autrui

(Esaïe 59. 16-17)  L’Eternel a vu avec indignation qu’il n’y avait plus de justice…Alors c’est son propre bras qui lui est venu en aide ; c’est sa justice qui a été son soutien…


Les œuvres n’ont de la valeur que dans la mesure où elles expriment le désir de l’homme d’obéir à Dieu.

La justice de la foi n’est pas autre chose que la réconciliation avec Dieu, qui consiste en la rémission des péchés. (p. 681)

Dieu nous justifie …lorsqu’il nous réconcilie avec lui en ne nous imputant pas nos péchés.

Quiconque croit est justifié de tout ce dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse (Actes 13. 38-39)

L’homme n’est pas juste en lui-même, mais par la justice de Christ qui lui est communiquée par imputation.

L’être humain est justifié par la foi qui lui fait recevoir l’Esprit de Dieu, par lequel il est rendu juste.

Situer notre justice dans l’obéissance du Christ peut-il vouloir signifier autre chose qu’affirmer que nous sommes justes parce que l’obéissance du Christ nous est attribuée et qu’elle est reçue en paiement comme si c’était la nôtre ? (dernière page –684- du chapitre)

 

Ainsi pour moi tout homme peut être pardonné de ses péchés par Dieu (La parabole du Bon Samaritain), mais le chrétien a connu Dieu par Jésus-Christ, le Chemin. C’est pour le chrétien un chemin sûr pour aller vers Dieu ; Jésus homme, par son obéissance à Dieu et son action altruiste, peut sauver l’humanité de la condamnation, par la foi, comme Adam l’y avait plongé.

Maintenant, une fois qu’il a la foi, l’homme peut-il rester passif devant le mal ? C’est la virtu romaine, le courage, qu’il lui faut, essentiellement, pour aller, comme Jésus, au bout de son chemin de foi, tout en sachant que c’est son Père, par l’Esprit, qui lui donnera cette possibilité de voir, avec discernement, le chemin, et d’aller jusqu’au bout de celui-ci.

 

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