291 – « L’Institution de la religion chrétienne ». III, 12. Seule l’humilité…
11 09 09
291 – « L’Institution de la religion chrétienne ». III, 12. Seule l’humilité…
Comparaître devant le tribunal d’un juge terrestre, ce n’est pas comparaître devant le trône céleste de Dieu, nous dit Calvin.
Une justice parfaite, incorruptible, totalement intègre, pure de toute souillure et au-delà de toute critique. Une telle justice ne s’est jamais vue chez un être humain et ne s’y trouvera jamais.
Qui de nous pourra séjourner auprès d’un feu dévorant…auprès des brasiers éternels ? Celui qui marche dans la justice et qui parle selon la droiture. (Esaïe 33. 14-16)
Si Dieu n’a pas confiance en ses serviteurs, s’il découvre des erreurs chez ses anges, combien plus chez ceux qui demeurent dans des maisons d’argile … ils seront abattus (Job 4. 17-19 ; 15. 15-16)
Il ne pourrait pas supporter la rigueur de l’examen que Dieu lui ferait subir selon la balance de sa justice secrète, qui surpasse notre compréhension.
Il nous est aisé, en effet, en nous comparant aux autres, de penser que nous avons quelque chose que les autres ne doivent pas mépriser ; mais si nous nous référons à Dieu, notre confiance est immédiatement détruite et anéantie.
(Psaume 143. 2 ; Job 9. 2-3)
1) Actes 9. 15 et 2) I Corinthiens 4. 4 :
1) La vision du disciple Ananias au sujet de Paul :
Le Seigneur lui dit : Va ; car cet homme est un instrument que je me suis choisi pour porter mon nom devant les nations, les rois et les enfants d’Israël ; et je lui montrerai combien il faut qu’il souffre pour mon nom.
2) Car je (Paul ) ne me sens coupable de rien ; mais je ne suis pas justifié pour cela. Celui qui me juge, c’est le Seigneur. Ne portez donc pas de jugement prématuré ; attendez que le Seigneur vienne.
Nous sommes enclins à nous surestimer.
Dieu résiste aux orgueilleux et il fait grâce aux humbles. (I Pierre 5. 5 ; Jacques 4. 6)
Sont donc loués les malheureux qui se savent pauvres, humbles et faibles.
(Sophonie 3. 11-12 ; Esaïe 61. 1-3 ; 66. 2 ; 57. 15 ; Luc 18. 9-14) voir aussi les Béatitudes.
Sans doute, qui a pu rencontrer une personne véritablement humble a pu l’apprécier, bien que cela soit rare. D’autres qualités l’habitent, sans doute, pour construire cette harmonie, et en particulier une certaine foi en l’homme, en « l’autre », et en Dieu.
Toutefois, face à cette humilité chrétienne, il ne faut sans doute rien exagérer. Certainement il faut se méfier de certitudes trompeuses à notre égard, mais aussi il ne faut pas sombrer dans une vision « noire » de nous-mêmes : nous apprécier selon une juste mesure, n’est-ce pas l’idéal à rechercher, selon le « Connais-toi toi même » de Socrate ? Qu’en pensez-vous, lecteurs ?
Je vais citer en compléments :
1) l’immortelle « Besace » de Jean de La Fontaine
(« Fables » Livre I, fable 7)
2) « Criterium » dans « L ‘Ami » de Charles Wagner (éditions Ampelos) :
« …Regarde plutôt s’il ne relève pas la tête devant la juste critique. Tu peux t’appliquer la règle à toi-même. Comment supportes-tu le blâme ? tout est là. –ils sont rares, ceux dont la modestie résiste à l’essai. »
3) « Pilote de guerre » de Saint-Exupéry, chapitre XXV
Je comprends le sens de l’humilité. Elle n’est pas dénigrement de soi. Elle est le principe même de l’action. Si, dans l’intention de m’absoudre, j’excuse mes malheurs par la fatalité, je me soumets à la fatalité. Si je les excuse par la trahison, je me soumets à la trahison. Mais si je prends la faute en charge, je revendique mon pouvoir d’homme. Je puis agir sur ce dont je suis. Je suis part constituante de la communauté des hommes.
