300 – Lecture judeo-chrétienne, unitarienne, de « l’Institution... »de J. Calvin. III. 20. La prière (suite)

Publié le par marike.over-blog.com

20 09 09


300 – « l’Institution de la religion chrétienne »de J. Calvin. III. 20. La prière (suite)


Jésus-Christ est le seul médiateur auprès du Père


En note : Les paragraphes 17 à 27 développent le thème que la prière dépend de la médiation et de l’intercession de Christ. Christ est le médiateur de l’Alliance (cf. II, XII, XV) et donc le médiateur de la prière qui st la communication de l’alliance.


Tout être humain est indigne de s’adresser à Dieu et de se présenter devant sa face. Aussi, afin de nous épargner la confusion que nous éprouvons et que nous devons éprouver en nous-mêmes le Père céleste nous a donné son Fils Jésus-Christ comme médiateur et avocat auprès de lui
(I Timothée 2. 5 ; I Jean 2. 1)

 

Il faut dès le début bien faire la différence entre médiateur et intercesseur : le médiateur intercède auprès du tribunal de justice de Dieu face à un pécheur pour lui gagner les faveurs de Dieu, l’amener à pardonner. L’intercesseur prie pour autrui, afin de lui gagner le pardon de Dieu, ou quelque autre bien. Cette fonction est moins officielle, davantage privée.
L’intercesseur ordinaire n’a pas autant de poids que Jésus, le fils préféré, face à Dieu.

 

Je vais donc comme unitarienne -Jésus n’est qu’un homme, même s’il est rempli de l’Esprit-  m’opposer ici à Calvin avec les arguments suivants :

 

-Dieu est notre père : on doit pouvoir comparaître seul devant lui.

 

- Si l’on dit qu’on ne le peut pas, alors pourquoi les catholiques ne prieraient-ils pas comme intercesseurs  la vierge et tous les « saints », qu’ils ont décrété être tels ? Ils ont certainement moins de poids que Jésus, auprès de Dieu, mais ils sont moins intimidants ; c’est pour la même raison qu’on a préféré ne pas s’adresser directement à Dieu. Une unitarienne ne voit pas la différence entre l’intercession d’un homme et celle d’un autre homme, sauf que Jésus est le fils préféré.. En effet, un beau jour, on a décrété, à la fin de l’Ancien Testament, de l’ère juive, que Jésus serait à la fois homme et Dieu, donc qu’il pourrait être médiateur entre nous et Dieu.

 

- Dans l’Ancien Testament que d’hommes, parmi les meilleurs, David, entre autres, dans les Psaumes, ont dialogué directement avec Dieu, et écartons le fait que Jésus-Christ soit partout dans l’Ancien Testament,  A. T. hérité des Juifs, sous je ne sais quelle forme de Parole ou d’Esprit : c’est un mensonge par rapport à l’Histoire.

 

-Ne remarquez-vous pas comme Dieu est relégué peu à peu aux oubliettes de l’histoire, à force d’avoir tant « d’intermédiaires » ?

 

- Calvin ne se contredit-il pas lui-même, et avec lui les évangiles, quand il écrit, peu de lignes après :


L’apôtre nous exhorte à oser y [devant le trône de Dieu] comparaître :
Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, en vue d’un secours opportun. (Hébreux 4. 16)


Ainsi, de même qu’il nous est commandé d’invoquer Dieu, et que la promesse est faite à ceux qui l’invoquent qu’ils seront exaucés, de même il nous est expressément commandé d’invoquer Dieu au nom de notre Seigneur Jésus-Christ :


Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez et vous recevrez.
Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que mon Père soit glorifié dans le Fils (Jean 16. 24 ; 14.13)

 

Calvin va sans doute beaucoup s’appuyer sur l’évangile de Jean pour sa démonstration, le dernier des évangiles a être accepté dans le canon, et avec difficultés, rappelons-le ; le plus tardif des évangiles, bien que je ne m'aventure pas dans cette question de savoir si c'est un bien ou un mal ; il est précieux à bien des égards.


Il ressort de cela, de façon claire et certaine, que ceux qui invoquent Dieu en un autre nom que celui de Jésus-Christ désobéissent au commandement de Dieu et contreviennent à sa volonté.

 

- Cette déduction est une extrapolation : rien ne le dit dans le texte. Calvin fourbit déjà ses armes contre les catholiques dans ce domaine.

19. Le Fils de Dieu, Jésus-Christ, …n’a pas été tout à la fois « oui et non » ; mais il n’y a eu que « oui » en lui. 20. Car toutes les promesses de Dieu sont  « oui » en lui : aussi est-ce par lui que nous disons : Amen ! à la gloire de Dieu. 21. Or celui qui nous affermit avec vous en Christ et qui nous a oints, c’est Dieu ; 22. c’est lui qui nous a marqués de son sceau, et qui nous a donné, dans nos cœurs, les arrhes de l’Esprit. (II Corinthiens 1. 19 à 22. Calvin indique le seul verset 20, citation extraite de son contexte)

 

- Rappel : « Amen » : mot hébreu signifiant : « ainsi soit-il », qu’il en soit ainsi !

 

- Il est vrai que ce que les chrétiens connaissent de Dieu vient en partie de Jésus-Christ.

- A ce sujet je voudrais parler de l’Alliance de Dieu avec les hommes : au lieu d’Ancienne et de Nouvelle Alliance, comme Jacques Ellul a parlé de premier et de second Testament, on pourrait parler des premières étapes de l’Alliance (Noé, Abraham et Moïse), ou de première alliance, et de la dernière étape de l’Alliance, ou de seconde alliance, avec Jésus-Christ, le Messie ( les chrétiens ne reconnaissent pas celle de Mahomet).

- Je suis pleinement d’accord avec la citation biblique ci-dessus dans sa totalité.

 

Puis Calvin va se référer à l’histoire biblique pour mieux asseoir ses dires :

 

Le Médiateur existe dès le commencement : Dieu avait ordonné, dans la Loi, que le sacrificateur seul, qui avait le droit d’entrer dans le sanctuaire –rappelons-nous que son voile (le voile du Temple) a été déchiré à la mort du Christ- porte sur ses épaules les noms des douze tribus d’Israël et autant de pierres précieuses sur le devant de sa poitrine (Exode 28. 9-12, 21) et que le peuple se tienne loin, ses requêtes étant transmises par la bouche du sacrificateur. Même les sacrifices y étaient associés pour ratifier les prières et les rendre efficaces.

 

Justement, le Nouveau Testament tourne définitivement la page des sacrifices animaux et humains : les vrais sacrifices sont spirituels, comme le Messie est spirituel. Il est scandaleux que l’on revienne à la symbolique des sacrifices humains avec Jésus, sacrifices disparus depuis Abraham.
quant aux pierres précieuses…cela me fait penser aux multiples grosses bagues épiscopales, avec métaux et pierres précieuses, qui ne sont là que pour impressionner le bas peuple, et qu’il doit baiser, en plus ! Le vrai respect n’est-il pas intérieur et spirituel ?

 

Les distances ne sont créées que par volonté de pouvoir ; elles sont une mystification de plus.

 

Je vous épargne la suite, lecteurs, car Calvin va, dans ce même paragraphe, quant à ses affirmations, d’horreur en horreur !!! …Et Calvin continue ainsi… je passe donc tous ces passages à partir de la page 809 qui ne conviennent pas du tout à mes croyances sur ce sujet… mes lecteurs qui ne partagent pas mon point de vue pourront ainsi s’y référer.

 

L’intercession des croyants peut aller directement à Dieu, comme elle peut passer par Jésus, mais elle ne passe pas obligatoirement par Jésus, comme Calvin veut nous le faire croire. Si nous la faisons passer par Jésus, c’est par un signe de reconnaissance pour tout ce qu’il nous a apporté, dans la connaissance de Dieu, par son exemple, par sa foi, qui lui permet tant de faces du « grand œuvre », mais sera-t- elle vraiment plus sûrement acheminée ?  N’est-il pas grand temps que nous réinvestissions toute notre personnalité d’adulte responsable, et que nous marchions sans béquilles vers Dieu notre Père, comme Jésus l’a fait ?

 

Jésus, notre premier intercesseur, notre premier avocat, assis à la droite de Dieu (I Jean 2. 1-2 ; Romains 8. 34 ; I Timothée 2. 5)

 

Jésus nous a simplement donné en partant son Esprit, c’est tout et c'est l'essentiel :

Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. (Jean 6. 63)


Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Et je prierai le Père, qui vous donnera un autre consolateur, afin qu’il soit éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas. Mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure avec vous, et il sera en vous. (Jean 14. 15-21)


ces deux dernières citations sont de mon fait.

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