245 - Poésie. Saisons. Le printemps ou l'été ?

Publié le par marike.over-blog.com

16 06 09

 

Henri de Régnier : Le jardin mouillé - Jean Moreas : Nuages qu'un beaujour ... - Jean Giono : que ma joie demeure

 

 

Henri de Régnier (normand né à Honfleur en 1864, mort en 1936)

 

 

Le jardin mouillé  

 

La croisée est ouverte, il pleut

Comme minutieusement,
A petit bruit et peu à peu
Sur le jardin frais et dormant.


Feuille à feuille la pluie éveille

L'arbre poudreux qu'elle verdit ;

Au mur, on dirait que la treille

S'étire d'un geste engourdi.


L'herbe frémit, le gravier tiède

Crépite et l'on croirait là-bas

Entendre sur le sable et l'herbe

Comme d'imperceptibles pas.

Le jardin chuchote et tressaille,

Furtif et confidentiel ;

L'averse semble maille à maille

Tisser la terre avec le ciel...

 

( "Les médailles d'argile" )

 

 

 

 Jean Moreas né à Athènes en 1856 et mort à Saint-Mandé (Seine) en 1910, est un poète symboliste grec d'expression française.

Nuages qu'un beau jour à présent environne

 

Nuages qu'un beau jour à présent environne,
Au-dessus de ces champs de jeune blé couverts,
Vous qui m'apparaissez sur l'azur monotone,
Semblables aux voiliers sur le calme des mers ;

Vous qui devez bientôt, ayant la sombre face
De l'orage prochain, passer sous le ciel bas,
Mon coeur vous accompagne, ô coureurs de l'espace !
Mon coeur qui vous ressemble et qu'on ne connaît pas.

 

                                                                     ( "Les Stances" )

 

Jean Giono  est né à Manosque en 1895, au cœur de cette Provence dans laquelle s'ancrera son œuvre. Il est d'origine italienne par son père et d'origine provençale par sa mère. Sa famille est modeste. Son père, Jean-Antoine Giono, est un cordonnier à la fois humain et idéaliste. L'auteur participera à  la guerre de 14 et il en restera traumatisé. A la guerre de 40 il sera un pacifiste actif, ce qui ne lui vaudra que de l'hostilité : en 1944 il connaît la prison et il lui est interdit de publier ... Il meurt en 1970.

 

Que ma joie demeure  (chapitre I - extrait)

 

 

C'était une nuit extraordinaire.

Il y avait eu du vent, il avait cessé, et les étoiles avaient éclaté comme de l'herbe. Elles étaient en touffes avec des racines d'or, épanouies, enfoncées dans les ténèbres et qui soulevaient des mottes luisantes de nuit.

Jourdan ne pouvait pas dormir. Il se tournait, il se retournait.

-Il fait un clair de toute beauté, se disait-il.

            Il n'avait jamais vu çà.

            Le ciel tremblait comme un ciel de métal. On ne savait pas de quoi puisque tout était immobile, même le plus petit pompon d'osier. Ca n'était pas le vent. C'était tout simplement le ciel qui descendait jusqu'à toucher la terre, racler les plaines, frapper les montagnes et faire sonner les corridors des forêts. Après, il remontait au fond des hauteurs.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans mon carnet de poésie

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