227 - Le Classicisme -17e siècle - Scarron - choix de textes

Publié le par marike.over-blog.com

LES QUATRE SAISONS



"Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin."


             François de Malherbe (1555 - 1628)

"Consolation à Monsieur du Périer sur la mort de sa fille".

                                            ***

"Le long d'un clair ruisseau buvait une colombe"

"La Colombe et la fourmi" (Fables Livre II).  Jean de La Fontaine (1621 - 1695).
                                          
  ***

"L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours,
Ma commère la carpe y faisait mille tours
Avec le brochet son compère ."


"Le Héron" (Fables VII) de Jean de La Fontaine (1621 - 1695)
                                           ***

...Considérez, Messieurs, ces grandes puissances que nous regardons de si bas. Pendant que nous tremblons sous leur main, Dieu les frappe pour nous avertir. Leur élévation en est la cause ; et il les épargne si peu, qu'il ne craint pas de les sacrifier à l'instruction du reste des hommes. Chrétiens, ne murmurez pas si Madame a été choisie pour nous donner une telle instruction. Il n'y a rien ici de rude pour elle, puisque, comme vous le verrez dans la suite, Dieu la sauve par le même coup qui nous instruit.
         Nous devrions être assez convaincus de notre néant : mais s'il faut des coups de surprise à nos coeurs enchantés de l'amour du monde, celui-ci est assez grand et assez terrible. Ô nuit désastreuse ! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt ! Madame est morte ! Qui de nous ne se sentit frappé à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé sa famille ? Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut à Saint-Cloud de toutes parts ; on trouve tout consterné, excepté le coeur de cette princesse. Partout on entend des cris ; partout on voit la douleur et le désespoir, et l'image de la mort. Le Roi, la Reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est désespéré ; et il me semble que je vois l'accomplissement de cette parole du prophète : le roi pleurera, le prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple de douleur et d'étonnement.

 

        Mais et les princes et les peuples gémissaient en vain ; en vain Monsieur, en vain le Roi même tenait Madame serrée par de si étroits embrassements. Alors ils pouvaient dire l'un et l'autre, avec saint Ambroise : Stringebam brachia, sed jam amiseram quam tenebam : "je serrais les bras ; mais j'avais déjà perdu ce que je tenais".
         La princesse leur échappait parmi des embrassements si tendres, et la mort plus puissante nous l'enlevait entre ces royales mains. Quoi donc ! elle devait périr si tôt ! Dans la plupart des hommes les changements se font peu à peu, et la mort les prépare ordinairement à son dernier coup. Madame cependant a passé du matin au soir, ainsi que l'herbe des champs. Le matin, elle fleurissait ; avec quelles grâces, vous le savez : le soir, nous la vîmes séchée ; et ces fortes expressions, par lesquelles l'écriture sainte exagère l'inconstance des choses humaines, devaient être pour cette princesse si précises et si littérales ! [...]

 

Extraits de l'Oraison funèbre de
Henriette-Anne d'Angleterre
, duchesse d'Orléans
prononcée à Saint-Denis le 21 jour d'aoust, 1670
par Messire Jacques-Bénigne Bossuet.

 

  Voir un choix de textes poétiques de Corneille et de Racine dans l'article suivant.

Epitaphe

Celui qui cy maintenant dort
Fit plus de pitié que d'envie,
Et souffrit mille fois la mort
Avant que de perdre la vie.


Passant, ne fais ici de bruit
Garde bien que tu ne l'éveilles :
Car voici la première nuit
Que le pauvre Scarron sommeille.


                                                               Paul Scarron (1610 - 1660)

(Il règne dans les salons précieux, malgré la douloureuse maladie,  déformante et paralysante, qui atteint tout son corps. Ses oeuvres, comme "Le roman comique" , ne sont plus guère lues aujourd'hui.  Il a été le premier mari de Françoise d'Aubigné, fille d'Agrippa d'Aubigné, la future Madame de Maintenon, épouse de Louis XIV. La postérité  a retenu de lui ce poème.)

 

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Publié dans mon carnet de poésie

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