295 – Mon carnet de poésie. « C’est la fin de l’été »

Publié le par marike.over-blog.com

295 – Mon carnet de poésie. « C’est la fin de l’été »

Eh oui ! et je n’ai pas pris le temps de mettre ici mes poèmes de l’été. Je vais donc le faire rapidement ici : je cite d'abord ceux que l’on peut retrouver sur la toile :

Victor Hugo (1802-1885) :  La Légende des siècles  : Booz endormi

Leconte de Lisle (1818-1894) :  Poésies diverses : Midi, roi des étés…

J. M. de Hérédia ( 1842-1905) : Les TrophéesLe Chevrier

Verlaine  (1844-1896) : La bonne chansonDonc ce sera par un clair jour d’été… ,
                                                            SagesseLe ciel est, par dessus le toit


André Gide : Les Nourritures terrestres (extrait) :
Nathanaël, je te parlerai des attentes.
j’ai vu la plaine, pendant l’été, attendre ; attendre un peu de pluie.
La poussière des routes était devenue trop légère et chaque souffle la soulevait. Ce n’était même plus un désir ; c’était une appréhension.
La terre se gerçait de sécheresse comme pour plus d’accueil de l’eau. Les parfums des fleurs de la  lande devenaient presque intolérables.

Sous le soleil tout se pâmait.

Nous allions chaque après-midi nous reposer sous la terrasse, abrités un peu de l’extraordinaire éclat du jour. C’était le temps où les arbres à cônes, chargés de pollen, agitent aisément leurs branches pour répandre au loin leur fécondation. Le ciel s’était chargé d’orage et toute la nature attendait.  L’instant était d’une solennité trop oppressante car tous les oiseaux s’étaient tus.

Il monta de la terre un souffle si brûlant que l’on sentit tout défaillir ; le pollen des conifères sortit comme une fumée d’or des branches.

Puis il plut.


J’ai vu le ciel frémir de l’attente de l’aube.  Une à une les étoiles se fanaient. Les pré étaient inondés de rosée ; l’air n’avait que des caresses glaciales.

Il sembla quelque temps que l’indistincte vie voulût s’attarder  au sommeil , et ma tête encore lassée s’emplissait de torpeur. Je montai jusqu’à la lisière du bois ; je m’assis ; chaque bête reprit son travail et sa joie dans la certitude que le jour va venir, et le mystère de la vie recommença de s’ébruiter  par chaque échancrure des feuilles…

Puis le jour vint.

A. Daudet :   Les Lettres de mon moulin  : extraits choisis :

1)  Installation  du début jusqu’à : « ma porte grande ouverte au bon soleil. »
2)  Les étoiles : extrait ci-dessous :
Si vous avez jamais passé la nuit à la belle étoile, vous savez qu’à l’heure où nous dormons, un monde mystérieux s’éveille dans la solitude et le silence. Alors les sources chantent bien plus clair, les étangs allument de petites flammes. Tous les esprits de la montagne vont et viennent librement ; et il y a dans l’air des frôlements, des bruits imperceptibles, comme si l’on entendait les branches grandir, l’herbe pousser. Le jour, c’est la vie des êtres ; mais la nuit, c’est la vie des choses.

3) L’ami de Maurice :
Pendant ce temps, un drame terrible se passait à l'autre bout de la chambre, devant l'armoire. Il s'agissait d'atteindre là-haut, sur le dernier rayon, certain bocal de cerises à l'eau-de-vie qui attendait Maurice depuis dix ans et dont on voulait me faire l'ouverture. Malgré les supplications de Mamette, le vieux avait tenu à aller chercher ses cerises lui-même ; et, monté sur une chaise au grand effroi de sa femme, il essayait d'arriver là-haut... Vous voyez le tableau d'ici, le vieux qui tremble et qui se hisse, les petites bleues cramponnées à sa chaise, Mamette derrière lui haletante, les bras tendus, et sur tout cela un léger parfum de bergamote qui s'exhale de l'armoire ouverte et des grandes piles de linge roux... C'était charmant.
Enfin, après bien des efforts, on parvint à le tirer de l'armoire, ce fameux bocal, et avec lui une vieille timbale d'argent toute bosselée, la timbale de Maurice quand il était petit. On me la remplit de cerises jusqu'au bord ; Maurice les aimait tant, les cerises ! Et tout en me servant, le vieux me disait à l'oreille d'un air de gourmandise :
- Vous êtes bien heureux, vous, de pouvoir en manger !...
C'est ma femme qui les a faites... Vous allez goûter quelque chose de bon.
Hélas ! sa femme les avait faites, mais elle avait oublié de les sucrer. Que voulez-vous ! on devient distrait en vieillissant.

 

 

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Publié dans mon carnet de poésie

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